Report au 12 février du procès de militants dits anti-esclavagistes   
08/02/2015

 Le tribunal correctionnel de Nouakchott  qui a siégé  le 5 février a reporté au 12 du même mois  le procès de cinq militants «anti-esclavagistes» inculpés notamment d’ "appartenance" à l’Initiative de résurgence de l’abolitionnisme (IRA) une organisation non autorisée en Mauritanie.



Le procès a été reporté après l’audition de l’un des accusés Saad Ould Louleid porte-parole de l’IRA.
   Outre M. Ould Louleid, les autres prévenus sont Brahim Ould Jiddou, Yacoub Ould Inalla, Boubacar Yatma et Henenna Ould M’Beyrik. Des dizaines de sympathisants de l’IRA se sont rassemblés le 5 février  devant le palais de justice de Nouakchott pour réclamer leur libération immédiate des détenus , qualifiant leur arrestation et leur jugement "d’illégaux et d’injustes".
   Certains prévenus  avaient été arrêtés en octobre lors d’une campagne dans les mosquées où ils ont provoqué des rixes inter-communautaires  sous prétexte de  "l’utilisation de l’islam par les imams pour perpétuer l’esclavage". D’autres ont été interpellés pour leur participation à des manifestations après l’arrestation en novembre à Rosso  du chef de l’IRA Biram Dah Abeid, et de neuf de ses amis.
Biram Dah, candidat à l’élection présidentielle de juin 2014, et deux de ses amis ont été condamnés le 15 janvier 2015 à deux ans de prison ferme par une Cour correctionnelle à Rosso. Sept prévenus avaient été relaxés par cette juridiction.
 Ils ont ensuite été transférés de Rosso (sud) à Aleg (centre) où ils purgent leur peine en attendant leur procès en appel, dont la date n’est pas encore fixée.

Les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent depuis 2007 des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison mais le phénomène perdure selon les ONG qui dénoncent -parfois à juste titre- les rares survivances de la  pratique même si leurs discours ont  évolué ces dernières années vers l’apologie de la haine raciale avec la stigmatisation systématique des Maures ou Arabo-Berbères ainsi que  des religieux.
Du coup, nombreux sont les observateurs, qui estiment que le combat de ces organisations s’est beaucoup éloigné de la "lutte contre l’esclavage".



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