Où va la Mauritanie ? Par Abba O.A TOLBA, ancien haut fonctionnaire de l’Etat    
24/11/2006

La tenue –plutôt réussie- des élections générales le dimanche dernier pose plusieurs questions dont les réponses doivent nécessairement être données –peut-être pas tout de suite !- par les acteurs politiques du pays si l’on veut ouvrir une nouvelle page dans l’Histoire politique de la Mauritanie.



Parmi ces questions, celle posée par l’actuel Chef de l’Etat –à savoir comment faire pour que le coup d’Etat (1)  du 3 août 2005 soit le dernier- est certainement la plus importante eu égard à ces dimensions et implications multiples. Il est évident que les mêmes causes produisent
toujours les mêmes effets ! cet adage devra rester accroché à l’esprit de tous ceux (2)  qui veulent diriger le pays dès le mois de mai 2007.
Les défis de l’Ere de l’après CMJD ne doivent pas cependant occulter ceux que nous devons relever durant les semaines et mois à venir pour que la parenthèse ouverte le 3 août soit réellement et irréversiblement bénéfique pour le pays. Une lecture préliminaire des résultats des élections du dimanche dernier permet d’affirmer –avec un  faible risque de se tromper-
que le paysage politique est désormais décrispé et qu’il a gagné beaucoup en sérénité. Ceci dit les échéances futures de l’élection présidentielle vont aiguiser les appétits et les ambitions des acteurs en place et impliqueront des remaniements non négligeables sur la carte politique
dessinée le week end dernier.
Le rôle historiquement joué par le Chef de l’Etat dan notre pays –qui s’est toujours comporté en omnipotent dans un environnement marqué par une situation économique difficile pour la grande majorité de la population (3)   du pays et par la prégnance d’une culture politique déficiente chez tous les acteurs- est toujours vivement présent à l’esprit de tous les mauritaniens (dirigeants et simples citoyens) et fera courir au pays des risques réels de dérapage lors des échéances futures. Réussir la passe du mois de mars 2007 sera donc un sérieux défi pour nous tous.
Sans prétendre détenir la réponse magique, l’auteur de ces lignes croit fermement que la réussite de la transition dépendra, avant tout, du comportement de nos élites politiques qui vivent en cette période un véritable test pour leur maturité et leurs sens des responsabilités.
Autrement dit, la question qui se pose est la suivante : avons-nous de véritables hommes d’Etat  capables de fermer la parenthèse ouverte par le CMJD ? Encore une fois, nos élites doivent garder à l’esprit un autre adage : la nature a horreur du vide !  tout risque immaîtrisé de dérapage fera inexorablement intervenir des acteurs que l’on croyait décidés à rentrer
dans leurs casernes. Et ils auraient …quelque part raison !
A bons entendeurs (4)  Salut !

 

 (1) Appelons les choses par leur nom, n’en déplaise à ceux qui préfèrent les terminologies amphibologiques.
  (2) Il s’agit là d’un pluriel délibéré ! il faut en effet que les régimes de Président monarque absolu cessent définitivement dans notre pays pour céder la place à un Système marqué par une séparation effective des Pouvoirs.
  (3) Ce qui avait fait de notre pays un cas d’école pour les tenants de la Politique du ventre.
  (4) J’appelle ici en ordre alphabétique : les Ahmed(s), Chbih, Messaoud, Mohamed (s), Sidi, Zeîne…etc


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