Le Président de la République Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a annoncé vendredi, au cours d’une conférence de presse organisée au Palais des congrès à Nouakchott, la clôture des travaux du sommet extraordinaire du G5 au Sahel. Il a indiqué à ce propos que la présence des…
… dirigeants des Etats membres à ce sommet traduit la grande attention accordée par les Chefs d’Etat à ce groupe et à son rôle pour jeter les bases d’un développement équilibré dans la sous-région. Le Chef de l’Etat a salué l’engagement de ces Etats pour la conception des bases d’un développement durable au sein de ce cadre de concertation, satisfaisant les ambitions des Etats de la sous-région et destiné à asseoir un espace sahélo-saharien sécurisé, garantissant à ses peuples prospérité et vie décente. Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a indiqué également que le sommet a décidé d’avoir un siège permanent pour le G5, élu un secrétaire permanent, mis en place un programme de développement d’une enveloppe de 15 milliards de dollars et défini une feuille de route. Il a affirmé aussi que la porte du dialogue reste ouverte à tous, aussi bien politiciens qu’extrémistes, du fait que c’est l’unique voie pour parvenir à des solutions aux différents problèmes. Parlant de la Mauritanie,le Président de la République a indiqué qu’ils ont rencontré l’institution de l’opposition après avoir boycotté dans le passé les activités officielles, discuté avec elle et exprimé notre ouverture et notre disponibilité pour débattre ensemble et avec les autres, affirmant qu’ils n’ont trouvé de gène dans le dialogue et la discussion avec quiconque. Répondant à une question relative à la gabegie, le Chef de l’Etat a indiqué que la découverte de cas de malversations commises par des prévaricateurs qui continuent d’exercer, ne signifie pas un arrêt de cette lutte ou une indifférence de l’Etat face à ce problème, bien au contraire. Il a souligné également que la lutte contre la gabegie est de deux types; le premier se rapporte à la corruption des gestionnaires, précisant à ce propos que des montants considérables ont été remboursés, affirmant que les autorités compétentes envisagent lutter contre le second type, qui est la corruption des recouvreurs, indiquant que des mesures ont été prises pour identifier ces irrégularités aussi bien au niveau du trésor public que des douanes. Le Président de la République a souligné, par ailleurs, que chaque fois que des corrompus sont identifiés, certains parlent de la propagation de la gabegie, mais cela est dû à la vigilance à l’égard de ces personnes, précisant qu’il n y a pas de coopération avec les détourneurs des deniers publics. Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a indiqué, qu’en l’absence de fermeté dans la gestion de ces questions, les auteurs des détournements n’auraient pas été identifiés, affirmant la publication attendue de nouvelles lois pour lutter contre ces pratiques, précisant que les pouvoirs publics sont déterminés dans leur poursuite de l’application de la loi en la matière, que personne n’est à l’abri de poursuites, ni dans les sociétés, ni dans les établissements publics, ni dans les wilayas, etc. Evoquant la situation en Libye, le Président de la République a indiqué que cette question revient au peuple libyen, qui définit la manière de sortir de la crise, précisant qu’ils sont aujourd’hui conscients de l’importance d’intervenir pour protéger les institutions, ainsi que de la présence d’une force sur le terrain capable de protéger le choix du peuple libyen. Il a indiqué par ailleurs que les Etats du G5 ont officiellement demandé au Conseil de sécurité et à l’Union Africaine de créer une force internationale pour accomplir cette mission, précisant que son mandat en sa qualité de Président de l’Union Africaine a été marqué par le règlement de plusieurs conflits, ainsi que par la mise en exergue du rôle de la Mauritanie dans l’espace africain. Le Chef de l’Etat a indiqué que l’objectif du G5 est le développement des Etats membres, évoquant l’existence d’un ambitieux programme pour libérer la sous-région des fléaux de la pauvreté, de l’ignorance et de la faim, accompagné de plans nationaux de développement de la sous-région, d’identification des problèmes, de dépassement des crises, affirmant que tout cela ne signifie pas qu’ils ne comptent pas sur la coopération internationale pour réaliser ce but, soutenant que cette coopération avec les partenaires est effective. Le Président de la République a indiqué que l’Etat ne reconnait pas ce qu’on dénomme IRA, dont les agissements sont hors la loi et que la propagande distillée à ce sujets est créée de toutes pièces, précisant que l’esclavage n’existe plus en Mauritanie, qu’il existe plutôt des séquelles. Celui qui tente de prouver l’existence de ce phénomène est voué à l’échec, indiquant que l’objectif de l’action de ces groupes au sein de ces ONG est de porter atteinte à la stabilité du pays et d’obtenir des avantages matériels et moraux. Le Président de la République a souligné à ce propos que la récente recommandation de l’Union Européenne est venue à un moment inapproprié, affirmant qu’il y avait bien des occasions pour la faire auparavant, car le fait qu’elle intervienne 4 jours après la fin de l’accord avec l’Union Européenne, signifie l’existence d’intentions non innocentes. Le Président de la République a indiqué que les activités menées par le principal suspect dans cette affaire est une propagande trompeuse, qu’il est connu par tous, alors fonctionnaire à la justice. Mais tout cela ne nous détournera pas de la défense des intérêts de la Mauritanie, particulièrement, de la poursuite des efforts visant son développement économique. Le Président de la République a déclaré avoir refusé un soutien ne dépassant pas les 8 millions de dollars de l’Union Européenne en 2008 pour la lutte contre le terrorisme, alors qu’elle consentait 50 à 60 millions de dollars à d’autres, non concernés par la lutte contre ce phénomène, ni exposés à la menace terrroriste. Le Président de la République a indiqué que l’Union Européenne a relevé par la suite cette aide à 25 millions euros, mais sachant qu’en Mauritanie, nous sommes convaincus que l’UE n’achètera pas des armes pour le peuple mauritanien, il lui a été demandé d’orienter ces montants vers des domaines de développement de santé, de désenclavement, mais jusqu’à présent, aucun euro n’a été encaissé de ce montant. Le Président de la République a indiqué que le différend concerne aujourd’hui le montant de 15 millions de dollars, que l’UE veut soustraire du montant de l’accord de pêche précédent, affirmant qu’on refuse du fait qu’elle octroie des dizaines de millions à d’autres Etats qui ne lui offrent rien, alors que nous mettons à son service, en contrepartie de ce qu’elle nous accorde, un énorme potentiel halieutique. Excellences Mesdames et Messieurs, Le ralentissement du rythme de la croissance mondiale, la baisse des prix des matières premières, la persistance des défis sécuritaires, les impacts imprévisibles des changements climatiques confirment la justesse du choix de nos priorités que sont l’amélioration de la Gouvernance, la consolidation de la sécurité, le renforcement de la résilience et le développement des infrastructures. Aussi, notre volonté inébranlable de prendre en main notre destin répond parfaitement aux aspirations de nos peuples et constitue la voie la plus appropriée pour canaliser nos efforts afin de concrétiser la renaissance sahélienne que nous avons évoquée lors du sommet constitutif du G5 Sahel le 16 février dernier. Nous avons opté pour une pleine appropriation de l’élan de solidarité internationale manifesté à l’égard du Sahel à travers les multiples initiatives lancées par nos partenaires au développement. Cette option doit se concrétiser à travers le programme d’investissement et les plans d’action que nous devons adopter, qui doivent nécessairement émaner de nos priorités, prendre en considération nos réalités et répondre aux attentes de nos peuples. Les jeunes et les femmes du Sahel attendent de nous d’asseoir les bases d’un développement durable qui leur garantirait un futur radieux où toute sahélienne et tout sahélien trouve les conditions favorables à son épanouissement dans un climat de liberté, de paix et de prospérité partagée. Excellences, Mesdames et Messieurs, Au vu du travail accompli au cours des dix derniers mois et de l’accueil très favorable accordé au G5 Sahel par nos partenaires, je suis convaincu que les décisions que nous allons prendre aujourd’hui permettront à notre jeune institution d’entamer dans les plus brefs délais sa phase opérationnelle dans l’intérêt mutuel de nos peuples et de nos Etats. Je souhaite plein succès à nos travaux. Je vous remercie"
AMI
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