Deux ans de prison fermes avec 100.000 ouguiyas d’amende contre Biram Dah Abeid et Brahim Ould Bilal. C’est le verdict du procès en appel qui a eu lieu ce 20 août à Aleg à 250 km au Sud Est de la Mauritanie. Après lecture des chefs ...
... d’inculpations retenus contre les prévenus, le parquet a confirmé le verdict de Rosso prononcé le 15 janvier dernier. Ainsi après 9 mois de prison, les leaders antiesclavagistes arrêtés le 11 novembre 2014 pour appartenance à une organisation non reconnue, participation à une manifestation non autorisée, de véhiculer des discours provocateurs, d’inciter à la violence et d’avoir engagé des affrontements avec les forces de sécurité, vont encore rester en prison. Ce procès, faut-il le rappeler, a été tenu sans la défense qui avait décidé de le boycotter à la demande des prévenus pour la simple raison que le juge naturel a été dessaisi du dossier pour le confier à un juge d’une autre juridiction. La loi mauritanienne n’ayant pas prévu un mandat d’amener dans ce cas, les prévenus n’ont pas bougé de la prison. Les Ong de défense des droits de l’homme ont encore dénoncé le caractère politique du dossier des antiesclavagistes. Les militants du mouvement IRA pour la plupart des haratine (descendants d’esclaves), qui ont effectué le déplacement à Aleg, ont crié dans la salle pour dénoncer le caractère raciste du procès. Boubacar Messoud, président de SOS Esclaves, a soutenu que «ce procès est une mascarade. Nous l’avons dit à Rosso lors du premier procès, que le dossier est vide ». Il s’est dit scandalisé du traitement réservé aux défenseurs des droits de l’homme, des antiesclavagistes en particulier. En outre, le Président de SOS Esclaves appelle l’Etat à libérer deux autres militants qui croupissent en prison et qui n’ont jusqu’ici pas été jugés. « C’est une injustice notoire » dit-il. I.Badiane
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