Gaza: des docteurs sauvent un bébé par césarienne après le décès de sa mère   
28/07/2014

Au moment où les docteurs gazaouis ont délicatement retiré le minuscule corps de Shaïma du ventre de sa mère, cette dernière était décédée depuis une heure, ensevelie sous les décombres de sa maison bombardée par l’armée israélienne à Gaza.



La jeune femme enceinte est restée coincée pendant une heure avant l’arrivée des secours, qui l’ont dégagée, ainsi que son mari, un journaliste de radio grièvement blessé dans la frappe.
"Son corps a été amené après un bombardement à 3 heures du matin vendredi", explique Fadi al-Kharti, médecin à l’hôpital du camp de réfugiés de Deir al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza.
"Nous avons essayé de la réanimer mais elle est morte sur le trajet de l’hôpital", dit-il.
"Nous avons ensuite remarqué un mouvement au niveau de son estomac et calculé qu’elle était enceinte de 36 semaines", selon le docteur qui a opéré la césarienne.
Le nourrisson porte le prénom de sa mère, Shaïma al-Cheikh Qanane, qui était âgée de 23 ans. 
"Dieu a protégé cet enfant pour moi", se console la grand-mère, Mirfat Qanane.
"Ma fille est morte, mais j’ai une nouvelle fille. Elle m’appellera +maman+ comme le faisait sa mère", ajoute Mme Qanan, 43 ans, déchirée entre le deuil de son enfant et la joie d’être grand-mère pour la première fois. 
    
Le foetus privé d’oxygène

Pour l’heure, le bébé né prématuré fait l’objet d’une attention toute particulière des médecins de l’hôpital européen de Khan Younès, où il a été transféré et respire grâce à un masque à oxygène. "Cet enfant est dans un état critique, et a besoin d’être constamment branché au respirateur artificiel car il a été privé d’oxygène entre la mort de sa mère et sa naissance", explique Abdel Karim al-Bawab, le chef de la maternité.
Son état "est stable, mais le bébé devra rester ici pour au moins trois semaines", assure-t-il.
Pour la grand-mère, le sentiment d’injustice l’emporte: "Qu’a fait Shaïma pour mériter de mourir, de rester une heure sous les gravats avant d’être retrouvée?", s’indigne-t-elle.
"Qu’a-t-elle fait à Israël pour que sa maison s’effondre sur elle, sans aucun avertissement ?", demande Mme Qanan, les yeux pleins de larmes.
"Ma fille avait tellement hâte d’être maman, elle était une simple jeune épouse, mariée depuis un an", proteste-t-elle, effondrée.
Selon des proches, des chasseurs F-16 ont tiré deux missiles sur le domicile de Shaïma et de son époux, situé dans une zone densément peuplée du centre de l’enclave palestinienne.
Selon l’Unicef, au moins 230 enfants -- 152 garçons et 78 filles âgées de trois mois à 17 ans -- ont été tués dans les bombardements israéliens à Gaza entre le début de la campagne militaire israélienne le 8 juillet et le 28 juillet, sur un total de quelque 1.050 morts palestiniens.
Au moins dix Palestiniens, dont trois enfants, ont été tués lundi soir 28 juillet dans une série de frappes israéliennes sur la bande de Gaza, ont indiqué les services d’urgence locaux.
Cinq personnes, parmi lesquelles trois mineurs ont péri à la suite de tirs d’artillerie qui ont détruit une maison de Jabaliya, dans le nord du territoire, a précisé le porte-parole des urgences, Achraf al-Qodra. Un autre Palestinien a trouvé la mort dans le centre de l’enclave et quatre autres à Khan Younès (sud) et aux alentours, a-t-il ajouté.
Cinq soldats ont été tués lundi dans des combats dans ou à proximité de la bande de Gaza, où l’armée israélienne est engagée depuis le 8 juillet dans une guerre contre le mouvement islamiste palestinien Hamas qui contrôle le territoire palestinien. 
Parmi eux, quatre ont été tués par un tir de mortier dans la région d’Eshkol, le long de la frontière. Plusieurs médias israéliens avaient auparavant affirmé qu’il s’agissait de victimes civiles, tuées dans le kibboutz Be’eri. 
Le bilan des pertes civiles côté israélien reste donc de trois morts, deux Israéliens et un ouvrier agricole thaïlandais fauchés par des roquettes. 
Depuis le déclenchement de "Bordure protectrice" le 8 juillet, 48 soldats israéliens ont perdu la vie, le bilan le plus lourd pour l’armée depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006.(Afp)




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