Fête du 08 mars : Femmes Espace Mauritanienne à visions croisées fait don de sang   
10/03/2016

«Femme Espace Mauritanienne à Visions Croisées » a célébré, à l’instar de toutes les femmes du monde, la fête du 08 mars. Une célébration marquée par d’intenses activités dont notamment le Don de sang au Centre de Transfusion Sanguine de l’hôpital Sabah. D’autres ...



... activités se déroulent jusqu’au 13 mars dans la banlieue, à Dar Naïm, à El Mina, à Sebkha mais aussi dans la capitale avec un match de gala des anciennes gloires de basket-ball. Créé depuis novembre dernier par un regroupement de 30 associations, ces femmes s’engagent à créer une nouvelle vision de la représentativité de la femme dans toutes les sphères de développement.
Elles étaient plusieurs à se mobiliser pour aller donner du sang à l’occasion de la fête de la femme. Cette initiative, la première du genre, a été saluée par nombre d’observateurs. Selon les organisatrices de cette activité, la raison est toute simple. «Nous avons remarqué que la demande est très forte et beaucoup de femmes qui donnent naissance en meurent pour manque de sang. Nous voulons sauver des vies. Et c’est pour cela que nous avons organisé ce don de sang pour marquer cette journée » soutient Oumou Kane membre de la coordination de cet Espace Femme.


Les raisons d’un don de sang ... 
La mobilisation était tout azimut. Chaque association a mobilisé des volontaires pour donner du sang. « C’est quand même une ère nouvelle pour la Mauritanie que les femmes s’engagent davantage pour apporter un plus au développement du pays dans tous les sens » poursuit Mme Kane. Cet espace des femmes vise également à contribuer à la cohésion sociale, à la cohabitation entre les différentes communautés du pays. Mais aussi ce regroupement de femmes lutte pour le changement des mentalités et l’émancipation de la femme mauritanienne.  «Nous devons sensibiliser plus les jeunes filles scolarisées et les femmes parce que nous faisons face à beaucoup de problèmes liés à nos valeurs culturelles entres autres. Les femmes sont toujours confinées à la maison mais aussi nous voulons en finir avec les mariages précoces des jeunes filles pour les emmener à l’école et sensibiliser les parents pour qu’ils comprennent le rôle que doit jouer la femme dans sa communauté et dans son pays notamment la participation et l’implication des femmes dans les prises de décision. Et cela nous le voulons d’ici 2013. Nous avons mis en place d’ailleurs cet espace pour nous battre ensemble afin d’atteindre les objectifs de l’égalité des sexes en 2030. Et cela, nous demandons l’accompagnement des médias et de tout le monde » insiste Mme Oumou Kane.
De son côté Mme Halima Ahmed Taleb, a souligné que « cette journée est importante pour nous avec ce don de sang car nous voulons aider les femmes, nos sÅ“urs surtout rurales qui viennent accoucher et trouver un problème de sang.  D’autres accouchent sur des charrettes en cours de route. Nous voulons contribuer à l’amélioration de la santé de la reproduction. C’est pourquoi, nous avons choisi le don de sang pour marquer cette journée  et nous pensons que l’Etat sera conscient de cet acte citoyen pour venir en soutien».
Pour sa part, Oumoukheiry Kane, membre de la coordination, estime que le taux de mortalité en Mauritanie est le plus élevé de la sous région sans le précise. C’est pourquoi, selon elle, «nous avons choisi le don de sang pour contribuer à l’amélioration de la santé de la femme enceinte. Et nous allons continuer la sensibilisation tout le mois de mars pour amener les gens à donner du sang pour sauver des vies humaines ».


Le travail, un goulot d’étranglement

Mme Déwel Diop présidente de l’association pour les initiatives féminines (APIF) et membre de l’Espace a souligné que, « notre souci majeur, c’est la défense des droits de la femme et la cohésion sociale dans le pays », dit-elle.  Faisant allusion à la conférence de Beijing de 1995 recommandant les Etats à plus de considération et de respect des droits des femmes, Mme Diop regrette que les décideurs malgré quelques avancées, n’accordent pas encore aux femmes leurs places. « L’accès à un travail décent pour la femme reste toujours un problème » dit-elle. « Les femmes ont plus de charges à la maison. Elles travaillent aussi dans de petites structures et de petites commerces. Nous demandons la valorisation de leur travail » soutient-elle soulignant que « le taux de chômage et de la déperdition scolaire est plus élevé au niveau des femmes ». Le dynamisme des femmes rurales a été évoqué. Et selon Mme Diop, « ces femmes n’ont pas accès à la propriété foncière ». « Tous les jours, les femmes de l’intérieur du pays, du Brakna par exemple amènent des légumes dans la capitale. Donc elles ont besoin des lopins de terres pour travailler » insiste-t-elle.  Membre d’une Mutuelle d’Associations Féminines et d’Epargne et de Crédit qui regroupe 1094 femmes issues du milieu rural et périurbain, Mme Diop a indiqué que «ces dernières n’arrivent pas à accéder aux financements ». Elle sollicite un financement spécifique pour ces dernières. « Si les femmes se développent, un pays se développe » a-t-elle soutenu.
Pour sa part, Mme Aziza Didi El Meslem, Coordinatrice de l’Espace Femme Mauritanienne à visions croisées : «Notre Espace milite pour le développement durable et l’autonomisation de la femme sur les plans culturel, social, économique et politique. Notre objectif premier c’est de sensibiliser et de conscientiser les femmes sur leurs droits et la place qu’elles doivent occuper dans la société » déclare-t-elle. Mme Aziza a également soutenu que cet Espace est spécifique car différente des autres espaces de femmes en ce sens qu’elle « regroupe toutes les composantes de la société mauritanienne. « Nous voulons par ce prétexte de regroupement, amener toutes les composantes à se rapprocher et travailler pour le développement du pays. Nous constituons plus de la moitié de la population et par conséquent, notre action peut peser sur la balance pour amener les décideurs à prendre en considération les droits des femmes dans la conception des programmes de développement, l’exécution et le suivi-évaluation » soutient-elle. Toutefois, elle a déploré le fait que les femmes soient reléguées au second plan alors qu’elles doivent participer activement dans le développement du pays. « Loin d’être contre les hommes, nous exigeons l’égalité des chances, l’égalité dans le travail pour un développement durable ».
I.Badiane


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