«Mauritanie Culture Tours», pour la promotion de l’artiste mauritanien   
09/01/2010

L’artiste mauritanien rencontre des difficultés pour réaliser ses œuvres, vendre et répandre sa production. Une souffrance décriée par nombre d’artistes musiciens du pays. C’est ce qu’a compris Mamadou Sakho (photo), promoteur culturel qui, avec un groupe d’acteurs volontaires évoluant dans le domaine...



...s’est engagé avec armes et bagages pour sortir les artistes mauritaniens de l’ornière. 
Faire connaître la musique mauritanienne par la production de plusieurs concerts estampillés mauritaniens, est le souci et le vœu ardents du promoteur. Ces révélations sont faites à l’occasion d’un point de presse organisé le 07 janvier 2010 au Restaurant VIP de Nouakchott par Mamadou Sakho et compagnie pour faire savoir leur ambition.
Sous le label « Mauritanie Culture Tours », les initiateurs du projet veulent aider les artistes musiciens mauritaniens toute catégorie confondue, à se promouvoir et à exporter leur production hors de nos frontières à l’instar de la musique sénégalaise ou encore algérienne. Pour ce faire, un concert qui va réunir toute la panoplie d’artistes musiciens du terroir mauritanien, est prévu le 29 avril et le 1er Mai 2010 à l’ancienne maison des jeunes de Nouakchott. A en croire les initiateurs du projet qui se veut populaire à vocation sociale, toute la crème des stars de la musique mauritanienne seront au rendez-vous. Mieux, les artistes du Sénégal et de la Côte d’Ivoire seront présents à cette occasion. Selon les conférenciers, Diololi de la Star Youssou Ndour du Sénégal mobilisera à cette occasion un cartel de musiciens sénégalais et non des moindres.

Un concert à plusieurs facettes

Selon les organisateurs, le concert sera bien garni avec à la clé des musiciens de renom qui vont monter sur le podium le 29 avril, a indiqué DJ Paco l’un des initiateurs du projet. Le 1er mai célébré fête des travailleurs, sera aussi la fête des jeunes rappeurs qui donneront le meilleur d’eux-mêmes ce jour. Il y aura une soirée prestige sous forme d’un dîner de gala, des écrans géants pour la diffusion live de la cérémonie. Sur le contenu de l’évènement, il sera procédé, selon nos conférenciers, à la présentation de la culture mauritanienne, suivie de la prestation des artistes et de celle du parrain de la cérémonie qui sera un artiste de dimension internationale dont les organisateurs n’ont pas encore révélé le nom.
Cependant, compte tenu de la taille de l’évènement, les promoteurs du projet ont sollicité des sponsors. Car, a-t-on coutume de dire, il n’y a jamais eu de grands évènements sans grands sponsors. C’est pourquoi, en dépit de cet épineux problème du sponsoring en Mauritanie, Sakho et compagnie, sont déterminés à aller jusqu’au bout de leur ambition pour aboutir à leurs objectifs. La détermination est de taille, car l’évènement est de taille. «Même si nous réunirons 2 millions, nous irons dans ce projet » a laissé entendre Sakho, propriétaire de « Sakam Production » qui produit des spectacles culturels depuis quelques années en Mauritanie. Ce ballon d’essai, les initiateurs veulent y parvenir et montrer à la face du monde qu’il y a encore des mauritaniens qui croient en leur culture et en leurs artistes. Si certains observateurs de la scène culturelle reprochent SAKAM Production de s’intéresser qu’aux artistes étrangers, cette fois, le projet vise les artistes locaux. « Ce projet est une réponse à la question : pourquoi travailler avec les artistes étrangers? Alors j’ai décidé de créer ce projet pour vulgariser, promouvoir les artistes mauritaniens et leur production », a indiqué Sakho Mamadou.

L’esprit du projet en question …

Selon les porteurs du projet, « Mauritanie Culture Tours » se veut une plateforme d’excellence et une tribune de célébration de tous les acteurs de la culture mauritanienne. C’est pourquoi, outre la promotion de la culture mauritanienne, le projet a pour objectifs de participer à l’échange interculturel entre la Mauritanie et les autres pays, contribuer à la reconnaissance des artistes mauritaniens à travers le monde … Par conséquent, il faut aider l’artiste mauritanien à exporter son produit pour le faire savoir aux autres. Et partant, favoriser l’échange et le développement de la culture. Aussi, dans le cadre social, les promoteurs veulent contribuer à la conscientisation des populations sur la nécessité de s’entraider. Mais surtout, aider les populations déshéritées et vulnérables pour combattre la pauvreté et la misère à en croire les initiateurs. Alors, «quelque soit les moyens, je veux réaliser le projet » s’engage Sakho. Le projet qui a déjà reçu l’approbation de la direction de la Culture et de l’Art, prévoit un budget d’au moins 7 millions d’ouguiyas pour couvrir les frais relatifs à l’organisation dans son ensemble. Mais il reste encore à l’état prévisionnel. Même si le ministère en charge de la culture ne déploiera pas de moyens, le Président de la Communauté Urbaine s’est engagé, selon nos interlocuteurs, à aider personnellement à la réalisation du projet. Chose qui n’est pas nouveau chez Ahmed Hamza pour ceux qui le connaissent.
Les ambitions du projet sont grandes. Après Nouakchott choisi pour son lancement, il sera réalisé au Sénégal, au Maroc, en Algérie ou encore en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, « nous allons joindre les autres partenaires pour faire un gros projet » rassure Sakho.

Faire du social et de l’éducation

« Mauritanie Culture Tours » c’est aussi une œuvre de bienfaisance. A en croire les conférenciers, les bénéfices des manifestations seront distribués aux populations pauvres. Pour ce faire, une commission sera mise sur pied à cet effet. Pour sa part, Awa, Bâ, membre du groupe d’initiateurs, a indiqué que l’objectif n’est pas seulement de promouvoir les artistes mais également de contribuer à éradiquer la délinquance juvénile dans la périphérie de Nouakchott et à l’intérieur du pays. « Nous irons à la rencontre des jeunes pour les éduquer, les conscientiser, les encadrer et les orienter » renchérit-elle. Nos conférenciers ont soutenu que « les parents n’ont pas le temps nécessaire pour s’occuper des jeunes » notamment dans la banlieue. Par conséquent, « les jeunes ont besoin de nous » avancent-ils. « Il nous faut les inciter à apprendre les métiers d’avenir comme la coiffure, la couture pour les filles en déperdition scolaire » poursuivent-ils.
Les journalistes présents à la conférence n’ont pas manqué d’attirer l’attention des promoteurs sur le manque de considération et les dérives constatées à leur endroit. Certains promoteurs, accusent-ils, ne veulent jamais laisser libre cours aux confrères pour faire leur travail lors des évènements culturels. C’est pourquoi, les comportements malveillants, pas trop catholiques de certains promoteurs ont été dénoncés avec force à cette occasion. Un comportement unanimement regretté par les promoteurs qui ont promis d’ores et déjà d’accueillir la presse avec la considération requise.
Compte rendu Ibou Badiane

 


Toute reprise totale où partielle de cet article doit inclure la source : www.journaltahalil.com
Réagir à cet article
Pseudo
E-mail
Commentaire
Entrer le code
La rédaction de Tahalil vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Tahalil et de ses journalistes.
Les commentaires insultants ou diffamatoires seront censurés.

TAHALIL 2006-2022 Tous droits reservés