| Huit militants de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie ont été inculpés et incarcérés à Rosso, dans le sud du pays, notamment pour activités au sein d’une organisation non autorisée, a annoncé leur avocat samedi à l’AFP. "Huit parmi les...
membres d’IRA (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste) entendus vendredi soir par un juge d’instruction du tribunal de Rosso ont été inculpés et incarcérés pour quatre motifs dont +activités dans une organisation non autorisée+", a affirmé Me Abderrahmane Ould Deihi. Les trois autres chefs d’inculpation retenu à leur encontre sont: "rassemblement et résistance à la force publique durant l’accomplissement de son devoir", "insurrection" et "incitation au rassemblement et à l’insurrection", a-t-il indiqué. Selon lui, parmi ces huit militants, figure le président de l’IRA, Biram Ould Dah Ould Abeid, candidat battu à l’élection présidentielle de juin 2014 en Mauritanie. Deux autres membres de l’organisation ont été inculpés d’"activités dans une organisation non autorisée" et "placés sous contrôle judiciaire", a ajouté l’avocat. Pour dénoncer l’esclavage, plusieurs membres de l’IRA participaient à une campagne marquée par des rassemblements, réunions et conférences dans le sud du pays. Les 11 et 12 novembre, Biram Ould Dah Ould Abeid, d’autres dirigeants et militants de l’ONG ont été arrêtés à Rosso et à Nouakchott, où des dizaines de sympathisants ont manifesté leur mécontentement dans la rue. Le 12 novembre, le siège de l’IRA à Nouakchott a été fermé. Les autorités mauritaniennes ont accusé les responsables de l’IRA d’avoir organisé des rassemblements ayant servi de tribune pour une "propagande raciste, de propos semant la haine entre les populations". Un responsable a affirmé que l’IRA n’était pas une organisation "autorisée" mais "tolérée", et qu’elle "est devenue le repaire de tous les excès et de tous les extrémismes". Ces accusations ont été rejetées par l’IRA, qui les qualifie de "fallacieuses". Biram Ould Dah Ould Abeid a appelé ses partisans à "rester pacifiques" dans leur protestation, selon ses propos rapportés jeudi par El-Mouchachid, une agence privée locale. Vendredi, Amnesty International a demandé à la Mauritanie d’"arrêter de s’en prendre aux militants anti-esclavagistes". Officiellement, l’esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie, pays de 3,8 millions d’habitants d’origine arabo-berbère - les Maures - et d’Afrique subsaharienne - les Négro-Africains. Depuis 2007, les personnes reconnues coupables d’esclavagisme encourent des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison. Mais le phénomène perdure néanmoins, selon des ONG. (Afp)
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