«Le cinéma joue un rôle important dans l’éveil des populations», déclare la ministre de la Culture   
26/10/2009

La Semaine Nationale du Film (Senaf) a ouvert ses rideaux le vendredi 23 octobre dernier dans les locaux de la nouvelle maison des jeunes de Nouakchott, sous la présidence de Mme Cissé Mint Cheikh Boyde, ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports en présence du président  de la Communauté Urbaine de Nouakchott Ahmed Hamza et d’autres personnalités.



Ce fut d’abord Mohamed Ould Idoumou, directeur de la Senaf, de rappeler les différents thèmes de la présente édition. Thèmes qui cadrent avec le contexte de la diversité linguistique et culturelle en Mauritanie. « Vivons ensemble » repose également la problématique de la cohabitation socio-culturelle en Mauritanie. Toutefois, les cinéastes ont martelé ce leitmotiv pour inciter les mauritaniens voire les peuples d’Afrique et du monde, à vivre en harmonie dans un monde en perpétuelle mutation.
Pour sa part, Mme la ministre s’est dite honorée de présider cette cérémonie d’ouverture de la Senaf qui « demeure une manifestation annuelle d’échanges culturels et artistiques féconds ». Elle a aussi salué les efforts de la Maison des Cinéaste et de ses partenaires sans qui «ce rendez-vous du donner et du recevoir n’aurait jamais atteint le stade d’un festival où la production cinématographique nationale et étrangère cohabitent et s’entraident pour que le cinéma dans notre pays parvienne à jouer son rôle en faveur d’un changement des mentalités capable de forger une nouvelle personnalité mauritanienne … ». Ce qui fait dire à madame la ministre que « le cinéma joue un rôle important dans l’éveil des populations, le rapprochement des cultures et des civilisations et constitue un terrain fertile pour le dialogue et la complémentarité au sein d’une diversité riche et enrichissante ».
S’adressant à nos hôtes, Mme Cissé Mint Cheikh Boyde leur a demandé «de porter dignement le message de la Mauritanie, un message de paix, de tolérance, de valeur et de culture ».
C’est dire que la présente édition de la Senaf va apporter du sang neuf à cette traditionnelle manifestation cinématographique. Car, la rencontre entre hommes de culture, l’échange d’expérience et les messages forts qui seront lancés en direction des citoyens mauritaniens, de l’Afrique et du monde, constituent des moments privilégiés pour encourager le dialogue interculturel dans un monde caractérisé par des conflits politiques, des crimes organisés et des idées extrémistes qui le minent. Un monde en perpétuel mouvement où le dialogue des cultures et des civilisations demeure une condition sine qua non pour effacer les barrières linguistiques et culturelles.
En tout état de cause, la Senaf de cette année qui a démarré par une cérémonie riche en couleurs, apportera, à coup sûr, sa contribution à ce dialogue tant souhaité par les leaders politiques du monde afin d’asseoir un monde apaisé et paisible.
Ibou Badiane
 
                         Le film d’ouverture d’Ethmane Diagana 

 

Le jeune Ethmane Diagana a réalisé un film qui a fait parler de lui tellement le thème a touché plus d’un observateur. « La couleur de mes amis » dans ce film, le réalisateur a voulu montrer la vie et la relation de ses amis dans l’environnement scolaire avec une certaine corrélation avec le politique.
Mais il s’est rendu compte enfin que ses interlocuteurs ont parlé des différences entre les composantes de la société mauritanienne. Certains ont révélé les barrières qui ont engendré des difficultés dans la cohabitation entre les négro-mauritaniens et les maures. « Lorsque je réalisais ce film, je ne m’attendais pas à ce genre de débat de cette génération de mauritaniens » indique-t-il.
«Pour moi, l’essentiel, c’était de mettre en relief la vie quotidienne de ces gens dans un milieu qu’il partage en commun », poursuit-il. Mais les observateurs qui ont suivi le film ont une autre vision de celui-ci. Et Ethmane de se défendre. «Les gens pensent que je veux donner une leçon de morale aux mauritaniens. Non, mais tout simplement ce qui m’intéressais c’est la manière de vivre leurs différences au quotidien conformément à leurs ethnies. Maintenant les gens sont libres de voir autrement. La diversité linguistique et ethnique fait la richesse de la Mauritanie mais quelque part, elle est source de problème. Après avoir filmé leur quotidien dans le milieu universitaire, dans les foyers, dans le milieu politique etc. je me suis rendu compte que les gens vivent leur diversité culturelle autrement. Ce qui m’a d’ailleurs touché, c’est qu’au moment du tournage, on sent que parmi les cinq personnages chacun essaie de pousser l’autre à l’accepter. On voit que la  jeunesse est consciente de ce qui s’est passé et veut effacer ces différences. Et cela suscite l’espoir d’autant plus que eux-mêmes, ils l’ont dit».
Evidemment, les personnages intervenant dans le film ont émis l’espoir de voir se réaliser l’unité nationale de la Mauritanie en dépit des problèmes qui ont longtemps miné cette unité.
Car, selon eux, l’amitié qui les lie aujourd’hui, peut bien aboutir à la naissance d’une autre Mauritanie. Une Mauritanie nouvelle et plurielle où toutes les ethnies qui la composent, vivront en harmonie parce qu’aujourd’hui, tout le monde sent la nécessité de vivre ensemble. Et c’est justement ce thème qu’a choisi la Maison des Cinéastes pour la Senaf 2009 : « Vivons ensemble ». Un thème qui justifie sa pertinence dans le contexte mauritanien.
Ibou Badiane
 


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