L’identité perdue de Nouakchott : De la confiscation des droits des Tendgha (Ichouganen) à la fondation improvisée   
25/07/2006

L’émission de la télévision nationale consacrée à l’histoire de Nouakchott a suscité un débat au niveau de la presse écrite. Ainsi le journal Horizons a publié une réaction de la fondation Moctar ould Dadah, laquelle a été suivie d’autres commentaires. Parmi ceux-ci nous avons retenu la réflexion de l’historien Hmah Allah ould Salem dont une partie a été publiée par le journal Horizons N° 4256 du 27 juin 2006 et qui a été intégralement publiée, en arabe, par nos confrères «Al Alam», «Al Amel Al Jedid et «Al Nahar». Nous livrons donc ici, à nos chers lecteurs, une traduction intégrale de cette réflexion historique



Lors d’une émission en date du 10 juin 2006 que la télévision nationale a consacré à la genèse de Nouakchott, j’ai eu l’honneur d’intervenir à propos d’un volet historique de la création de la ville. A ce sujet, j’ai soutenu qu’aussi bien dans sa conception que dans sa création, Nouakchott a été l’œuvre du gouvernement français de l’époque coloniale.
Une telle affirmation a suscité une réaction de la fondation Moctar ould Daddah publiée dans le journal Horizons 4246 du 13 juin 2006.
Cette réaction a fait l’objet d’un commentaire du cher frère Cheikh Nagi, présentateur de l’émission télévisée précitée (V. Horizons numéro 4249 du 18 juin 2006).
Dans ce débat, il importe pour aboutir à une juste appréciation des faits, de prendre en considération la logique indiquée par les données probantes d’une histoire fraîche et certifiée par les documents transmissibles entre vifs. Une logique qui résulte d’ailleurs des témoignages que contiennent les études réalisées par les Français eux mêmes.
Au total, la conclusion qui s’impose de ce qui précède conduit à affirmer que Nouakchott était tout simplement un projet colonial dont le but était de doter le territoire de la Mauritanie d’une Capitale. La finalité de ce projet est, convient-il de le souligner, tout à fait conforme aux intentions de l’administration coloniale de l’époque concernée.
On sait que dans ce cadre, Monsieur Christian Laigret qui fut gouverneur de 1944 à 1946 trouvait «insupportable cette situation de cousin pauvre du gouvernement du Sénégal». «Il voulait avoir sa propre capitale et remontant aux traditions hollandaises et françaises du XVIIIè siècle, souhaitait la fixer à Porttindik- jreida (cF .Du Puigueaudeau. La piste. Editions Plon 1954 pages 133 et 135).
En 1960, lors d’une visite effectuée par l’ancien gouverneur précité dans notre pays, celui-ci a affirmé que la « construction de Cappolani (Jreida) a été entreprise en 1945 dans l’intention cachée d’en faire ultérieurement le siége du gouvernement (Naissance d’une Nation. Imprimerie nationale 1970).
De même, dans son discours prononcé devant l’assemblée territoriale le 28 mars 1956, le gouverneur Parisot fait allusion au transfert du chef-lieu de la Mauritanie (ci. page 19 de ce discours imprimé par le gouvernement de Saint-Louis du Sénégal).
Ces éléments succincts confirmés par Monsieur Pit dans son livre «Nouakchott capitale de la Mauritanie» prouvent à eux seuls, l’existence d’un projet colonial relatif au transfert de la capitale. Ce projet a été repris par Feu Moctar ould Daddah, lequel était alors vice-président du conseil du gouvernement colonial de la Mauritanie, dans sons discours programme prononcé le 20 mai 1957 devant l’assemblée territoriale de la Mauritanie, à l’occasion de son investiture. C’est ainsi que Nouakchott a vu le jour conformément au célèbre plan réalisé par Mouragues.
La construction hâtive
Tout indique que la construction de Nouakchott a été le résultat d’une improvisation irréfléchie. Au manque de vision et de prévision qui caractérise cette construction s’ajoute la négligence de la réalité environnementale ainsi que celle des spécificités locales. Il suffit, pour s’en rendre compte, de jeter un regard sur l’endroit dans lequel la ville a été implantée.
Assiégé par les sables aussi turbulents que mouvants, cet endroit est en permanence exposé aux vents du Nord-est. La fragilité de son terrain sablonneux n’est pas de nature à permettre les solides fondations et les constructions énormes ou élevées. En outre, il est bien difficile en raison de la précarité du terrain d’installer des canalisations en béton ou en métal pour l’alimentation en eau, ou pour l’écoulement des eaux usées ou encore pour d’autres approvisionnements nécessaires à la vie des citadins.
A ceci vient s’ajouter un danger qui menace la ville et qui découle de l’incapacité du terrain de contenir les millions de tonnes d’eau potable qui seraient canalisées à travers les installations réalisées dans le cadre du projet de l’Aftout-Assahli.
Une ville sans âme
Nouakchott est la seule capitale arabe et islamique qui continue de conserver son nom Amazigh (berbère) qui signifie le lieu du bois. L’explication qui attribue une origine arabe à l’appellation qui serait une déformation de l’expression Nawagh Ashatt (l’air de la côte) relève de la pure imagination. En lui même le concept de l’appellation, dérivé de l’ancien parler en usage ne suscite aucune polémique et ne semble pas visiblement irriter les Mauritaniens.
Mais ce qui est étrange c’est que Nouakchott est une ville sans identité, sans histoire et sans une quelconque référence. L’unique cadre référentiel résulte en effet des décisions préparatoires et procédurales relatives à la fondation de la capitale. Ces décisions sont dans l’ensemble, le fait de l’administration coloniale laquelle comme nous l’avons signalé, oeuvrait pour donner à la ville le nom de Fort-Coppolani ou de Copplani-Jreida!
J’ai dit et je continue de le répéter que la ville de Nouakchott est une capitale surgie des sables qui n’a ni une histoire ni un patrimoine de civilisation ni même un lien avec la mémoire collective.
En effet, les porteurs de cette mémoire, à savoir la collectivité des Tendgha ont été supprimés de la mémoire de la fondation! La ville est ainsi devenue sans âme, sans un vieux centre architectural (mosquée, souk, tour). Pire, les quartiers de Nouakchott sont désignés par un amalgame d’appellations importées de l’Asie centrale, de la péninsule arabe, d’Europe et même des caraïbes.
On y trouve une Bassorah sans l’illustre Hassan Al Bassri , une Koufa dont les résidents ignorent la calligraphie kouffie, on y trouve en plus, des avenues qui portent des numéros insignifiants comme si les habitants de Nouakchott vivent en fait, dans une grande prison.
D’autres noms, à l’instar de Netag (déterre) ou de Sammi la tjen (invoque le nom de Dieu pour que le diable ne te possède pas) sont utilisés pour designer les quartiers, parce qu’il ne restait plus à l’onomastique qu’une part réservée au monde extra humain.
Cet état de fait a été fabriqué ou même voulu.
En effet, si les fondateurs ou ceux qui supervisaient la fondation, nationaux ou non, désiraient lier la ville à notre patrimoine et à notre mémoire, ils auraient respecté l’héritage des premiers habitants et leurs droits sur la terre et encore sur l’histoire ainsi que sur la symbolique qui détermine la fondation et lui donne un sens. Ils auraient par exemple, pensé à un quartier «Ichouganen» ou à des quartiers qui porteraient les noms des personnages almoravides que la mémoire des Tendgha continue de conserver. Des villes arabes et islamiques comme Marrakech, le Caire, Bagdad ou Damas nous offrent sur ce plan une tradition qui mérite d’être suivie. De même, les villes occidentales à l’instar de Paris qui possède son quartier latin s’inscrivent dans cette louable tradition.
Il est permis donc de se demander pourquoi l’un des quartiers de Nouakchott ne porterait pas le nom des Tendgha ou celui de l’un de leurs puits qui en ferait un emplacement pour l’âme culturelle de la ville; susceptible de renseigner sur sa civilisation.
Une telle option aurait pu permettre aux nouveaux arrivants de trouver une boussole de l’histoire à même de les aider à se retrouver dans la complexe carte socio urbaine de la ville et de se familiariser avec les traditions ainsi qu’avec le mode de vie de ses habitants.
Mais tout ceci ne correspondait pas à la finalité de la création de Nouakchott et n’entrait, nullement dans les considérations des maîtres d’œuvre du nouveau fort colonial. C’est à voir, si l’intention ne poursuivait pas sciemment la confiscation des droits des anciens propriétaires fonciers et partant, la dépréciation de la valeur historique de leur patrimoine qui constitue un élément nécessaire de la continuité de la mémoire avec et sur laquelle les générations suivantes sont appelées à construire.
Dans ce sens, l’une des images les plus saisissantes lors de la visite effectuée par l’actuel chef de l’Etat au Mali a été la rencontre qu’il a eue avec les dignitaires des populations originelles de Bamako qui appartiennent à la collectivité des Barkoé. Par contre, s’agissant de notre capitale actuelle, il est regrettable qu’elle soit aux termes d’une conspiration déclarée sans habitants originels parce qu’il a en a été décidé ainsi.
Un début d’explication de cette amnésie administrative nous a été donné dans un article consacré aux problèmes de gouvernance de Nouakchott et signé par monsieur Hasni ould Didi en guise de contribution au livre intitulé «Nouakchott, capitale de la Mauritanie, 50 ans de défi». L’ancien ministre, ex maire de Nouakchott et ex administrateur en d’autres temps et en d’autres lieux estime dans son article précité que: « Nouakchott doit son choix en grande partie au fait qu’il n’était pas déjà occupé par des communautés importantes susceptibles de prétendre à des privilèges; ses quelques habitants venaient du nord du pays et n’avaient aucun droit sur les terres’’.
Les propriétaires fonciers traditionnels sont les Tendgha , notamment les Ichouganen
Le moins que l’on puisse dire au sujet du livre «Nouakchott-capitale de la Mauritanie» est que celui-ci devrait être révisé en raison du fait qu’il consacre l’enracinement de la mémoire coloniale dans le patrimoine de la ville. Ce livre rappelle en effet aux Nouakcottois originels, ceux des générations «citadines» que la mémoire de leur ville continue de leur échapper. Une appréhension d’autant plus fondée quand on sait que l’ouvrage a été édité par la partie française en tant qu’ambassade d’un pays ami.
L’affirmation de M. Hasni ould Didi selon laquelle «Nouakchott a été construit dans un endroit où il n’y’ a pas d’habitants propriétaires des terres et qui peuvent revendiquer un droit de propriété» relève de la négation ou de l’oubli d’une vérité historique, unanimement connue.
M. Hasni ould Didi et ses camarades, auteurs du livre de la genèse perdue devraient se souvenir de l’histoire des populations originelles de Nouakchott car elle constitue une étape fondamentale de l’histoire du pays entier.
Le gouvernement mauritanien devrait quant à lui restituer les droits fonciers aux propriétaires légitimes, car en principe, ces droits ne s’éteignent pas par la prescription, quand bien même des constructions juridiques précaires ont été établies à cette fin.
Nouakchott correspond à une partie d’un domaine territorial qui appartient en vertu du Droit et des coutumes à la collectivité des Tendgha en général et à la fraction Ichouganen, en particulier. Durant des siècles qui remontent au temps des Almoravides, la dite collectivité a assuré une remarquable présence dans ce domaine territorial.
Il est couramment admis que le mot Tendgha équivaut à la prononciation en Hassanya de l’expression Wez-tendigh que les géographes arabes transcrivent sous le nom wer-tantagh et parfois wer-tassin. Ce nom correspond à celui de la famille qui constitue la lignée des grands princes almoravides: Abu Bakr, Yahya, Youssef et d’autres.
Lors de l’expansion almoravide, une partie des tendgha s’est déplacée vers le Maroc et l’andalousie, mais certains de ces émigrants sont revenus après la disparition de l’Etat fondé au Nord. Parmi ceux-ci se trouvait l’ancêtre de la fraction in jamra qui continue de conserver ce nom et dont l’appartenance aux tendghas est incontestable. Même si par la suite, certaines familles de cette fraction ont intégré d’autres tribus comme Id ag jemalla ou les Medlich.
En outre, il est établi que des dirigeants almoravides et la plupart de leurs familles ainsi que les familles guerrières des tendghas et leurs cousins d’autres tribus Lemtouna sont restés au Sahara.
Il n’est pas nécessaire de s’attarder dans ces lignes, sur le rôle des Tendghas dans l’histoire du mouvement almoravide, lequel était d’une importance capitale comme ce fut d’ailleurs le cas dans la période post almoravide. Leur nom figure dans les généalogies écrites par Ahmed al Bakay Al Kunti (m.920H.) lequel évoquait déjà, l’une de ses grands-mères qui appartenait aux Ichouganen. L’illustre savant qui désignait cette collectivité par oulad Shigga était lui même marié à une Tendgha qui lui donna deux de ses fils les plus connus.
Dans les siècles qui suivent l’épopée almoravide, les Tendgha ont occupé le domaine du littoral atlantique et particulièrement la zone de l’actuel Nouakchott. Mais ils ont aussi occupé d’autres espaces du lointain Nord comme celui de la région de Al Abiar prés de goulimine (Maroc). Il se peut d’ailleurs que l’appellation Tendgha Al Abiar soit dérivée de cette présence au Nord, laquelle explique en outre la nature cordiale des antiques relations que les Tendgha entretiennent avec les Tekna .
Sous le règne des oulad Rizg, la collectivité des tendgha a bénéficié dans ses domaines territoriaux traditionnels du respect et de l’estime de la part de ces détenteurs du pouvoir guerrier. Les gens de Tendgha avaient même la possibilité d’assurer la protection d’autres collectivités. Un exemple de cette protection nous est offert par le cas de Techemcha, lesquels ont été durant un certain temps hébergés par les Tendgha et qui ont, à ce titre bénéficié de la protection consécutive à l’influence, à la Baraka au poids démographique et aux relations des Tendghas.
En règle générale, l’histoire ne mentionne aucune autre présence significative dans la région qui s’étend des bordures de la seguiet al hamra jusqu’à l’embouchure du fleuve, en dehors de celle des tendgha et des medlich. Il convient de noter que les Id ag zeimbou dont la présence a été signalée, depuis cette période dans la même région, appartiennent à l’ensemble medlich. Toutes les autres collectivités sont arrivées par la suite fuyant les guerres et les famines.
Plus récemment, les émirs, ulémas et autres dignitaires (Ceux des XVIII° et XIX° siècles) ont tous reconnu la légitimité de la possession du territoire ci-dessus indiqué par les Tendgha. A ce sujet, le litige qui avait opposé les tendgha et d’autres collectivités a été tranché en faveur des premiers et a inspiré à l’illustre cadi Nabigha Al ghalawi un mémorable ver selon lequel :
Saches que ce pays est le territoire des Tendgha,
Quiconque le leur conteste commet une injustice.
Il faut souligner qu’à l’intérieur de cet espace territorial reconnu, les différentes fractions Tendgha, les ichouganen, les bouhebeini et autres ont de tout temps occupé, suivant une logique de spécialisation territoriale des domaines bien précis.
Les Droits oubliés.
Des témoignages légaux et historiques attestent de manière détaillée que la présence des Tendgha dans la zone du Sahel, ainsi que dans les brousses environnantes est profondément enracinée. D’ailleurs, aux termes d’une enquête publique effectuée par les autorités françaises (1955-1956), les droits des Tendgha, Ichouganen ont été confirmés particulièrement en ce qui concerne la propriété des domaines de Tayaret Al Hissyan qui correspondent au Ksar actuel et qui vont de Iniankelida (actuelle Kelida) jusqu’aux dunes sur lesquelles Nouakchott a été construit. Ainsi, les principaux quartiers de la capitale (Tevragh zeina, quartier de l’ambassade de France, le centre ville et ses environs) ont été édifiés dans les domaines de Teyaret Al Hissiyan qui, en vertu d’une possession sans équivoque sont la propriété des fractions Tendgha.
Les preuves matérielles de cette propriété qui ont servi de fondement à l’enquête du gouvernement français sont les puits, les cimetières, les plantations mais aussi les témoignages des émirs, ceux des jurisconsultes et autres notables.
Ce droit de propriété est en outre, réputé, connu, transmis et souvent cité. De nombreux documents et registres le mentionnent expressément en ces termes: «Teyaret Al hissiyan est une propriété de la tribu des Ichouganen, laissé en héritage par leur pères et leurs ancêtres depuis plus de 800 ans. Ils l’ont toujours mis en valeur par les résidences, les puits et les récoltes». Ce constat a été confirmé par l’intègre cadi et savant, limam bnou Sharif al Majlissi pour qui: «il est constant et évident que le peuple dit Tendga et en particulier les habitants des lieux nommés ichouganen sont les propriétaires de la parcelle territoriale désignée Teyaret Al Hissyan.
Cette régulière propriété résulte d’une antique fixité territoriale, d’une résidence effective, de l’exploitation de la terre, du forage des puits. La propriété résulte également de la possession coutumière et exclusive de la dite parcelle territoriale. Les Ichouganen,’’de pères en fils’’ se sont toujours comportés en propriétaires  légitimes dans ce territoire et ce depuis des temps immémoriaux».
A l’époque de la colonisation, la collectivité des ichouganen avait délégué un comité de représentants chargé de négocier avec les autorités françaises à Saint louis. En vertu d’un accord conclu en 1958 entre ce comité et le conservateur foncier René Pérez, il a été décidé que la collectivité obtienne 10 terrains (lots) dans chaque lotissement aménagé dans la capitale, alors en construction.
Mais le gouvernement mauritanien n’a pas appliqué cet accord et a même parfois prétendu que les concernés ne sont pas présentés pour décharger les attributions qui leur ont été accordées dans certains lotissements. Pourtant, les témoignages officiels prouvent que le litige s’est amplifié à tel point qu’il est devenu gênant pour les autorités. Dans ce sens, une lettre écrite en 1973 par Monsieur Sal Abdel Aziz, président de l’assemblée nationale, conseille vivement au président de la république de résoudre «ce problème que nous avons crée».
Il faut rappeler que l’expansion de Nouakchott a été accompagnée d’une profanation des cimetières d’une exceptionnelle valeur historique, les quels ont été détruits, saccagés par les constructions, les résidences et l’urbanisation sauvage
Tout ceci prouve que les propriétaires originels du territoire ont été privés de leur droit légitime ainsi que de leurs droits fonciers confirmés par le gouvernement colonial et promis par l’Etat. Jusqu’à nos jours rien de concret n’a été cependant fait pour résoudre le problème. Il semble sur ce plan que, comme le dit le proverbe arabe : «la maison de ibnou loughman se trouve dans un état stationnaire»
Il est néanmoins plus curieux et encore plus amère de priver les Tendgha en général et les ichouganen en particulier de leurs droits sur le territoire et leur interdire, d’une certaine manière, l’honneur de la fondation de la mémoire de la capitale de leur pays.
Cette obscure réalité affecte considérablement le désir identitaire d’un million d’habitants dont le destin est d’être de nouveaux résidents de la ville et qui sont toujours, à la recherche d’un cadre auquel ils peuvent se référer et d’une mémoire susceptible de les rassurer. Dans cette quête des origines, ils ne trouvent que le néant, les tristes fiches coloniales et les décisions officielles inopérantes.
Ceci découle d’une étrange logique qui continue de régir un bon nombre de questions nationales ajournées comme celle de l’identité ainsi que celle de la rupture avec la mentalité coloniale qui marque jusqu’à nos jours, le fonctionnement des affaires publiques.
Ce sont là quelque lignes qui restituent une part de la vérité au profit des ayants droit et mes remerciements vont à messieurs Abdel Kader ould Mohamed et Moustafa ould Diah pour leurs remarques et leurs documents qui ont facilité ces conclusions lesquelles serviront, si Dieu le veut, à un travail plus dense.

 Hamahou Allah Ould Salem, professeur d’histoire, Université de Nouakchott


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