Les travaux de la 3ème session ordinaire du conseil des ministres de l’agence panafricaine de la grande muraille verte ont été ouverts mardi au palais des congrès de Nouakchott. La cérémonie d’ouverture de cette ...
... rencontre, qui devra clôturer ses travaux en début de soirée, a été marquée par une allocution adressée au nom du Premier ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, par le ministre des affaires économiques et du développement, M. Sidi Ould Tah, dans laquelle, il a indiqué que la grande muraille verte représente l’un des projets de l’Union Africaine visant la mise en place de mécanismes appropriés pour affronter les phénomènes de la dégradation des sols et la désertification dans la région du Sahel et du Sahara ainsi que leurs impacts négatifs sur les plans économique, social et environnemental. M. Ould Tah a mis en exergue à ce propos le grand défi auquel sont exposés les Etats du Sahel et du Sahara, portant sur leur capacité à affronter l’expansion de la désertification et à atténuer la dégradation des terres dans la région, précisant que la création de l’agence panafricaine de la grande muraille verte traduit une prise de conscience progressive des dirigeants africains et des élites du continent de relever ce pari. Il a rappelé par ailleurs que si l’idée initiale de créer la grande muraille verte portait sur la réalisation d’une barrière d’arbres dans le désert africain de l’Est à l’Ouest en vue de stopper l’avancée des sables, cette vision est devenue aujourd’hui plus large et plus globale, précisant que le gigantesque projet est désormais perçu comme un ensemble de programmes et de projets diversifiés et harmonieux ainsi qu’un mécanisme efficace pour la programmation du développement en milieu urbain en vue de servir les citoyens dans la région. Le ministre a indiqué aussi que notre pays a très vite adhéré à ce programme suite à la signature par le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, le 17 juin 2010 de l’accord portant création de la grande muraille verte, précisant que le Chef d’Etat a accordé une importance particulière aux défis environnementaux auxquels sont exposées les populations rurales, indiquant aussi que le gouvernement est à pied d’oeuvre pour l’exécution de programmes ambitieux et généraux pour limiter les conséquences néfastes de la désertification et la dégradation des sols sur le revenu du citoyen. Dans son discours pour la circonstance, le président en exercice du conseil des ministres de l’agence panafricaine de la grande muraille verte M. Amédi Camara, ministre de l’environnement et du développement rural a indiqué que cette réunion ministérielle est un événement capital et une échéance de haute portée pour nos pays et traduit la conviction profonde de nos Chefs d’Etat et de Gouvernement que le combat contre la désertification et la dégradation des écosystèmes naturels exige la coopération, la fédération des synergies et la coordination de nos actions à l’échelle régionale et intercontinentale. Le ministre a ajouté que les questions liées à la désertification et à la perte de la biodiversité, telles qu’elles se présentent aujourd’hui dans nos pays, risquent, si les tendances actuelles se confirment, de compromettre les équilibres des écosystèmes naturels dans notre sous région. Dans ce contexte environnemental, lié en grande partie aux effets du changement climatique dit-il, l’Afrique, condamnée à faire front, a proposé comme réponse la mise en oeuvre d’une nouvelle stratégie dite "Initiative de la Grande Muraille Verte". C’est ainsi, dit-il, qu’au terme d’un processus participatif aux niveaux politique, technique et scientifique, nos chefs d’Etat et de Gouvernement ont adopté la Convention portant création de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte le 17 juin 2010 à N’Djamena au Tchad. Le ministre s’est, en outre, félicité de la forte adhésion des pays situés dans la zone sahélo-saharienne à l’idéal poursuivi à travers l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille. "Aujourd’hui, huit des onze pays membres ont effectivement ratifié la convention créant l’Agence. Cette Agence est chargée, en relation avec les Etats membres et sous la tutelle de la Commission de l’Union africaine, de la coordination, du Suivi/Evaluation et de la mobilisation des ressources. Elle est relayée dans chacun des Etats membres par des structures nationales chargées de la mettre en oeuvre. La vision de ce Projet majeur africain de la Grande Muraille Verte est de s’attaquer résolument aux principaux fléaux environnementaux et climatiques" a-t-il dit. Le ministre a fait remarquer par ailleurs que la mise en place et le caractère opérationnel de l’Alliance Nationale de la Grande Muraille Verte dans chacun de nos pays serait un indicateur de réussite des agences nationales et de la marche collective et intégrée des pays membres vers le succès. Cette session nous permettra a t-il poursuivi, d’assurer le suivi des activités de l’agence mais également de préparer les travaux du prochain Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement prévue en 2015. Ainsi, seront passées en revue l’ensemble des questions prioritaires dans le contexte de la mise en oeuvre de la stratégie et du plan d’action de l’agence. Le ministre a noté que la Mauritanie abritant le siège de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Président de l’Union Africaine et Président en exercice du sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Agence a donné les orientations et fixé une feuille de route claire pour que les exigences de réussite de ce grand projet panafricain soient rigoureusement assurées. Ces orientations sont relayées et exécutées par le Gouvernement de Monsieur le Premier Ministre Dr. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. En ce sens dit-il, la Mauritanie a déjà honoré ses engagements financiers statutaires pour les années 2011, 2012 et 2013. Les cotisations de 2014 sont en cours de mobilisation. Elle a également alloué à l’Agence Panafricaine des locaux sur ses fonds propres et compte octroyer à titre gracieux un terrain à bâtir pour lui servir de siège définitif. Dans le même sens, en sa qualité de Président du Conseil des Ministres de l’Agence, le ministre a saisi toutes les occasions pour assurer le plaidoyer en faveur de la mobilisation des synergies et des ressources au profit de l’Agence. Cela a été le cas notamment lors de la Sème Assemblée Générale du Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) tenue du 21 au 27 Mai 2014 à Cancun, au Mexique. Le ministre a également révélé que sur le plan des symboles qui traduisent notre unité et notre solidarité par la force des messages qu’ils véhiculent, la Mauritanie a érigé 4 hectares entièrement reboisés et entretenus dont 2 dédiés aux martyrs de la guerre du Mali et 2 autres au Cinquantenaire de l’Union Africaine conformément aux résolution de la 2eme session ordinaire du Conseil des Ministres tenue le 08 Avril 2013 à N’Djamena. Quant au secrétaire exécutif de l’Agence de la grande Muraille verte, le Pr Abdoulaye Dia, il a d’abord au nom des onze Etats membres de l’Agence remercié le Président de la République, Président en Exercice de l’APGMV, Son Gouvernement et le Peuple, d’avoir bien voulu accueillir le siège et faciliter son implantation à Nouakchott mais aussi accepter d’abriter le 3e Sommet en juin 2015. Le Pr Dia a ensuite précisé que l’Afrique d’une manière générale et les pays subsahariens en particulier subissent les effets néfastes des changements climatiques, de la désertification et de la dégradation des terres, de la perte des ressources biologiques avec comme conséquences, les sécheresses récurrentes entraînant la famine et l’émigration des forces vives de nos terroirs actuellement arides mais jadis, luxuriants. Par l’Initiative de la GMV et l’engagement de nos plus Hautes Autorités avec l’Accompagnement de la Communauté internationale l’Agence panafricaine de la grande Muraille verte veut démontrer que la sécheresse, l’aridité, la pauvreté ne sont pas une fatalité immuable, mais que le Génie africain, le leadership africain de plus en plus affirmés peuvent faire face à ces fléaux et inverser les tendances, voilà le sens de l’Initiative GMV qui est à la fois une chance et un défi pour l’Afrique. Le Pr. Dia a noté que l’Initiative Africaine de la Grande Muraille Verte a permis après cinq années de réflexion à tous les niveaux, politiques, techniques et scientifiques, la création de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille le 17 juin 2010 à N’Djamena au Tchad regroupant onze Etats membres et dont la Convention s’ouvrent à tous les pays africains qui le souhaitent. La coordinatrice Résidente du Système des Nations Unies Dr Coumba Mar Gadio a indiqué dans son intervention que si cette rencontre arrive à se pencher sur les défis environnementaux des pays membres de l’Agence, elle n’en constituera moins une opportunité de concertation en préparation de la prochaine Conférence des Ministres Africains de l’Environnement prévue en Egypte en septembre prochain. "Mieux, les conclusions de vos travaux pourront alimenter la position de l’Afrique lors du prochain Sommet sur le changement climatique que le Secrétaire Général des Nations Unies organisera le 23 septembre 2014 a New York " a-t-elle dit, soulignant que dans l’un et l’autre " soyez assurés de la disponibilité du Système des Nations Unies a vous accompagner". La représentante résidente du PNUD a également exprimé la disponibilité du Système des Nations Unies à accompagner le Gouvernement mauritanien dans le plaidoyer et les concertations sur la Position Commune Africaine sur l’agenda de développement de l’après 2015, dès lors que l’esquisse des Objectifs de Développement Durable (ODD) vient d’être publiée. De son côté, le porte-parole de l’Union Africaine M. Paul Elvis a appelé à accélérer le processus d’exécution des composantes de l’agence au niveau des Etats membres mettant en exergue l’importance pour les activités du projet d’être généralisé à tout le continent ainsi qu’à travailler en coordination avec les initiatives similaires dans les autres continents. La Présidente de la communauté urbaine de Nouakchott Mme Maty Mint Hamadi a exprimé sa reconnaissance pour le choix de la ville de Nouakchott pour accueillir cette rencontre qui vise à assurer une coordination et un suivi de la réalisation de la barrière protégeant de l’avancée des dunes et de la désertification ainsi que la contribution au développement durable sur la bande sahélo saharienne qui traverse les Etats les plus menacés par ce phénomène.
AMI
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