Le coût de vie en Mauritanie: Un calvaire !   
01/10/2007

Pour le commun des mauritaniens, le souci majeur est avant tout existentiel. En effet, à La quête de la dépense quotidienne et les besoins pressants le talonnent de prés. Ils ont pour noms : crise du logement, hausse des prix, factures hyper élevées de l’eau et de l’électricité, soins de santé onéreux, écoles publiques délabrées.



A cela il faut ajouter chômage, transports désorganisés, taux usuriers des banques et bien d’autres désagréments qui ont entamé le moral des plus optimistes et poussent vers la tombe les plus fragiles.Vivre décemment à Nouakchott actuellement, relève de la haute bravoure tant le quotidien est devenu hostile et la lutte serrée. En effet, le coût de la vie a atteint des niveaux prohibitifs. C’est à se demander comment font les populations pour assurer la dépense quotidienne et faire bouillir la marmite familiale. Sachant que le mauritanien ne peut en aucune manière se passer de la viande et dans une moindre mesure, du poisson, une petite opération arithmétique permet de voir dans quel enfer il se démène : 30 kilogrammes de viande par mois, à raison de 1.000 Um le kilo (parlant de la viande de bœuf, le moins cher), donne un total de 30.000 Um. D’autre part, avec 20 kilogrammes de poisson ordinaire par mois à raison de 800 Um, l’on a un total de 16.000 Um. Tout en notant que ces considérations sont minimales, l’on notera que le panier de la ménagère souffrira en permanence d’un déficit d’approvisionnement en raison de la faiblesse du pouvoir d’achat. Un déficit énorme si l’on considère que les denrées de première nécessité que sont le pain, le sucre, l’huile, les légumes et le thé sont indispensables autant que la viande et le poisson . Quand une fête religieuse ou familiale s’en mêle, les cheveux blancs poussent sur la tête à vue d’œil.
Pour vivre à Nouakchott, il faut également disposer d’un logis. A ce propos, si pour une raison ou pour une autre, il se trouve que l’on doive dégoter une maison de location, l’on se rendra compte jusqu’où les propriétaires, les démarcheurs et tous les maillons de cette longue chaîne peuvent aller dans le cynisme de la spéculation. En fait la nature de l’espace de location dépend du profil du demandeur. En général, les jeunes gens ou les célibataires se contentent d’une pièce dont le prix de la location oscille entre 6.000 Um et 10.000 Um. Mais le véritable casse-tête c’est celui du père de famille qui devra loger tout le clan. Pour cela, la nécessité d’une maison s’impose. A ce titre, il faut retenir que le prix de la location a atteint ces dernières années des proportions ahurissantes. Fini le temps où l’on pouvait disposer de tout un pavillon à Sebkha ou à El Mina et même aux SOCOGIM à raison de 20.000 Um le mois de location. Aujourd’hui, la plus modeste demeure ne se négocie pas moins de 40.000 Um au meilleur des cas. Dans des quartiers périphériques tels que Carrefour ou Arafat, qui n’existaient pas encore avant les années 90, des propriétaires réclament pas mois de 50.000 Um pour le loyer mensuel et de plus en plus, ils exigent deux à trois mois d’avance sur le dit loyer, chose encore méconnue chez nous il y a quelques années (On est où là ?diraient nos amis ivoiriens)
Si par miracle, l’on tient le coup malgré tout, il faut prier Dieu pour ne pas tomber malade ou que l’un des membres de la famille le soit. Il est certes vrai que les consultations médicales demeurent gratuites dans les structures de santé publiques, mais si c’est pour acheter des médicaments qui vous coûtent les yeux de la tête où est l’avantage ? Les cliniques privées ? On n’y pense même pas tellement elles facturent fort. Le CNAM, système de cotisation pioché directement du salaire des fonctionnaires pour la prise en charge quasi-totale des soins et même des évacuations sanitaires reste flou quant à son fonctionnement. De toutes les façons, il n’intervient que pour les fonctionnaires de l’Etat. Les autres n’ont qu’à se débrouiller.
Il faut également tenir compte des factures de plus en plus salées de la SOMELEC et de la SNDE qui tombent chaque bimestre avec une régularité implacable. Les abonnés sont pris à la gorge et payent des factures d’électricité au prix fort sans aucun moyen de recours sur des cas de surtaxes avérés. Ils ne sont pas pour autant épargnés des coupures intempestives. La SNDE, elle, se moque des populations à qui elle présente des factures pour de l’eau dont elles n’ont jamais vu la couleur. A coté de cette situation, il y a le cadre de vie pitoyable dans lequel l’on évolue. Le transport public est pourri par l’absence de taxis dignes de ce nom. Les minibus ne sont plus fréquentés que par les s’en fout la mort à qui le tétanos ne fait pas peur. En ville, il n’existe pas de lieux d’attractions. Les rues et espaces étant constamment sales, il n’en faut pas plus pour avoir le moral dans les chaussettes. Reste peut-être l’option du crédit bancaire serait on tenté de dire. C’est la pire des options que l’on puisse envisager car les taux d’intérêt prélevés sont exorbitants. Dans les pays occidentaux où les taux n’atteignent pas les cinq pour cent, nos banques réclament jusqu’à vingt pour cent. Il faut mettre en place une politique bancaire plus sociale. C’est tout à fait dans possible si seulement on en prend la décision.
A la lumière de ces considérations, l’on notera que le fonctionnaire ayant une famille en charge est condamné à vivre largement au dessus de ses moyens. En effet, le seul coût de la viande et du poisson s’élevant à 36.000 Um auxquels s’ajoutent 50.000 Um de loyer ainsi que des factures d’électricité et d’eau, sans oublier deux ou trois ordonnances mensuelles à acheter, il se retrouve avec une ardoise de pas moins de 120.000 Um par mois. Sachant que le salaire moyen des fonctionnaires tourne autour de 40.000 Um mensuels, l’on est en droit de se demander comment font ils ? En considérant que les fonctionnaires mauritaniens sont chiffrés à 40.000 individus, l’on remarquera que l’écrasante majorité de la population n’est pas salariée. Ici aussi, la question est de savoir par quelle magie ses personnes arrivent elles à survivre ? Voici donc les réels soucis des mauritaniens. Ces problèmes ne sont pas des aspirations qu’un candidat politique peut laisser pendantes. Les soucis du peuple sont existentiels et par conséquent il n’y a pas de place pour les discours ou les promesses. Les décideurs doivent prendre à bras le corps ces problèmes et agir vite. Là et seulement là ; est où, on les attend.
Biri N’Diaye


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