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UGEM : Contribution aux Etats Généraux de l'Education et de la Formation   
04/02/2013

A Monsieur le Président de la Commission Nationale des Etats Généraux de l’Education et de la Formation.

Nous avons été grandement honorés par votre invitation à prendre part aux Etats Généraux destinés à la reconstitution des bases sereines de l’éducation nationale...



...autrement dit à garantir un avenir meilleur à notre chère patrie.

Fortement préoccupée par la situation modeste du secteur de l’éducation nationale, cette situation qui ne peut être autre que la conséquence d’une longue période d’un laisser-aller général, l’UGEM a été grandement soulagée par la mise en place de la CNEGEF et l’a encore été beaucoup plus par la composition de cette commission dont la si noble tâche ne sera surement pas aisée.

La longue liste des déficits que connait l’ensemble du secteur nous conduit, Monsieur le Président, à vous partager des observations sortant de notre sphère universitaire.

I) L’analphabétisme :

Etant le plus élevé au Maghreb, le taux de l’analphabétisme dans notre pays représente le premier symptôme alarmant de la gravité de la situation. Les multiples campagnes qui ont été menées dans le sens de la lutte contre ce fait ont, malheureusement, été vouées à l’échec car elles portaient, pour une raison ou pour une autre, plus de titres et de slogans que d’actions sur le terrain. Ce dont nous devons tirer leçon et s’engager dans de vastes campagnes conçues de manière à toucher l’ensemble du territoire en tenant comme premier objectif un taux d’analphabétisme nul en un temps record.

II) Le primaire:

L’enseignement primaire connait, d’après notre observation, moins d’obstacles que le niveau supérieur; mais néanmoins il a ses lacunes dont une majeure partie concerne les milieux ruraux où se pose le problème des préjugés et atteintes sociales vis-à-vis des filles, ainsi que le manque et le mauvais état des infrastructures et la mauvaise répartition des effectifs enseignants;

A ce sujet nous suggérons:

- La mise en place de campagne de sensibilisation pour la lutte contre la discrimination à l’égard des filles et pour mettre terme aux visions sociales handicapant le progrès dans ce sens.

- La mise en place de programmes spéciaux encourageant les familles indigentes, par des soutiens financiers, à envoyer leurs enfants à l’école.

- Fournir des motivations remarquables aux enseignants exerçant dans les zones éloignées et aussi de sévères sanctions (allant jusqu’au limogeage) pour ceux qui s’abstiennent de prendre fonction, sous prétexte de l’éloignement des zones où ils sont affectés.

Toujours dans le même cadre, nous suggérons:

- L’intégration, dans le cursus, de cours relatifs à la citoyenneté, à la lutte contre la corruption, contre la discrimination, contre le favoritisme et toutes les mauvaise pratiques qui ont marqué, en une certaines époque, la vie de notre société; et ce par la révision des programmes enseignés dans les cours de l’instruction civique, tout en classant cette matière fondamentale dans le rang qui concorde avec sa grande importance.

- L’intégration également de cours relatifs à la santé et à l’hygiène; ce qui, sans doute, aura un impact positif sur l’avenir de la santé publique dans le pays.

- Il est aussi grandement nécessaire de veiller à l’exclusion du châtiment corporel qui est, déplorablement, une pratique qui a vécu longtemps dans nos salles de classes et qui représente une atteinte aux droits de l’homme et est déconseillé pédagogiquement.

- La reforme des programmes doit adopter des approches pédagogiques qui encouragent l’esprit critique/analytique et la créativité.

III) Le Secondaire

Comparé au Maroc, le taux d’accès à ce cycle dans notre pays est acceptable; même s’il ne se rapproche toujours pas de ceux des pays de la sous-région comme l’Algérie et la Tunisie ou il atteint 96% et 90%, pendant qu’il stagne à 24% au Maroc et à 58% chez nous.

Les filles pauvres et rurales sont les premières exclues de ce cycle.

Au problème d’accès s’ajoutent plusieurs autres dont essentiellement:

 Le faible taux de réussite au baccalauréat
 L’abandon scolaire très fréquent en ce cycle
 Le laisser-aller du privé, qui se caractérise par:

- Le manque de rigueur en ce qui est du passage en classes supérieures; qui est l’une des principales raisons du faible taux de réussite au baccalauréat

- Le manque de formation pédagogique, et parfois scientifique, chez le personnel enseignant

- La quête du bénéfice aux détriment de la qualité.

On note aussi qu’une forte proportion d’élèves de ce niveau utilise son temps libre de manière improductive. L’offre de loisir n’encourage pas suffisamment la créativité et la participation des collégiens/lycéens et leur enrichissement intellectuel.

Dans le même cadre on souligne et valorise les dernières actions menées pour le sauvetage, de ce qui peut encore l’être, on cite: les lycées d’excellence et le lycée militaire.

IV) L’Enseignement Supérieur:

Malgré le faible taux d’accès (moins d’un jeune sur 20), notre enseignement supérieur ne répond toujours pas efficacement aux défis majeurs imposés par l’évolution sans précédent des sciences et des technologies, la mondialisation de l’économie et l’avènement de la société du savoir. Cependant nous ne pouvons nier que ces trois dernières années ont été les plus fructueuses de ses trois décennies d’existence; ce qui se concrétise en:

 L’adoption du système LMD qui a mis terme à la déroute que connaissait l’université de Nouakchott

 L’orientation, de plus en plus remarquable, vers les filières professionnelles

 Le lancement d’une deuxième université qui rectifia la misérable situation que connaissait l’enseignement religieux (l’ISERI)

 L’ouverture d’un institut supérieur de l’enseignement technologique

 La mutation de l’ISEP en un institut autonome (ISCAE)

 L’Ecole polytechnique militaire

 L’Ecole Mauritanienne des Mines

 L’Ecole Nationale des Métiers de  Génie Civil

 Le grand saut en matière d’infrastructure (Le nouveau complexe universitaire)

 La rigueur extrême tenue vis-à-vis du privé (fermeture des facultés privées de médecine et de pharmacie)

A ce sujet nous ne pouvons que solliciter le maintien du cap et faire un rappel de la première réclamation de l’UGEM:

"Veiller à l’actualisation des curricula suivant les exigences du développement"

V) La formation professionnelle

La formation professionnelle connaît certains dysfonctionnements, avec une offre peu tournée vers les besoins des entreprises, une faible articulation avec le système éducatif et une prédominance de la formation résidentielle, moins rentable que la formation alternée et l’apprentissage. Elle n’offre pas non plus de passerelles permettant aux jeunes de changer de filière ou d’intégrer l’enseignement supérieur.

A ce sujet nous ne pouvons non plus ignorer le grand avancement qu’à connu ce secteur et valorisons également l’attention particulière que lui accorde les autorités publiques.

En synthèse, permettez nous, Monsieur le Président, de vous partager nos aspirations pour l’ensemble du secteur:

- La généralisation de l’éducation de base en luttant contre l’abandon scolaire et développer des écoles de la deuxième chance de qualité garantissant l’alphabétisation et la réinsertion des bénéficiaires dans le système formel d’éducation/formation

- L’accroissement de l’accès au collège et au lycée, en particulier des filles des familles rurales et défavorisées

- La poursuite des réformes en faveur de la qualité de l’éducation dans tous les cycles, notamment à travers : une meilleure formation et gestion du corps enseignant, des approches pédagogiques et méthodes d’évaluation encourageant la créativité et la mise en pratique des connaissances acquises, une plus grande priorité accordée à l’enseignement scientifique et technique, des politiques linguistiques plus cohérentes

- Assurer une plus grande cohérence entre les filières du baccalauréat et l’offre universitaire et de formation et revoir les systèmes d’orientation

- Accroître l’adéquation entre l’offre de formation universitaire et professionnelle et la demande du marché de l’emploi et des entreprises

- Revaloriser et développer l’offre de formations techniques de qualité

- Développer la formation alternée et l’apprentissage

- Conscients de l’emplacement fondamental de l’Enseignement, les pays du Maghreb consacrent une part importante de leurs ressources au développement du secteur éducatif – généralement plus de 5% du PIB et de 20% de leur budget. Pourquoi pas la Mauritanie ?

Portant un grand espoir sur votre commission , et espérant lui avoir apporté une contribution fructueuse, Veuillez croire, Monsieur le Président, en l’assurance de notre très respectueuse considération.

Le Chargé de Communication
Moctar Ould Mohamed Fadel
UGEM


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