Fidèle lecteur de "Tahalil", je me permets de réagir à votre article paru le 6 avril 2010, sous le titre :"Les terribles révélations de Oumar Sahraoui". Cet article est relatif à une interview qu’un accusé de terrorisme, Oumar Sahraoui, a accordée au journal "Akhbar Nouakchott" à partir...
...de la prison civile de Nouakchott.
A la lecture de l’interview dans sa version originale et du commentaire que vous en faites, on ne voit rien de terrible, sauf si, pour vous, les dénégations d’un prévenu ont plus de valeur que les conclusions d’une enquête collective, bien menée. Les dénégations et la victimisation sont des pratiques récurrentes chez les prévenus. On s’y est habitués! Qui ne se rappelle pas de celles faites par les accusés dans les tentatives de putsch de 2003 et 2004, puis de la fierté avec laquelle ils ont confirmé les accusations, après l’amnistie de septembre 2005, bien entendu . Qui ne se rappelle pas du procès des accusés de terrorisme de juillet 2007 dans lequel, le débat, occultant des faits gravissimes, s’est finalement déplacé sur le champ des droits de l’homme. Qui n’a pas encore à l’esprit les récentes affaires de mauvaise gestion ingénieusement transformées en chasses aux sorcières. Il n’est guère suffisant qu’un prévenu affirme qu’il ne reconnaît plus ses aveux , qu’il aurait été maltraité, pour que ses assertions tiennent donc lieu de religion en place et lieu des enquêtes sécuritaires et des auditions judiciaires. Que Oumar Sahraoui dise avoir été enlevé au Mali ne constituera pas un scandale surtout qu’il le fut par des maliens (selon lui-même), en plus du fait qu’il y a un accord signé entre la Mauritanie et le Mali garantissant à notre pays le droit de poursuite en territoire malien. Qu’il dise qu’on aurait dû, arrêter Belmokhtar dont le camp serait situé non loin de là , où, lui-même fut «enlevé», prouve au moins une chose : Oumar Saharaoui connaît le lieu ou niche Belmokhtar et ses acolytes. Comment le sait-il ? Pourquoi le sait-il ? S’y rendait-il ? De lancinantes questions assez curieusement évitées. Sciemment ? Il n’y a donc rien de terrible dans ces soi-disantes révélations dont l’objectif est évidemment de saper les efforts consentis et de compromettre la mine d’informations fournie aux enquêteurs mauritaniens qui ont rompu avec l’attentisme et l’immobilisme en quittant le statut de gibiers pour devenir des chasseurs. Vous disiez en concluant votre article,que l’interview a été un véritable "coup de maître", probablement par le fait qu’elle a pu être réalisée avec un détenu à la prison civile de Nouakchott, placé sous la haute surveillance de la Garde Nationale.
Là aussi, c’est du banal. Le GSM et le papier parviennent toujours à se glisser dans toutes les prisons du monde.
Sidi Mohamed Ould Sidi Smosa_1962@yahoo.fr
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