Enfants disparus : La Première dame invite les différentes parties prenantes à conjuguer leurs efforts   
01/03/2022

Une rencontre de concertation pour la coordination des efforts de lutte contre le phénomène des enfants perdus, a démarré, ce lundi, à l’Académie diplomatique de Nouakchott.



L’activité, qui se déroule sur deux jours, est organisée par le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation en partenariat avec trois associations, et placée sous le haut patronage de la Première Dame, Dr. Mariem Fadel Dah. Il est attendu de ces travaux, la constitution d’un comité conjoint pour la coordination, le suivi et l’amélioration des plans d’actions afin de mieux combattre le phénomène des enfants disparus.

Dans un mot qu’elle a prononcé, pour l’occasion, la Première Dame, a déclaré que ces concertations s’inscrivent dans le cadre des efforts des pouvoirs publics pour l’amélioration des infrastructures, l’expansion d’institutions et le renforcement du package de prestations sanitaires et sociales, au profit des enfants ayant des besoins spécifiques.

De plus, elle a souligné que l’extrapolation des données recueillies au niveau national et international, relatives à la prolifération de cas d’enfants disparus, montrent à suffisance la pertinence des mesures récentes qui ont été prises par les pouvoirs publics. Selon elle, sur cinq personnes atteintes de troubles du spectre autistique dans le monde, quatre d’entre eux se perdent. En Mauritanie, ajoute-t-elle, une dizaine de cas est recensée en moyenne, chaque mois.

Revenant sur le contexte, elle a souligné qu’il était nécessaire d’intégrer d’autres acteurs à la gestion de ces cas et d’assurer une meilleure coordination entre les différents intervenants.

Afin de surmonter les difficultés et tendre vers le bien-être des enfants, la Première Dame a appelé toutes parties prenantes à poursuivre leurs efforts, et miser sur la complémentarité pour optimiser les interventions, prévenir et répondre efficacement aux cas qui peuvent survenir.

De son côté, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, M. Mohamed Salem Merzoug, a indiqué l’évènement est en phase avec les objectifs du projet de société du Président de la République relatif l’éducation et l’épanouissement des enfants, ainsi des initiatives de la Première Dame. D’après lui, ces concertations montrent que les autorités sont conscientes des efforts nécessaires pour faire face au phénomène des enfants disparus, d’une part, et de s’accorder sur une vision globale devant permettre de mieux coordonner les travaux entre les différentes parties prenantes.

Ainsi, un programme a été mis sur pied, afin de surveiller des zones identifiées comme étant vulnérables face au phénomène d’enfants disparus, a déclaré le ministre.

Le même programme prévoit un mécanisme de coordination plus fluide, avec les centres de protection et d’insertion du ministre de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, des centres dédiés aux enfants et associations pour enfants autistes.

Numéro vert : 191

Au vu de l’augmentation croissante du nombre de signalements d’enfant disparus, le ministère de l’Intérieur, à travers la direction générale de la sûreté nationale, a œuvré aux côtés d’associations pour l’attribution d’un numéro vert (gratuit) 191. Cette ligne, selon le ministre, est active 24h/24, et est placée sous la supervision d’équipes spécialisées.

Angoisse des parents

Nombreux sont les parents d’enfants autistes à être pris de panique, parce que leur enfant était sorti de leur champ de vision pour une multitude de raisons. Fatimata Cissé, présidente de l’association « le monde des enfants heureux », nous raconte sa mésaventure; à travers une capsule vidéo projetée lors de la cérémonie d’ouverture.

« J’ai amené mon enfant à Kaédi pour la première fois lorsqu’il avait 3 ans ». L’enfant a suivi son père à la prière du vendredi. A son retour de la mosquée, au moment du repas, on a constaté qu’elle (sa fille ndlr) n’était pas là. Vous imaginez une fille autiste de trois ans, non verbale (…) cette angoisse d’une mère, je la ressens encore aujourd’hui ».

Initiatives…

Après ce récit poignant, Fatimata Cissé nous explique les péripéties qui ont conduit à la mise en place du numéro vert. « J’ai rencontré Dr Mariem Fadel, on a travaillé ensemble. Un jour, elle m’a demandé qu’est ce qu’on peut faire (...) On a suggéré de mettre sur pied un numéro vert. Le déroulement du numéro vert c’est tout un processus. On a été voir le ministre de l’intérieur qui va faciliter la tâche et fait le lien avec les wali. A partir des walis on a eu accès aux commissariats ».

Mais au fur et à mesure qu’ils visitent les commissariats et brigades, ses collègues et elles se sont rendues compte que « ce numéro vert ne doit pas seulement concerner les personnes autistes, mais toutes les personnes en situation de handicap ».

…le système

Afin de faciliter la localisation d’un enfant disparu, les associations font preuve d’ingéniosité. Aissata Sall, mère d’un enfant autiste âgé de 11 ans et coordinatrice de l’association citée plus haut, explique : « chaque enfant que nous suivons a un collier avec une plaquette sur laquelle est inscrite son nom, et les deux numéros de téléphone de ses parents ». Ceci, d’après elle, permet de multiplier les chances de retrouver les enfants rapidement. Car, poursuit-elle, de « nombreux enfants ont un trouble du comportant et/ou du langage » et donc il est important de trouver le moyen d’appeler directement les parents.

Visite des stands

A la fin de cérémonie d’ouverture, les participants ont visité des stands tenus par les différentes parties prenantes. Le tour des stands permet de comprendre le processus d’activation du mécanisme d’alerte ainsi les moyens à disposition pour héberger les enfants, le temps d’entrer en contact leurs parents. Ceci est possible à travers la coordination avec les centres de protection et d’intégration sociale de l’enfance.

Un centre pionnier

Outre la visite des stands, les participants ont été invités à suivre des présentations et des conférences autour de la problématique des ayant des besoins spécifiques de façon générale et des autistes en particulier. On apprend ainsi que sur les deux dernières années, le centre Zayed pour les enfants autistes, qui est le premier centre spécialisé sur le traitement et la réhabilitation des enfants autistes en Mauritanie, a dispensé un total de 25 840 séances individuelles sur le plan éducatif et paramédical. De même, le centre propose un service de diagnostic gratuit et des séances de coaching à l’intention des parents d’enfants autistes, entre autres.

Coordination, suivi et évaluation

De son côté, l’association « Unis pour eux » qui figure parmi les trois structures qui organisent cette rencontre en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, souhaite que les instances compétentes de la société civile puissent contribuer davantage, à l’élaboration des politiques publiques et de suivre leur mise en œuvre sur le terrain.

Au sortir des deux jours d’ateliers, les organisateurs entendent mieux coordonner leurs efforts, développer les mécanismes d’intervention et mobiliser les partenaires au développement ainsi que les médias pour participer à la lutte contre le phénomène des enfants disparus.

Ils peuvent, d’ores et déjà, compter sur l’engagement réitéré du ministère de l’intérieur, « à garantir la sécurité et la tranquillité de tous, notamment en assistant les parents dans les recherches et la gestion des cas d’enfants disparus ».
AMI


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