Publication de l’audit externe de la BCM :PriceWaterHouse exprime ses réserves !   
11/07/2006

Sur injonction du Fonds Monétaire International (FMI), la BCM vient de publier l’audit externe de son bilan et annexes clos au 31 décembre 2005  et 31 décembre 2004.

Il faut néanmoins se demander si cet audit en fut véritablement un. Car l’auditeur Price Waterhouse (PWH Maroc) a exprimé, dès le départ, ses réserves en précisant qu’il n’a fait qu’ «auditer le bilan ci-joint, les comptes d’exploitation générale et les comptes de pertes et profits clos à la même date »,  indiquant, que la préparation matérielle des états financiers  était de la seule responsabilité de la BCM. Et qu’elle n’engageait donc pas celle du célèbre cabinet international.



A sa décharge, PWH Maroc a relevé des points de réserves majeurs et non des moindres. En substance, pour le premier point, c’est que la BCM ne tient pas matériellement de comptabilité selon les règles de l’art. Elle ne disposerait pas, en effet, ni de procédures écrites, ni de système de gestion informatique exhaustif et fiable.

D’où le flou artistique qui caractérise les inscriptions comptables tout azimut qui ont totalisé paradoxalement un mouvement, tenons nous bien, de  plus de 170 milliards d’ UM pour l’année 2005 !!  Sur le quatrième point, à savoir les accords de crédit et de compensation, en fait des comptes fourre- tout, seule une infime partie, soit 19% de l’encours, sur un total de 39 milliards UM n’ont été confirmés que pour 19% de l’encours par Price Waterhouse «au moment de l’établissement des situations au 31.12.2005 ».

Sur le huitième point, le cabinet PWH a relevé que la BCM « a procédé en 2005 à l’assainissement de ses comptes en rendant sa situation nette débitrice », c’est-à-dire en entraînant la disparition pure et simple des capitaux propres.

Cela n’excuse pas pour autant Price Waterhouse, en dépit de ses réserves écrites, car pour être transparent, le cabinet international aurait dû également publier les termes de références de cet audit, car un audit externe a, avant tout, pour objet de relever les irrégularités de forme ou de fond des écritures initiées par le sujet audité, cela, dans le cas présent, à l’intention des mauritaniens, des partenaires et des tiers.

A lire les documents, on est saisi de malaise. Le capital de la première institution dont la direction est tant convoitée n’est pas à la mesure de son train de vie, ni de sa stratégie. Seulement 200 millions d’ouguiya !

Au vu des chiffres du tableau de résultats, il apparaît que la BCM vit elle-même sur le fonctionnement de la planche à billets ou par transformation des dépôts des banques ou des prêteurs institutionnels.

Elle aura, en effet, brillé par ses excès de dépenses : frais de personnel,  2, 5 milliards, frais généraux,  700 millions UM, dépenses d’assainissement des comptes, 6, 4 milliards UM. A signaler que pour équilibrer en partie les débits importants du compte de pertes et profits, une reprise de «provision à caractère de réserve » de 4, 1 milliards UM  a été enregistrée côté produits à fin 2005;

En fait, tout se passe comme si la BCM vit dans une tour d’ivoire, détachée d’un environnement bancaire et économique auquel elle impose des règles et des normes qu’elle ne respecte pas.

IOM


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