Médias publics : Les choses ne s’arrangent pas   
16/10/2014

S’il est un domaine qui ne progresse pas en dépit des changements de façade, il s’agit bien de celui des médias publics. En effet Radio, Télévision, Agence Mauritanienne d’Information et les quotidiens Chaab et l’Horizon sont à la gloire de Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement. L’opposition, traitée en paria est toujours boudée par ces organes d’information.



Dès les premiers instants de l’annonce de la victoire du candidat Mohamed Ould Abdel Aziz lors de la présidentielle du 21 juin, les médias publics, fidèles à leur docile servilité, ont rivalisé d’ardeur pour glorifier le nouveau maître du pays. Horizon et Chaab consacraient la totalité de leurs unes durant des jours au Président élu avec des photos géantes pour illustrer ces pages. Même attitude à la radio et à la télévision où les activités nationales ont été largement consacrées à la lecture de messages de félicitations de dirigeants de pays étrangers.
Les activités de l’opposition étaient parallèlement ignorées. Une chose qui se poursuit encore même si les unes des quotidiens nationaux ne sont plus automatiquement consacrés au Président.  
Le FNDU qui se plaignait déjà de cette situation ne risque pas de se voir accordé la moindre attention. Dans la guerre que se livre encore à distance le nouveau pouvoir et le FNDD, le nouveau pouvoir ne va pas se priver d’une formidable arme, l’information publique et encore moins ne concédera à la partager avec son ennemi, n’en déplaise la HAPA.
L’accaparement des médias publics par le pouvoir est un recul manifeste de la liberté d’expression et du pluralisme d’opinion. En témoigne les numéros spéciaux de Horizon et Chaab à l’occasion de l’investiture. Un véritable racket en règle des principales institutions, obligées d’acheter des encarts publicitaires, sans compter le côté dithyrambique la couverture de cette manifestation. Pourtant Ould Abdel Aziz avait maintes fois promis que les organes d’information publics ouvraient leurs portes à toutes les sensibilités politiques du pays, créant ainsi un débat contradictoire indispensable à la consolidation de la démocratie. Si l’on voit combien le nouveau pouvoir chérit la radio et la télévision, il serait illusoire de penser que les choses vont changer de sitot en dépite de l’adoption de la loi sur l’audiovisuelle quit été votée depuis 2010 à l’Assemblée Nationale. Ce n’est pas demain que le pays va combler son retard par rapport à ses voisins maliens et sénégalais où pullulent radios privées.
La situation n’est pas plus reluisante du côté de la presse dite indépendante. Certes, la censure est pratiquement bannie et les journaux sortent sans tracasseries administratives comme ce fut le cas dans le passé. Mais une autre arme plus sournoise est actuellement utilisée pour mettre au pas les titres « dérangeurs ». La condamnation à une mort lente par asphyxie en les privant des seules entrées qui les permettent de rester en vie : les publicités et les abonnements des sociétés publiques. C’est là un procédé inique qui vise des journaux dont les plus anciens de la place, pour la seule raison qu’ils essayent encore de publier une information objective sans parti pris. Dur dur le métier de journaliste indépendant en ces périodes de vaches maigres.


BG


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