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Lancement à Nouakchott de la Stratégie nationale de santé mentale et de lutte contre les addictions

Le ministre de la Santé, M. Thuan Tijane, accompagné du ministre de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique, M. Mohamed Abdallahi Ould Louly, a présidé, vendredi soir à Nouakchott, la cérémonie de lancement de la première Stratégie nationale intégrée et multisectorielle de santé mentale et de lutte contre les addictions (2026-2030).

Dans son allocution, le ministre de la Santé a souligné que cette stratégie constitue une étape majeure dans le développement du système national de santé et traduit les orientations de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, qui a fait de l’investissement dans le capital humain, de la protection de la jeunesse, du renforcement de l’État social et du rapprochement des services des citoyens des axes fondamentaux de son programme « Mon ambition pour la Patrie ».

Il a indiqué que la santé mentale n’est pas uniquement une question médicale, mais un enjeu touchant l’individu, la famille, l’école, le travail, la sécurité et le développement. Selon lui, lui accorder l’attention qu’elle mérite permet de protéger la jeunesse, de renforcer les capacités des citoyens à apprendre, travailler et produire, tout en réduisant les effets des addictions, de la stigmatisation et de l’isolement.

Le ministre a affirmé qu’il n’est plus acceptable que la santé mentale demeure reléguée au second plan ou considérée comme un sujet marginal. Elle constitue désormais une composante essentielle du droit à la santé et de la construction d’une société équilibrée, sûre et équitable. Il a rappelé que les données nationales mettent en évidence plusieurs défis, notamment le manque de ressources humaines spécialisées, la concentration des services à Nouakchott, l’insuffisance de certains médicaments essentiels ainsi que la nécessité d’intégrer les soins de santé mentale dans les soins de santé primaires et de les rapprocher des citoyens dans toutes les régions du pays.

Il a expliqué que cette stratégie propose une feuille de route fondée sur la prévention, la sensibilisation, le dépistage précoce, les soins, la réhabilitation, la lutte contre la stigmatisation et la protection de la dignité des personnes souffrant de troubles mentaux ou d’addictions. Elle repose également sur une approche multisectorielle impliquant les secteurs de l’éducation, de la jeunesse, des affaires sociales, de la justice, de l’intérieur, des affaires islamiques, de la sécurité, de la défense, ainsi que la société civile, les médias et les partenaires techniques et financiers.

Le ministre a ajouté que l’un des principaux objectifs de cette stratégie est de placer le citoyen au cœur des préoccupations en rendant les services de santé mentale plus accessibles, plus équitables et de meilleure qualité. Dans ce cadre, il a annoncé la création d’un centre national de santé mentale et de lutte contre les addictions dans le cadre du volet sanitaire du Programme de développement de la ville de Nouakchott phase II, qui permettra d’offrir des services spécialisés de qualité, d’améliorer la prise en charge des patients et de renforcer la formation ainsi que l’expertise nationale dans ce domaine.

Il a enfin insisté sur le fait que la réussite de cette stratégie constitue une responsabilité collective nécessitant la mobilisation de tous les secteurs, partenaires et acteurs de la société, réaffirmant l’engagement du ministère de la Santé à transformer ses objectifs en résultats concrets au bénéfice des citoyens sur l’ensemble du territoire national.

Pour sa part, le ministre de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique a déclaré que le lancement de cette stratégie représente une étape décisive illustrant la volonté sincère du Gouvernement de mettre en place un système national intégré et cohérent reposant sur une vision commune pour traiter un dossier qui, pendant de nombreuses années, nécessitait davantage d’attention en raison de son importance pour la santé des citoyens.

Il a indiqué que cette démarche s’inscrit dans la vision du Président de la République, qui a fait de la jeunesse une priorité des politiques publiques. Il a rappelé que, dans son discours d’investiture, le Président de la République avait affirmé que la jeunesse constitue l’espoir, le présent et l’avenir de la Nation. Dès lors, protéger les jeunes ne consiste pas uniquement à leur offrir l’éducation, la formation et l’emploi, mais également à préserver leur santé mentale et à renforcer leur capacité à faire face aux défis de la vie.

Le ministre a précisé que cette stratégie prolonge les efforts déployés à travers le Programme national de protection de la jeunesse, conduit conjointement par les secteurs de la Santé, de l’Autonomisation des jeunes et d’autres départements, dont l’un des principaux axes porte sur la lutte contre les drogues et les substances psychotropes.

Il a indiqué que la première phase de ce programme, fondée sur la répression, la prévention, la sensibilisation, le traitement et la réinsertion, a enregistré des résultats encourageants. En 2025, des centaines de jeunes volontaires ont été formés et déployés dans plus de 200 établissements scolaires des trois wilayas de Nouakchott, tandis que les campagnes de sensibilisation ont couvert de nombreux quartiers de la capitale et que des centaines de groupes scouts ont été formés pour contribuer aux efforts de l’État.

Il a ajouté qu’au cours de l’année en cours, 2 100 jeunes ont été formés à Nouakchott, Rosso, Kaédi et Nouadhibou dans les domaines de la prévention et de la lutte contre les drogues et les substances psychotropes, et que 600 volontaires ont été déployés dans les établissements scolaires. Le ministère poursuivra, a-t-il assuré, l’appui aux associations de jeunesse ainsi que l’organisation d’activités sportives et éducatives, notamment des compétitions organisées sous le slogan « Non à la drogue ».

Il a également indiqué que son département, en collaboration avec le ministère de la Santé, a créé une unité de traitement des addictions dans la moughataa d’El Mina, dotée d’une équipe de cinq spécialistes, qui a fourni en sept mois des dizaines de consultations médicales à des jeunes souffrant d’addictions aux drogues ou d’addictions comportementales. Il a annoncé qu’un projet est en cours pour transformer cette unité en un centre intégré de réhabilitation dans la moughataa de Tevragh Zeina, comprenant des services d’hospitalisation, un service d’urgence fonctionnant 24 heures sur 24, des consultations externes régulières et un laboratoire spécialisé.

Le coordinateur du Programme national de santé mentale et de lutte contre les addictions au ministère de la Santé, M. Cheikh Mohamed Vadel Mohamed Lemin Akouhiy, a déclaré que l’adoption de cette première stratégie nationale multisectorielle constitue bien plus que l’adoption d’un document : elle représente l’expression d’une volonté nationale de placer l’être humain, sa dignité et sa santé mentale au cœur des priorités, conformément à la vision du Président de la République et à l’attention accordée par le Gouvernement du Premier ministre, M. El Moctar Ould Djay, à la promotion de la santé mentale en tant que pilier essentiel du développement et de la stabilité.

De son côté, la représentante résidente de l’Organisation mondiale de la Santé en Mauritanie, Mme Charlotte Faty Ndiaye, a estimé que l’investissement dans la santé mentale et la lutte contre les addictions constitue un investissement dans le capital humain de la Mauritanie, dans sa jeunesse, dans sa cohésion sociale et dans son avenir. Elle a souligné que l’adoption de cette stratégie traduit une vision fondée sur la dignité, l’écoute, la prévention, l’accès aux soins et l’espoir pour tous.

Les participants ont suivi un film de présentation consacré au Programme national de santé mentale, mettant en lumière l’intérêt particulier accordé par le Président de la République au secteur de la santé en général et à la santé mentale en particulier.

La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur et de la Promotion de la Décentralisation et du Développement local, chargé de la Décentralisation et du Développement local, du wali de Nouakchott-Ouest, du chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, du directeur général des douanes, du maire de Tevragh Zeina, du hakem de cette moughataa, ainsi que de plusieurs membres du corps diplomatique et d’acteurs engagés dans le domaine de la santé mentale. ami