Semaine de la bande dessinée : Mystères, bulles, et gommes!   
22/05/2006

Du 16 au 19 mai, le Centre Culturel Français a accueilli et honoré la bande dessinée africaine et mauritanienne. L’occasion de découvrir (ou de redécouvrir!) les artistes mauritaniens sous-exposés, mais aussi des scénaristes et dessinateurs français invités pour l’occasion.



Avant cet évènement, rares sont nos compatriotes qui connaissaient l’existence d’auteurs mauritaniens du neuvième art. Il faut dire que le genre trouve très peu d’écho en nos terres ! Il y en a quand même! Abdoul Bâ, Cheikh Saleck, Ould Abdellah et Sow Ousmane ont porté haut la bannière de la bande dessinée mauritanienne, pendant les 4 jours de «lire en fête», à l’occasion de la parution de leur album Clin d’oeil des artistes. Ces artistes du crayon et du scénario étaient visiblement émus de pouvoir trouver des âmes attentives à leurs univers imaginatifs. Ils étaient accompagnés d’Emmanuel Lepage, auteur illustrateur français, aquarelliste, au vu de ses planches saisissantes de réalisme!
Serge le tendre était aussi de la partie. Le scénariste légendaire de la quête de l’oiseau du temps a orné le festival de sa fameuse moustache blanche. D’autres artistes, sénégalais (Odia, caricaturiste de presse), et burkinabé (Joël Salo, lauréat du concours vues d’Afrique à Angoulême en 2006) ont honoré la rencontre de leur présence.
La bande dessinée est un genre littéraire assimilé à de la «fadaise pour débiles mentaux» en Mauritanie. Ce préjugé est toujours présent dans les esprits (en Mauritanie en particulier) où il m’a été resservi durant la semaine. Pire ! On m’a posé la question:«la bande dessinée, a-t-elle un vocabulaire élevé?» (Sic).
L’occasion de partir dans un intense monologue explicatif des différents aspects et univers de la bande dessinée, au même titre que la littérature classique, ou que le cinéma. Dans tous ces genres, il y a des productions commerciales, mais aussi des œuvres d’art, de la poésie, des engagements politiques! C’est pareil donc en bande dessinée: le facteur «dessins» ne sous-entend pas que c’est une facilité qui contourne l’élaboration du contenu littéraire! Au contraire! La BD suppose une symbiose entre la vision d’un scénariste et d’un dessinateur.
Comme au cinéma, une bonne adaptation (en terme de réalisation) d’un livre ne peut se faire qu’en respectant l’univers et la vision de l’auteur littéraire. La bande dessinée a mûri avec les sociétés modernes: il y a une violence, un cynisme de plus en plus présent qui sont des reflets de nos réalités. Dans ce sens, ce support artistique peut servir de témoignage au même titre que les autres arts. La bande dessinée n’est donc pas pour les «demeurés», car elle explore un aspect de notre être qu’on a tendance à infantiliser: l’Imagination! Ce qui fait finalement de nous des hommes. C’est dans cette imagination que se trouve la poésie notamment, la faculté de cristalliser les plus puissants sentiments humains!
Ces aspects ont été rappelés lors de la conférence qui a porté sur le manga et la BD africaine, animée par Sébastien Langevin, journaliste français spécialisé en BD, et co-rédacteur en chef du magazine Le Virus Manga. Les conférenciers ont dressé quelques parallèles existant entre le manga et la Bd africaine, analysés au prisme du métissage international des littératures graphiques.

Par Mamoudou Lamine Kane
mamoudoukane@hotmail.com


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