Interview de M.Bâ Mamadou Alassane Président du PLEJ: «Notre débat, à nous, n’a pas encore commencé »   
02/11/2006

Bâ Mamadou Alassane, dit «Bâ dialogue », est l’un des premiers cadres du pays. Il a occupé plusieurs postes de responsabilités, mais il a surtout marqué la scène politique nationale, lorsqu’il occupa le portefeuille de ministre de l’Education Nationale. Sa disponibilité au dialogue - il est professeur de philosophie de formation - lui a valu son surnom.



Président fondateur du  PLEJ (Parti pour la liberté l’égalité et la justice), il est connu pour ses positions sans concession. Ce qui ne lui pas valu que des amis. Nous l’avons rencontré pour faire la lumière sur l’une de nos figures politiques les plus controversées.
 
Qu’est-ce qui fait que votre parti ne soit pas présent sur toute l’étendue du territoire ?
 
Bâ Mamadou Alassane (BMA) : Si  le PLEJ n’est pas candidat dans toutes les régions, c’est pour deux raisons : l’une des raisons, c’est que beaucoup de Mauritaniens ont mal compris le PLEJ, parce que je ne me suis pas encore rendu dans toutes les régions pour expliquer aux
Mauritaniens la pensée politique du PLEJ; ce que le parti compte faire pour reconstruire la Mauritanie dans l’intérêt de tous les Mauritaniens, c’est la première raison. On peut donc dire que nous ne pouvons présenter de candidats que dans les régions où nous nous sommes rendus.
La deuxième raison, est que cette démocratie n’est pas une bonne démocratie pour la Mauritanie ; c’est une très mauvaise forme de démocratie, parce qu’elle est faussée par l’argent. Le PLEJ ne prétend pas avoir des moyens financiers pour être présent partout, sur l’étendue du territoire, ni pour établir les listes. Voilà les deux raisons qui font que le parti ne pouvait pas être candidat sur toute l’étendue du territoire. Cela ne signifie pas que notre ligne politique n’est pas très bonne, mais je suis convaincu que la pensée du PLEJ que l’on puisse offrir à la Mauritanie.
 
Certains vous taxent de sectarisme ; que leur répondez-vous ?
 
BMA : Ou bien ils ne comprennent pas le vrai sens du mot, ou bien ils ne connaissent pas bien la langue de Molière, ou bien ils sont mal informés ou ils ne sont pas de bonne foi. Ceux qui disent que le Plej est un parti sectaire, ne savent pas que le Plej est le seul parti qui prône la démocratie consensuelle, qui explique ce qu’est la démocratie consensuelle, et qui justifie pourquoi la démocratie consensuelle est la meilleure voie démocratique.
Le Plej a des solutions à tous les problèmes nationaux ; s’il y a des Mauritaniens qui ne sont pas d’accord avec le Plej, c’est leur problème, cela ne veut pas dire que le Plej est sectaire ; le Plej n’est pas un parti des Halpulaar ou celui des Peuls ou celui des Négro-mauritaniens. C’est le parti qui a la prétention de gouverner la Mauritanie, et tous les Mauritaniens, un parti qui a des solutions à tous les problèmes mauritaniens. Alors, peut-on qualifier de sectaire un parti qui a des solutions à tous les problèmes et des ambitions nationales ? Parmi ces problèmes, il y a certes ceux des Négro-mauritaniens, et ce n’est pas le seul problème que le Plej veut résoudre, car il ne faut pas exclure le problème des Négro-mauritaniens, car il fait partie des problèmes mauritaniens.
 
Quelles conclusions avez-vous tiré de la dernière sortie du chef de l’Etat, quand il affirme notamment que le débat devait être clos ?
 
BMA
: Entre le Chef de l’Etat, que nous respectons, et nous au PLEJ, il faut bien remarquer que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde. Notre problème n’est pas de discuter sur la neutralité ou non du CMJD. En parlant du débat clos, je crois que le Président pense à ce problème de neutralité. Certains disent que le CMJD n’est pas neutre ; et le CMJD dit qu’il est neutre, et il faut que ce débat soit clos. Notre débat n’est pas celui-là ; notre débat, c’est que le CMJD va partir, alors que les grands problèmes nationaux sont là, non résolus. Il n’y a pas eu de débats autour de ces problèmes ; pour nous, le vrai débat n’a pas encore commencé. Le vrai débat est de trouver comment réaliser les solutions consensuelles à nos problèmes nationaux, ceux que tout le monde connaît : le partage des richesses, l’égalité des chances, la diplomatie, les Négro-mauritaniens, l’esclavage et l’intégrisme… Ces problèmes sont entiers ; il faut qu’il y ait débat autour de ces problèmes. Il n’a pas commencé.
 
Propos recueillis par Bâ Mamadou
Copyright  L’Authentique quotidien

 


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