Le Premier ministre, M. Yahya Ould Hademine a présidé, samedi matin au palais des congrès de Nouakchott, la cérémonie d’ouverture des travaux de la 4ème session du conseil des ministres, préparatoire de la 3ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement des ...
.... pays membres de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte. Au cours de cette session de 2 jours, les ministres vont discuter plusieurs dossiers portant, entre autres, sur les questions juridiques, institutionnelles, stratégiques ainsi que sur les perspectives en matière de mobilisation des ressources financières et matérielles.
Devant les participants, le Premier Ministre a prononcé le discours suivant: "Mesdames, Messieurs les Ministres des pays membres de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte,
Mesdames, Messieurs les membres du gouvernement, Excellences Mesdames, Messieurs les représentants du corps diplomatique, Mesdames, Messieurs, les représentants des institutions économiques, techniques et scientifiques sous régionales, régionales et internationales, Monsieur le secrétaire exécutif de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, Mesdames, Messieurs, les experts de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, Honorables invités, Mesdames, Messieurs, Les pays de la bande saharo sahélienne font face depuis quelques décennies à des cycles successifs de sécheresse, avec comme conséquences dévastatrices la dégradation des terres, l’insécurité alimentaire, l’immigration massive des populations, et bien d’autres multiples et complexes problèmes de sécurité.
Ce fléau récurrent a porté un coup rude au système de production de nos différents pays, basé, dans la plupart des cas, sur l’agriculture et l’élevage. Cette situation a annihilé tous les efforts déjà déployés par les Etats de la zone, et dissipé chez les populations tout espoir de se soustraire aux effets néfastes des désordres climatiques et environnementaux, affectant directement les modes et les moyens de survie de ces populations, notamment dans les zones arides. Les statistiques de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture montrent, au niveau de la zone de la Grande Muraille Verte, une perte annuelle du couvert végétal atteignant un million huit cent mille hectares, une réduction considérable des terres arables, et une dégradation avancée de la fertilité du sol, avec comme impact direct, une baisse sensible de la production agricole. Pour faire face à cette situation, les populations ont essayé un ensemble de pratiques afin de maintenir l’équilibre entre les prélèvements et les renouvellements des ressources. Malgré cette volonté persévérante à s’adapter, et malgré l’aide multiforme apportée par les gouvernements dans ce cadre, les systèmes agro-pastoraux de nos pays connaissent encore des bouleversements dangereux et les équilibres restent toujours fragiles et dysfonctionnels. Mesdames, Messieurs,
C’est dans ce contexte que l’initiative africaine de la Grande Muraille Verte a émergé par la volonté de nos chefs d’Etats et de Gouvernements traduisant une nouvelle vision de gestion intégrée des défis environnementaux et climatiques, dans un cadre bâti sur une approche régionale, fédératrice et solidaire. La première phase quinquennale de la stratégie 2011 - 2015 a permis à nos différents pays, de se familiariser avec l’approche conceptuelle grande muraille verte mais aussi, de jeter les bases juridiques et institutionnelles fondamentales de gestion, ainsi que la réalisation d’activités vitales.
Mesdames, Messieurs,
Tout en appréciant à sa juste valeur le choix des Etats membres de notre pays pour abriter le siège de notre jeune institution, nous leur assurons notre ferme engagement à appuyer l’exécution de cet important projet panafricain.
Cet engagement s’est concrétisé à travers les efforts déployés par le Président de la République Islamique de Mauritanie, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président en exercice de la conférence des Chefs d’Etats et de gouvernement des pays membres de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, envers ses pairs pour la consolidation des acquis, la ratification de la Convention créant l’Agence, ainsi que la poursuite des plaidoyers en direction de la communauté internationale.
Nous constatons aujourd’hui avec beaucoup de satisfaction que le rythme de ratification s’est accéléré, au point que neuf pays sur onze ont, à ce stade, ratifié la Convention. Deux autres pays sont dans un processus très avancé de ratification.
Mesdames, Messieurs
Au vu de la qualité des documents produits par nos experts en préparation de la quatrième Session du Conseil des Ministres, je ne puis douter un seul instant que le projet majeur africain de la Grand Muraille Verte est sur des bons rails. Qu’ils trouvent tous ici l’expression de nos vifs remerciements bien mérités. Je ne saurais terminer sans souhaiter à nos illustres hôtes un excellent séjour parmi nous, en Mauritanie, leur seconde patrie.
Sur ce, je déclare ouverte la quatrième session du Conseil des Ministres de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte.
Je vous remercie".
Lui succédant le ministre de l’environnement et du développement durable, M. Amédi Camara a indiqué qu’au niveau de la sous-région, de nombreuses orientations stratégiques avaient été prises, notamment l’adoption en 1968, des résolutions de la convention d’Alger sur la conservation de la nature et des ressources naturelles ainsi que la création en 1973 du comité permanent inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS).
"C’est dans ce contexte et vu les résultats mitigés de nos programmes que nos Etats ont initié une nouvelle vision dont le véritable enjeu consiste à créer, avec la participation de tous les acteurs, les conditions d’un rétablissement de potentialités et des systèmes de production à l’horizon 2025, dans les zones arides" a-t-il dit.
Le ministre a aussi souligné que c’est dans ce contexte, où l’action de terrain nécessite de plus en plus de ressources financières, matérielles et humaines en quantité et en qualité, que l’organisation se doit de compter d’abord sur elle-même et de s’orienter vers la mobilisation des fonds à travers le développement d’une coopération plus efficace, basée sur une approche pragmatique, prévisible et mesurable.
Il a également affirmé, qu’une action coopérative, qui doit s’inscrire dans le long terme, devait permettre à l’initiative panafricaine de la Grande Muraille Verte d’opérationnaliser un portefeuille significatif de projets et de programmes avant d’assurer que cette actions constitue l’un des plus ambitieux outils de coopération pour la résolution des défis environnementaux de la bande saharo-sahélienne.
M. Amedi Camara a enfin assuré que la lutte est collective et qu’elle l’est davantage quand on sait que les facteurs qui gênèrent la désertification et ses corollaires sont également globaux et exigent des actions concertées non pas seulement au niveau national mais à l’échelle sous-régionale, régionale et mondiale.
Le secrétaire exécutif de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte, le Professeur Abdoulaye Dia, a précisé, de son coté, que la rencontre de Nouakchott constitue un impératif pour corriger la disparité et la marginalisation longtemps vécues par les terroirs des zones arides afin d’asseoir un développement plus inclusif qui favorise l’émergence économique de ces zones par la création de pôles économiques ruraux (PER), soulignant que la pérennisation des impacts nécessitera la disponibilité de financement durable, suffisant et planifié.
"Face aux défis environnementaux et climatiques, réaliser la Grande Muraille Verte sera le legs le plus important de l’Afrique aux générations futures et à l’humanité" a-t-il souligné.
Le coordinateur résident du système des Nations Unies, M. Mario Samaja a rappelé, à son tour, que les pays de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte sont confrontés à des défis sociaux, économiques et environnementaux multiples, soulignant qu’ils disposent toutefois du potentiel solaire et éolien, des ressources agropastorales, des bassins et cours d’eaux, des écosystèmes oasiens, entre autres.
Il a également indiqué que ces potentialités constituent de véritables atouts pour juguler les effets de la désertification et combattre ceux du changement climatique, véritables goulots d’étranglement pour la croissance économique avant d’insister sur l’urgence de mettre en place de modes de production et de consommation durables.
Le Représentant de l’Union Européenne, M. Pedro Martinez a rappelé, quant à lui, l’existence d’importantes zones arides habitées par des fermiers, des pasteurs et des cueilleurs dans la région soudano-sahélienne de l’Afrique, dont la vie dépend des biens et des services que leur procurent la forêt, les pâturages et la brousse.
Il a ensuite rappelé que L’Union Européenne s’est engagée pour un montant de 1,4 million euros, aux côtés de l’Union Africaine et de la convention des Nations Unies pour combattre la désertification et au coté de la FAO pour la mise en oeuvre de l’initiative pour la Grande Muraille Verte du Sahel et du Sahara.
La cérémonie s’est déroulée en présence des membres du gouvernement et du corps diplomatique.
AMI
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