Nouakchott: Le PM présente le bilan de l'activité du gouvernement pour l'année 2021 et les perspectives de de 2022   
28/01/2022

Le premier ministre, M. Mohamed Ould Bilal a présenté, jeudi au siège de l’Assemblée nationale à Nouakchott, le bilan de l’activité gouvernement pour l’année 2021 et les perspectives de 2022.



 Dans son discours bilan, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement a continué sans relâche à œuvrer, d’une part, à alléger les effets négatifs de la covid-19 sur les populations notamment les plus vulnérables, et d’autre part à relancer l’économie afin d’amorcer une croissance plus inclusive, créatrice d’emplois et orientée vers la réduction des inégalités.

Voici l’intégralité du discours du Premier ministre

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale

Mesdames et Messieurs les Députés,

J’ai l’honneur de m’adresser aujourd’hui à votre auguste Assemblée pour vous présenter, conformément à l’article 73 de la Constitution, le bilan de l’action du Gouvernement pour l’année 2021 et les grands axes de son programme au titre de l’année 2022.

Mais permettez-moi tout d’abord de saisir cette opportunité pour vous adresser mes meilleurs voeux à l’occasion du nouvel an et mes félicitations sincères pour le nouveau siège de votre Assemblée, en espérant que sa plus grande capacité d’accueil et son meilleur équipement contribueront à alléger le fardeau du travail titanesque que vous abattez, inlassablement, chaque jour, au service de l’État et de la Nation.

Je tiens aussi à vous renouveler l’expression de mes vifs remerciements pour l’appui précieux que vous avez bien voulu continuer à apporter aux mesures prises par le Gouvernement en exécution des orientations stratégiques de Son Excellence le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, pour faire face à la persistance de la pandémie de Covid-19 qui continue à sévir pour la deuxième année consécutive. Je demande à Allah Le Tout Puissant Rahma Wa Elghoufran aux personnes chères que nous avons perdues ; et nous souhaitons une guérison rapide Inchallah à celles qui sont encore malades. Le Gouvernement a continué sans relâche à oeuvrer, d’une part, à alléger les effets négatifs de cette pandémie sur les populations notamment les plus vulnérables, et d’autre part à relancer l’économie afin d’amorcer une croissance plus inclusive, créatrice d’emplois et orientée vers la réduction des inégalités.

Comme c’était déjà le cas en 2020, le Gouvernement est resté actif et vigilant sur plusieurs fronts en 2021. Nous avons, en effet, continué à gérer au mieux la problématique de la hausse des prix des denrées de première nécessité ; l’accès à la vaccination contre la Covid 19 de nos citoyens ; et l’insécurité dans nos villes. Cela sans préjudice : aux efforts déployés pour la réalisation de la justice sociale en luttant contre la pauvreté, la précarité, l’injustice et l’exclusion ; à la consolidation de l’économie nationale pour la rendre plus résiliente.

Bien entendu, en dépit de la conjoncture internationale difficile, le Gouvernement s’est attelé avec détermination à mettre en œuvre le programme politique sur la base duquel a été élu son Excellence M. le Président de la République.

A titre de rappel, ce projet s’appuie sur une vision économique, sociale et sociétale ambitieuse qui s’articule autour des principaux axes suivants :

1. Un Etat fort moderne et au service du citoyen ;

2. Une économie résiliente et engagée sur le chemin de

L’émergence ;

3. Un capital humain valorisé au service du développement ;

4. Une société fière de sa diversité et réconciliée avec elle-même.

Monsieur le Président

Mesdames et Messieurs les Députés,

La construction d’un État fort pour assurer l’intégrité et pérenniser

L’indépendance du pays ; moderne pour soutenir un développement socioéconomique harmonieux et suffisamment proche du citoyen pour le servir et lui garantir ses droits, tel est le fondement du projet de société porté par le Président de la République.

Pour concrétiser ce projet, la priorité a été accordée à la mise en place d’institutions fortes, à l’adoption d’un modèle de gouvernance basé sur la continuité de l’action publique, et à la construction par capitalisation des expériences et des acquis positifs légués par les différentes générations. En ce sens, le Président de la République exprime cette

Conviction à travers ses engagements en affirmant que « le développement des sociétés dépend de la place et du rôle que jouent des institutions de qualité, seules garantes de la stabilité et de la justice. » Il poursuit en disant : « mes efforts seront orientés vers le renforcement des institutions et la mise en place de mécanismes de coopération et de collaboration utiles à leur fonctionnement harmonieux, au profit de nos citoyens et de notre collectivité nationale ».

Convaincu de la force et de l’importance du respect de la loi, le Président de la République disait à Ouadane : « Je voudrais à cette occasion insister fortement sur le fait que, par la force de la loi, l’Etat continuera à préserver l’unité nationale, la dignité, la liberté et l’égalité de tous les citoyens quel qu’en soit le prix. Tout comme il n’instituera aucun privilège ou devoir sur la base d’une appartenance quelconque autre que celle à l’Etat. »

Cette vision portée par l’engagement du Président de la République relative à la « création des conditions appropriées pour permettre àl’appareil judiciaire de jouer pleinement son rôle dans le cadre de l’État de droit» s’est reflétée dans l’action gouvernementale dans ce domaine.

De façon plus spécifique, et dans le cadre du renforcement de l’indépendance de la justice, la législation matérielle et procédurale relative à la protection des droits de l’homme et à la lutte contre la criminalité a été actualisée, l’usage des nouvelles technologies dans l’administration judiciaire a été introduit, et l’inspection judicaire a été réactivée.

Pour mieux gérer l’accès des plus démunis au service judiciaire, des bureaux de l’assistance judiciaire ont été installés dans les capitales des wilayas, en plus de l’assistance judiciaire aux enfants en conflit avec la loi, la révision du système judiciaire et institutionnel des médiateurs et la mobilisation des moyens financiers pour améliorer leurs conditions.

Et pour corriger les dysfonctionnements du parcours professionnel des magistrats et leur classement, les textes y relatifs ont été révisés, et leurs revendications liées à l’âge de départ à la retraite et à l’amélioration de leurs conditions matérielles acceptées. Dans la foulée, le service judiciaire a été renforcé par l’engagement de nouveaux magistrats, de fonctionnaires pour les secrétariats des greffes ; et par la sélection d’assistants des jurés dans les bureaux de notariat.

Dans le cadre de la réforme du système carcéral, un plan d’action englobant l’élaboration d’un projet de loi cadre organisant ces institutions, et encourageant la réinsertion des détenus dans la société a été mis en place. Le Gouvernement a œuvré à l’amélioration des conditions de détention en rehaussant le niveau de vie et des services sanitaires pour les détenus, et la protection de leurs droits fondamentaux.

Des mesures pratiques ont été prises pour diminuer la surpopulation carcérale dans plusieurs centres de détention. Ces efforts se poursuivront en 2022 pour consolider l’indépendance de

la justice à travers le renforcement des compétences des magistrats et de leur spécialisation juridique, l’affermissement de l’aide judiciaire, la révision de la répartition spatiale des tribunaux pour alléger leurs charges et faciliter l’accès à la justice.

Le Gouvernement continuera, à encourager les résolutions amiables des conflits, à renforcer le système d’administration des affaires civiles et à adopter des alternatives aux sanctions négatives. Il s’attellera aussi à moderniser la politique pénale pour mieux l’adapter à combattre l’évolution de la criminalité sous toutes formes et méthodes. Dans le même temps, les programmes de construction et d’équipement des sièges pour les tribunaux et palais de justice vont continuer, avec 20 tribunaux de moughata et 2 palais de justice à Nouakchott.

En matière de protection et de promotion des droits de l’homme, le Gouvernement a lancé un processus de préparation d’une stratégie nationale de promotion et de protection des droits humains qui devra constituer une référence essentielle de la politique générale du Gouvernement en termes d’accomplissement des droits civils, politiques, sociaux, économiques et culturels.

Concernant la lutte contre la traite des personnes, le Gouvernement a poursuivi la mise en œuvre du plan d’action national dans ce domaine, en organisant 19 ateliers de formation et en finançant 6 campagnes de sensibilisation sur les lois incriminant l’esclavage et la traite des personnes au profit des agents publics concernés par cette question et les acteurs de la société civile au niveau national.

Pour ce qui est de la lutte contre les nouvelles formes d’esclavage, une table ronde avec les partenaires et les acteurs concernés a été organisée sur les modalités d’application de la loi portant incrimination de l’esclavage et réprimant les pratiques esclavagistes. Elle a fait des recommandations importantes dont la mise en œuvre a commencé par une circulaire qui incite les agents judiciaires et les forces de l’ordre à appliquer avec rigueur cette loi. Un suivi rapproché de la mise en œuvrede ces recommandations sera instauré.

Le renforcement de la cohésion sociale est, en effet, un élément important pour le Gouvernement. C’est pourquoi un prix national des droits de l’homme et de la cohésion sociale a été institué pour constituer l’expression de la reconnaissance par les hautes autorités du pays des efforts des défenseurs des droits de l’homme et de ceux qui participent au renforcement de l’unité nationale. Les engagements internationaux de notre pays en matière de droits de l’homme ont été admis à 76% lors du passage réussi de notre pays m’année dernière devant l’instance du Conseil des Droits de l’Homme.

En 2022, une instance nationale de lutte contre la traite des personnes et le trafic des migrants sera mise en place, et le programme du vivre ensemble « Taayouche » sera lancé à travers des projets ciblant les jeunes et les femmes, en collaboration avec les organisations de la société civile.

Sur le plan diplomatique, le Gouvernement s’est attelé à mettre en œuvre l’engagement du Président de la République qui veut que « notre pays développe une diplomatie dynamique et proactive, en cherchant en permanence le consensus et œuvrant pour le maintien de la paix et

de la sécurité. La double appartenance de notre pays au Maghreb et à l’Afrique dicte la solidarité avec l’ensemble arabo-africain. » Dans cette optique, l’accent a été mis sur la redynamisation de la coopération bilatérale et multilatérale, et l’impulsion des concertations aux plus hauts niveaux avec les pays frères et amis. Une priorité a été accordée à notre environnement Sahélo-Saharien en faisant du G5 Sahel un levier essentiel pour une coopération sous régionale susceptible de promouvoir la paix et la stabilité au Sahel.

En direction des Mauritaniens de l’étranger, des efforts importants ont été déployés, notamment en leur permettant de garder leur nationalité mauritanienne lors de l’accès à une autre nationalité, mettant ainsi fin à une situation qui a longtemps pénalisé nos expatriés et compliqué leurs conditions de vie à l’étranger. Toutes ces actions seront consolidées et poursuivies en 2022, dans une dynamique proactive qui approfondira la coopération bilatérale et multilatérale, tout en privilégiant les canaux de coopération économique, commerciale et culturelle, et en valorisant notre vision et notre contribution en matière de démocratie, de développement, de culture, de justice sociale et de droits de l’homme.

En ce qui concerne la défense et la sécurité, les efforts déployés au cours de l’année écoulée se sont concentrés sur la dynamisation et l’opérationnalisation de toutes les structures du secteur. Ces efforts se sont traduits par l’amélioration des conditions de vie des personnels en

termes de logement, de subsistance et de salaires, l’élévation du niveau d’enseignement dans les établissements de formation, du niveau de l’entrainement opérationnel des unités et l’augmentation de son rythme, avec le renforcement et le développement de l’infrastructure militaire.

De manière plus spécifique, les forces armées et de sécurité ont renforcé le réseau de sécurité et de contrôle de l’ensemble du territoire national, et ont développé leurs capacités d’autonomie tout en diversifiant la coopération aux niveaux régional et international.

A cela s’ajoute la participation au processus de développement national par le biais d’unités et d’éléments travaillant aussi bien dans le domaine de la production agricole que de la construction d’infrastructures ou dans les hôpitaux.

Pour l’année en cours, les efforts se poursuivront pour renforcer les acquis, accroître la capacité opérationnelle des unités, moderniser et professionnaliser les forces, renforcer le réseau de sécurité, développer les infrastructures de service et de logistique. À cette fin, les différentes branches des forces armées seront pourvues d’équipements modernes et de munitions compatibles avec les différentes missions qui leur sont confiées ; et bénéficieront d’exercices, de manœuvres périodiques et de formations pour maintenir les plus hauts niveaux de préparation.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le Président de la République a dit : « l’intégrité de notre territoire, la quiétude et la sécurité de nos concitoyens sont inscrites dans nos priorités. Aucune tolérance sur ce volet n’est admise. »

A cette fin, le Gouvernement a entrepris une série de réformes à la faveur desquelles les différents corps de sécurité ont connu une profonde mutation, qui s’est traduite par la clarification de leurs missions, le renforcement de leurs capacités opérationnelles etd’intervention, en plus de leur adaptation aux nouveaux enjeux et exigences liés à l’évolution de la société et au contexte géopolitique du pays.

Dans ce cadre, la Police Nationale a été dotée d’un Centre de Télésurveillance par caméras intelligentes à Nouakchott ; et un processus a été lancé pour la doter d’un laboratoire multifonctionnel d’analyses génétiques et de détection des substances prohibées ou dangereuses.

Le Groupement Général de la Sécurité Routière a bénéficié de moyens mobiles modernes de contrôle, notamment des radars portatifs, et a développé de bonnes capacités proactives et réactives grâce aux numéros verts exclusivement dédiés aux accidents de la route et autres

interventions d’urgence.

Dans le même registre, l’ancienne Direction Générale de la Protection Civile a été élevée au rang de Délégation Générale à la Sécurité Civile et à la Gestion des Crises ; et un plan quadriennal de renforcement et de modernisation a été lancé afin de faire de cette institution un véritable corps de la Sécurité Civile, apte à gérer les catastrophes et les crises les plus complexes.

C’est ainsi que la couverture territoriale par les services de sécurité a été améliorée, par la construction et la réhabilitation de 18 commissariats et locaux de police, la construction des sièges de 2 directions régionales du GGSR à Nouakchott et l’ouverture de 4 directions régionales à l’intérieur du pays (Rosso- Kaédi- Aleg et Kiffa).

Afin d’accompagner l’évolution de la société en matière d’urbanisation et de rapprocher le service de sécurité du citoyen, des commissions de sécurité au niveau des différentes subdivisions administratives ont été formalisées, et une police de proximité au niveau de Nouakchott mise en place. A cela s’ajoute la gestion partagée en temps réel, au niveau des

commissariats de police de Nouakchott, des informations et mentions enregistrées quotidiennement dans les registres des services de police.

Ces efforts ont permis un recul de l’ordre de 50% de la délinquance et de la criminalité urbaine.

Des recrutements et formations successifs ont permis de renforcer significativement les services de sécurité de 2.350 éléments, dont 430 pour la Gendarmerie, 1.500 pour la Police, 300 pour la Sécurité Routière et 120 agents pour la Sécurité Civile.

Dans le domaine de la surveillance du territoire et de lutte contre l’immigration clandestine, la mise en œuvre de la stratégie dans ce domaine a donné des résultats satisfaisants, qui se sont traduits par la reconduction à la frontière de plus de 7.000 étrangers en situation irrégulière, et le démantèlement de 73 filières de trafic de migrants. Qui plus est, grâce à la vigilance de nos services de sécurité, on observe une décrue sensible pour la troisième année consécutive des départs des migrants irréguliers à travers notre littoral.

Dans le domaine de l’Etat Civil, l’action du Gouvernement s’est focalisée sur la consolidation du Système Intégré de Gestion des Populations et des Titres Sécurisés, l’identification des obstacles techniques qui entravent l’accès de tous les Mauritaniens à l’intérieur et à l’étranger à leurs papiers d’état civil, ainsi que l’accélération du processus d’enrôlement des citoyens. A ce niveau, l’approche participative mise en œuvre a permis de résoudre les cas problématiques a donné des résultats positifs. C’est ainsi que sur 6.672 cas traités, 3.754 cas on fait l’objet de fiches d’identification définitives et à l’obtention de NNI.

Cet effort sera poursuivi, avec l’automatisation de l’enregistrement à la source des actes d’état civil, et l’amélioration des capacités de l’administration territoriale en matière de collecte des données administratives et sectorielles.

Pour rapprocher l’administration territoriale des citoyens et adapter ses structures à leur environnement juridique, institutionnel et social, le Gouvernement a procédé à la création de six nouvelles moughata tout en engageant un processus de révision des textes fondamentaux en la matière, notamment l’ordonnance relative à la réorganisation de l’administration territoriale. En termes de renforcement des infrastructures, on note la construction des bureaux des Wilaya du Hodh El Gharbi de Dakhlet Nouadhibou et de l’Inchiri, l’achèvement des sièges des deux conseils régionaux à Nouadhibou et Sélibabi, la construction des bureaux et résidences des Hakem d’Aioun, Tamchekett, Koboni, Sélibabi, Maghama, Boghé, Bababé, Kaédi, M’Bagne, Akjoujt, Wad Naga et Kankossa, et la réfection des résidences et bureaux des Hakem de Tintane, de Twil et d’Ain Farba.

Conscient des retards importants de développement socioéconomiques de la bande frontalière allant du Guidimagha au Hodh Chergui, le Gouvernement s’est investi cette année à la formulation d’un programme de développement multisectoriel et intégré au profit des villages situés sur cette bande dans le but de bien les intégrer et les mettre à niveau. Il s’agit notamment de la réorganisation administrative de l’espace par la création de nouvelles moughata, de projets de désenclavement, d’assistance et de soutien aux ménages les

plus démunis; de la réalisation de microprojets et d’activités génératrices de revenus au profit des femmes et des jeunes; et de la mise à niveau progressive et simultanée des infrastructures sanitaires, scolaires, électriques et hydrauliques. La mobilisation du financement du développement régional du Hodh Chargui, novembre dernier, en est l’illustration qui se généralisera aux autres Wilayas.

L’année 2022 verra la formulation et la mise en œuvre d’une Stratégie Nationale de Sécurité Urbaine, l’extension des systèmes d’alerte et d’appels d’urgences à l’échelle du territoire, la mise en service des dispositifs de Contrôle et de Surveillance à distance des grands axes et

des lieux publics à Nouakchott, le renforcement des capacités des services de la police de secours, des équipes opérationnelles et des circuits de collecte d’information, ainsi que la consolidation des systèmes de prévention, de contrôle et de répression des crimes, la construction et l’équipement d’un laboratoire moderne de la Police scientifique. Elle sera marquée aussi, par l’élaboration d’un nouveau cadre de la déconcentration, avec la révision de l’ordonnance relative à l’organisation de l’administration territoriale et de ses textes d’application, la réorganisation des structures de la wilaya et l’opérationnalisation des moughata nouvellement créées.

La coordination et le suivi au niveau des administrations territoriales seront également renforcés, à travers le développement d’outils d’orientation, de contrôle et d’évaluation des activités des autorités administratives, la définition des attributions et tâches découlant des missions confiées aux différentes catégories professionnelles de l’administration territoriale, et le lancement d’un processus de sauvegarde et de numérisation des archives des circonscriptions administratives.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

En matière de développement local et partant du fait que le mode de gouvernance inadapté du système contribue fortement à la faiblesse des résultats, le Gouvernement a accordé une importance capitale à la décentralisation du pilotage et la responsabilisation des différents

échelons de gestion.

En effet, les premières actions de la feuille de route de la Stratégie Nationale de Décentralisation et de Développement Local à l’horizon 2030 ont été réalisées. Il s’agit notamment de la mise en place du Haut Conseil de la Décentralisation, de l’initiation des conventions de transfert de compétences entre l’Etat et les Conseils Régionaux et du renforcement des capacités des Communes et des Acteurs de la Décentralisation.

Par ailleurs, le Gouvernement a lancé les programmes de Développement Economique Local et Initiatives Communales au profit des collectivités territoriales (régions et communes). Ces programmes financent la réalisation et la réhabilitation des infrastructures communales de base dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de l’environnement, ainsi que des projets de développement économique ou de gestion concertée des ressourcesnaturelles. Dans ce cadre, plus de 270 projets sont réalisés, en cours de réalisation ou en phase de préparation au profit des communes notamment dans les wilayas du Hodh Chargui, du Hodh Gharbi et du Guidimagha.

En 2022, de grandes réformes seront introduites et porteront notamment sur l’adoption d’un Code des Collectivités Territoriales et d’un plan directeur de transfert de compétences vers les structures décentralisées.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

« La préparation en cours du lancement d’une concertation nationale inclusive, dans laquelle personne n’est exclu, et aucun sujet n’est tabou, préfigure de l’ancrage progressif chez nous de la tradition d’ouverture et de concertation responsable, et comme une approche fondamentale de gestion des affaires publiques. » comme disait le Président de laRépublique. Dans ce cadre, ces concertations seront menées jusqu’à leur terme. Et avec la participation de tous.

Ainsi le Gouvernement s’est attelé à l’encadrement et la professionnalisation de l’espace associatif à travers la promulgation, en 2021, de la loi qui consacre le système déclaratif au lieu du système d’autorisation préalable ; l’adoption de la stratégie nationale de promotion de la Société civile ; la mise en place d’une plateforme numérique pour l’enregistrement et le suivi des associations ; puis des plateformes régionales dans toutes les Wilayas du pays. Ce processus sera parachevé au cours de l’année 2022, avec l’élection des instances de la Plateforme nationale et son opérationnalisation.

Le renforcement du cadre juridique des libertés associatives continuera à travers l’élaboration d’un nouveau mode d’élection de leurs représentations et d’un nouveau mécanisme d’accréditation et de suivides ONG internationales.

Et en termes de libertés en général, celle de la presse est fondamentale dans un Etat de droit. Ainsi, dans le but de fournir l’information de qualité et au bon moment à tous les citoyens, les recommandations de la commission ad-hoc de réforme du service public d’information ont connu un début de mise en oeuvre, avec l’ouverture de 6 bureaux régionaux de la TVM, 4 bureaux régionaux de l’AMI et 3 nouvelles stations radio. Dans le cadre de la spécialisation, une radio scolaire a été lancée à Nouakchott, ainsi qu’une radio culturelle. La couverture FMde Radio Mauritanie a été élargie pour couvrir les moughata de Ghabou et Benichab, ainsi que plusieurs localités des régions des 2 Hodhs ; et les financements pour la construction d’une maison de la presse sont en cours de mobilisation.

En 2022 huit nouvelles stations de radios locales seront ouvertes à Bir Moghrein, Kobenni, Walata, N’Beiket - Lehwach, Djiguenni ,Foum-Legleita, et Kermacèn ; en plus de 3 nouvelles Radios thématiques: Jeunesse Sahel à Nouakchott, Jeunesse Rurale à M’Bout et Santé et population à Timbédra.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

L’Islam, avec ses valeurs de justice, d’équité, de solidarité, de fraternité et de tolérance, est au coeur de notre identité nationale inclusive, et constitue la principale source de rayonnement de notre pays et de résilience de notre société. Dans ce cadre, le Président de la République disait : « La défense de notre sainte religion et la promotion de ses véritables valeurs de tolérance continueront à guider l’intégralité de mon action. Je n’accepterai aucune atteinte à ses valeurs tout en refusant aussi toute instrumentalisation de notre religion, ciment de notre unité nationale ».

Fort de ce principe, le Gouvernement a accordé une grande attention à l’action islamique dans toutes ses dimensions. C’est ainsi que le soutien aux oulémas, aux imams et aux étudiants de nos mahadras s’est poursuivi, de même que la valorisation de leurs efforts, l’encouragement et la récompense de leur excellence dans les sciences religieuses et linguistiques. Cet effort au a été couronné par le Prix du Président de la République pour la récitation et la compréhension des manuels d’usage au sein de la Mahadra, dont la première édition a été organisée en décembre 2021.

Pour contrecarrer le discours extrémiste, des outils ont été développés, dont notamment un guide méthodologique et un glossaire Français-Arabe-Poular des termes relatifs à la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme. Onze chaires scientifiques spécialisées ont également

été créées dans la chaîne Al- Mahadra afin de diffuser les sciences islamiques exactes, coupant ainsi l’herbe sous les pieds des propagateurs du discours de l’extrémisme.

Les mosquées, lieu central de notre religion, ont été visées en premier :

36 ont été rénovées et équipées, et des aides alimentaires ont été

distribués à 1.000 autres ; 1.200 imams et 400 muezzins qui bénéficient

déjà de salaires mensuels ont profité d’une assurance maladie, tandis

que 3.900 autres ont eu des subventions annuelles.

Plus de 40 mosquées seront construites dans le pays cette année, tandis

que 90 mosquées existantes seront équipées et restaurées avec une

prise en charge des frais d’eau et d’électricité pour 600 d’entre elles.

Aux derniers mois de l’année écoulée, une Maison pour le Saint Coran a

été créée et un comité permanent de spécialistes y a été chargé de

contrôler les éditions importées et d’éditer une édition propre à la

Mauritanie.

Dans le domaine des Awghaf, 30 établissements commerciaux et de services ont été construits et mis en exploitation, générant ainsi une rente stable qui a permis d’accroître l’intervention au profit des mosquées et des nécessiteux. Un projet de loi régissant l’institution des Awghaf, contrôlant et protégeant son patrimoine sera préparé cetteannée ; et les textes créant une institution nationale de la zakat et un institut de formation des imams et des prédicateurs seront élaborés.

Dans le cadre de la lutte contre l’analphabétisme, 3.500 apprenants ont été alphabétisés. Et 160 salles de classe seront ouvertes l’année prochaine au profit de 4.000 analphabètes de plus de 15 ans dans les zones les moins favorisées. Les établissements d’enseignement supérieur islamique connaîtront une amélioration dans les conditions de formation, d’infrastructure, en plus de l’organisation d’un concours de recrutement de 22 professeurs de l’enseignement supérieur au profit de la Grande Mahadra Chinguitiya.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le Président de la République a dit dans son discours à l’occasion de L’Indépendance nationale en novembre dernier : « Nous continuerons également à mettre l’accent sur la réforme de l’administration, car il n’est plus acceptable que notre administration ne soit pas plus proche du citoyen, plus à son écoute, et plus présente à lui répondre et à résoudre ses problèmes. Un citoyen doit pouvoir effectuer ses démarches administratives avec souplesse et aisance, obtenir les éclaircissements dont il a besoin, accéder diligemment et dignement à ses droits, du seul fait de sa qualité de citoyen. »

Cette orientation s’inscrit dans le cadre de la ferme volonté du Président de la République de mettre en place une administration assurément au service du citoyen. Cela se traduit par les efforts successifs déployés depuis deux ans par le Gouvernement, à travers, notamment, l’installation des bureaux «Khadamaty» pour améliorer et faciliter l’accès des citoyens aux services administratifs.

Cette vision ne peut se faire sans l’introduction des nouvelles technologies dans le fonctionnement quotidien des services, le renforcement des capacités des ressources humaines et des structures en charge de l’inspection, du suivi évaluation de la performance des administrations.

Ainsi, au niveau de la Fonction Publique, les réformes engagées ont permis la mise en œuvre du cadre légal et réglementaire de la gestion des ressources humaines, notamment à travers la création de nouveaux corps de fonctionnaires à la police environnementale, aux affaires islamiques et enseignement originel et au commerce et contrôle économique ; tout comme les statuts particuliers des corps de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de la santé, de l’enseignement fondamental et secondaire ont été révisés, ainsi que le système de rémunération des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat.

En 2022 et dans le cadre du parachèvement du cadre statutaire de la fonction publique, des projets de statuts pour la gestion des personnels des collectivités territoriales et des établissements publics à caractère administratifs seront élaborés. Aussi, pour professionnaliser le contrôle, un projet de statut spécial pour les membres des corps de contrôle sera élaboré.

En 2022, le Gouvernement continuera la modernisation de la fonction publique nationale, notamment par la révision de la loi portant statut général des fonctionnaires et agents contractuels de l’Etat, la mise en place d’un nouveau régime de pension au niveau de la caisse de retraite, la finalisation de la mise en place du régime de contractualisation dans la fonction publique ; l’actualisation et la finalisation du système intégré de gestion des personnels de l’Etat ; ainsi que l’élaboration d’une charte déontologique du service public. Par ailleurs, pour redynamiser l’appareil administratif et renforcer les capacités de ses ressources humaines, un vaste programme de renforcement des capacités de l’administration publique a été mis en Pauvre. Dans ce cadre, 1895 fonctionnaires et agents de l’Etat ont bénéficié de Perfectionnements à l’ENAJM sous forme de 76 sessions de formation continue. Ils ont été formés dans des disciplines aussi variées que la communication, l’assistance administrative, la gestion des ressources humaines, le contrôle et l’inspection, l’archivage, le classement des documents, les langues (Arabe, Français), la rédaction administrative, les relations publiques et la bureautique.

Dans le domaine du travail, l’âge limite de la retraite a été prorogé de 60 à 63 ans, et la condition d’âge de la veuve pour bénéficier de la pension de survivant, qui était fixé à 50 ans, a été supprimée. En outre, le rehaussement du plafond des cotisations dues à la CNSS ont permis une valorisation substantielle des pensions des employés soumis au régime de la sécurité sociale de 60%.

Et pour promouvoir l’application de la législation sociale au profit des travailleurs et des entreprises régies par le code du travail et la convention collective, il était nécessaire de renforcer les effectifs en charge de son application. C’est ainsi que l’ENAJM a achevé la formation de 60 inspecteurs et contrôleurs du travail et 57 cadres de sécurité sociale. Par ailleurs, l’interconnexion des principales agences régionales de la CNSS avec son siège à Nouakchott, l’ouverture de plusieurs services médicaux renforcés de l’Office national de lamédecine du travail à Nouakchott, Zoueirat, Nouadhibou et Akjoujt, ainsi que l’acquisition d’un laboratoire de toxicologie et de nuisance rentrent dans le cadre du rapprochement de ces services des assurés sociaux.

Dans le même cadre, la réforme de la gestion de la main d’œuvre portuaire a été achevée par le règlement définitif de la problématique des dockers en leur permettant de jouir de leurs droits à la retraite et à l’assurance maladie.

En 2022, la réforme de la législation sociale connaîtra le parachèvement des réformes déjà lancées. Il s’agit entre autres de : (i) l’adoption d’un nouveau Code du Travail ainsi qu’une nouvelle convention générale du travail ; la révision et l’adaptation du régime de sécurité sociale en vue d’assurer sa pérennité et d’améliorer les services rendus aux assurés sociaux ; et le lancement d’un nouveau Programme Pays pour un travail décent.

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Pour engager notre économie sur le chemin de la croissance, le Gouvernement a entamé depuis plus de deux ans une politique audacieuse de réformes qui s’attaque aux obstacles qui entravent l’émergence d’une économie ouverte, diversifiée, créatrice d’emplois et de valeur ajoutée. Il s’est agi de mettre en place un cadre attractif pour l’investissement privé, capable de libérer les énergies, et de valoriser le potentiel économique national.

En dépit du contexte particulier, marqué par la crise sanitaire qui perdure et affecte l’économie mondiale, plusieurs actions importantes ont été menées.

En effet, la pandémie s’est traduite par l’émergence de nouvelles priorités, imposées par la lutte contre la pandémie et ses conséquences.

Le PIB de notre pays s’en est retrouvé affecté et est passé d’une croissance de +5,9% en 2019 à -1,8 % en 2020. Pour 2021, notre économie ayant, grâce à notre programme de relance, repris une croissance positive, le PIB devrait connaître une hausse supérieure à 3%.

En matière de planification et de politiques économiques, le Gouvernement a poursuivi, de façon satisfaisante, la mise en œuvre du ProPEP, a procédé à l’évaluation globale du premier plan d’action de la SCAPP 2016-2020 et a entamé l’élaboration d’une stratégie nationale de promotion de l’Economie Sociale Solidaire. Dans le même temps, le Programme d’Investissement Public (PIP) 2022-2024 a été actualisé et la SCRAPP des wilayas du Tagant et du Brakna élaborée.

Dans le domaine de la coopération et de la mobilisation des ressources, 21 conventions de financement, d’un montant total de 13 milliards d’ouguiyas dont 84% de dons et 16% de prêts concessionnels, ont été signées en 2021. Par ailleurs, le processus de mobilisation de 317 millions de dollars pour le financement de l’alimentation de la ville de Kiffa en eau potable à partir du fleuve a été initié, et celui du financement de la SCRAPP du Hodh Charghi, pour 118 millions de dollars, obtenu lors de la table ronde de Néma, tenue le 27 novembre dernier.

En 2021, au titre du Code des Investissements, le Gouvernement a accompagné le lancement de 33 projets initiés par le secteur privé, pour un investissement total d’environ 13 Milliards ouguiyas; avec l’engagement de créer 3.300 emplois directs et 7.600 emplois indirects. Divers secteurs de l’économie nationale seront positivement impactés par ces initiatives privées, avec une mention spéciale pour l’agriculture, l’élevage et le tourisme.En complément aux efforts du Gouvernement, il sera fait appel au secteur privé dans le cadre de projets PPP, pour combler le déficit en matière d’infrastructures dans le pays. C’était l’objet de la loi sur les Partenariats Publics Privés, promulguée en février 2021. Il y aura à ce titre, cette année, le lancement d’appels d’offres pour la construction, par le secteur privé, d’immeubles administratifs, de moyens de stockage d’hydrocarbures liquides, de l’autoroute Nouakchott-Ouad Naga-Boutilimit, et de la reprise du projet sucrier de Foum-Gleïta. Par ailleurs, le travail préparatoire est très avancé pour la réalisation, dans ce même cadre, d’une unité de traitement des déchets solides de la ville de Nouakchott, de la mise en valeur du littoral et de l’assainissement de la ville de Nouakchott. Au même moment, la réforme du dispositif national de passation des marchés publics pour promouvoir la transparence et l’efficacité de ladépense publique est achevée. La préparation du cinquième Recensement Général de la Population et de l’Habitat, prévu pour 2023, s’intensifiera tout au long de 2022.

En 2022, la croissance du PIB devrait continuer à progresser pour atteindre 5,6 %, sous l’effet de la reprise de la demande mondiale, des investissements en cours dans les secteurs extractifs du pays, de la réalisation d’infrastructures publiques et de la redynamisation du secteur privé.

En matière de lutte contre la corruption, le Président de la République a dit dans son discours du 28 novembre 2021 : « Nous ne voulons pas que la lutte contre la corruption soit juste un slogan, ou qu’elle se transforme, elle-même, en corruption par la sélectivité, les règlements de comptes et l’atteinte à l’honneur des personnes sans présomption solide ni preuve. Nous voulons plutôt qu’elle soit un travail institutionnel efficace, par lequel les ressources de l’État sont préservées, et les corrupteurs sanctionnés conformément aux textes en vigueur. »

C’est ainsi que l’Inspection Générale d’Etat a été rattachée à la Présidence de la République, ce qui permettra d’intensifier l’activité des organes de surveillance et de contrôle, par l’envoi de leurs équipes dans tous les établissements publics et secteurs ministériels.

L’année 2022 verra donc la finalisation de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, ainsi que la préparation des réformes en matière de gouvernance économique et financière et l’inauguration d’un nouveau mode de mise oeuvre et de suivi des projets.

En matière de finances publiques, les réformes menées ont abouti à une plus grande sincérité des prévisions, à une priorisation et une allocation optimale des besoins budgétaires, à la responsabilisation des gestionnaires, à un meilleur accès des citoyens à des services de qualité, à une meilleure exécution des opérations financières, à l’efficacité de la dépense publique et à une transparence indéniable des informations financières.

C’est ainsi que le montant global du budget général est passé de 54,11 Milliards ouguiyas en 2019 à 88,5 Milliards ouguiyas en 2022, soit une évolution de 48%. Cette évolution traduit aussi l’efficacité des programmes d’investissement publics ambitieux inscrits au programme du Président de la République, l’ampleur de la politique de riposte visant à atténuer les effets de la pandémie de la COVID-19 et la relance de l’économie nationale. Les ressources mobilisées au niveau du Fonds Spécial de Solidarité Sociale et de lutte contre le Coronavirus ont atteint 9,49 Milliards ouguiyas et font l’objet d’un rapport largement diffusé tous les deux mois.

Les allocations des dépenses sociales se sont établies à 24.06 Milliards ouguiyas en 2022, soit presque le tiers des dépenses totales, enregistrant ainsi une augmentation de 168% par rapport à leur niveau en 2019.

La simplification des procédures, ainsi que les améliorations introduites au circuit de planification et d’exécution budgétaire, ont permis une meilleure lisibilité du budget et un meilleur suivi des réalisations. Ceci a été accompagné par la mise en place d’un réseau déconcentré de payeurs auprès des départements ministériels, l’introduction de systèmes et indicateurs de suivi, ainsi que le renforcement des moyens de contrôle, de la modernisation de la préparation et du suivi de l’exécution des lois de finances.

Quant à la mobilisation des ressources, les recettes globales au cours des deux années écoulées ont progressé de 10.72 Milliards ouguiyas, soit une évolution de 16,5%. Les effets conjugués d’une administration fiscale efficace et d’une politique fiscale juste et optimale ont permis de réaliser un niveau exceptionnel de recettes fiscales, lesquelles passent de 37,9 Milliards ouguiyas en 2019 à 49,2 Milliards ouguiyas en 2022 soit une augmentation de 30%. Cette performance a été réalisée grâce au renforcement du dispositif de contrôle fiscal, à l’élargissement de l’assiette par l’identification et la fiscalisation de 6004 contribuables sur la période 2019-2021, à l’exploitation, la corroboration et au recoupement des données des différentes sources, ainsi qu’aux recensements fiscaux répétitifs. Lesquels recensements seront facilités par l’adressage électronique en cours de l’ensemble des contribuables.

En matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscale et pour faire face aux défis fiscaux posés par la numérisation, notre pays a rejoint les efforts de la communauté internationale en adhérent au cadre inclusif de l’OCDE et à l’Addis Tax Initiative (ATI).

En matière de gestion de la trésorerie, la mise en place du Compte unique du Trésor a permis d’avoir une vision consolidée des flux financiers et une maîtrise plus effective des liquidités. La mise en place d’une politique moins couteuse et plus efficace sur le marché monétaire a également contribué à la réduction des charges de mobilisation des fonds et à une meilleure capacité de l’Etat à respecter ses engagements. Toutes ces actions réalisées en termes de gestion de trésorerie ont permis de maintenir une situation de trésorerie abondante, avec un disponible du Trésor qui est passé de 2,64 Milliards ouguiyas au 31 juillet 2019, à 40,23 Milliards ouguiyas au 31 décembre 2021. Cette situation a été confortée par les efforts de renégociation de la dette Koweitienne qui a permis d’annuler 95% des intérêts cumulés de ladite dette. Elle a été également, soutenue par le moratoire sur le service de la dette dont l’effet s’élève à 5,26 Milliards ouguiyas. En outre les réformes visant à préserver les équilibres macroéconomiques et financiers, se sont poursuivies et la stabilité du système financier a été renforcée.

Dans le domaine de la politique monétaire, le crédit bancaire s’est amélioré, augmentant de 9,3 % contre 2,6 % en 2020, en réponse aux besoins de financement de l’économie nationale, favorisant ainsi la reprise économique.

En matière de change, les réserves ont atteint 2,3 milliards USD, soit 12,3 mois d’importation de biens et services en fin 2021, contre 1,5 milliards USD, soit 6 mois d’importation de biens et services, à la fin de 2020 et 1,1 milliard USD en 2019. L’ouguiya s’est appréciée en terme nominal en 2021 par rapport au dollar et à l’euro, respectivement, de 1,4% et 9% en glissement annuel. Cette appréciation a contribué à amortir la hausse des prix au niveau national.

Concernant le secteur extérieur, le déficit du compte courant s’est sensiblement rétréci en 2021, sous l’effet essentiellement de l’amélioration de la balance commerciale à la suite d’un accroissement de plus de 17% des exportations à la faveur, notamment, de la hausse du cours du minerai de fer.

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Au niveau de l’inflation, la hausse de l’indice des prix à la consommation, en glissement annuel, a atteint 5,7% en fin 2021 contre 2,4% en 2020. Cette évolution est attribuable essentiellement à la hausse des prix des produits alimentaires en liaison avec la hausse des prix à l’importation, du fait de la perturbation enregistrée au niveau des circuits mondiaux d’approvisionnement et de transport.

L’année 2021 a été marquée, aussi, par l’achèvement des procédures de création et d’opérationnalisation du Fonds de garantie de prêts pour les PME. La création de ce Fonds de garantie facilitera l’accès au crédit pour les PME, les femmes et les jeunes porteurs de projets.

Par ailleurs, une loi régissant les services et moyens de paiement adoptée en 2021 et ses textes d’application permettront le développement et la sécurité des services financiers numériques dans notre pays.

Dans le domaine de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, notre pays a fait des progrès significatifs ces deux dernières années, en corrigeant la plupart des insuffisances du cadre juridique et réglementaire révélées à la suite de l’évaluation du système national par le Groupe d’Action Financière au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

La lutte contre le chômage ne peut se faire qu’à travers une croissance forte, portée par les secteurs des mines, de la pêche, de l’agriculture, de l’élevage, de l’industrie, du commerce, du tourisme et de l’artisanat.

Pour le secteur pétrolier comme pour le secteur des mines, la priorité de l’action du Gouvernement est de renforcer leur intégration à l’économie nationale, de maximiser les profits tirés de leur exploitation, et d’améliorer l’attractivité du pays pour l’investissement direct étranger.

Dans ce cadre la stratégie de développement du secteur a été formulée et la révision du code minier lancée et sera finalisée en 2022. Le lancement du projet F’derick devrait en effet accroitre la production minière de plus de 20%, tandis-que le développement en cours du projet El-Aouj pourrait ouvrir des perspectives entièrement nouvelles pour le pays.

L’activité artisanale minière a continué à jouer un rôle important dans l’extraction de l’or, dans l’absorption du chômage et dans le développement local. Les efforts se sont poursuivis pour améliorer le cadre de vie des artisanaux et les conditions d’exercice de l’activité.

Dans le secteur du pétrole et du gaz, le projet Grand Tortue Ahmeyim GTA a repris fortement après les difficultés générées par la pandémie. Le taux d’exécution du projet a dépassé 70%. En ce qui concerne l’aval pétrolier, la priorité est d’assurer la sécurité de l’approvisionnement du pays dans un contexte marqué par un lourd héritage en termes d’insuffisance et de vétusté des capacités de

stockage des produits pétroliers et du gaz butane. Ainsi, les travaux de réhabilitation d’un bac de gasoil de 60.000 m3 à Nouadhibou ont été achevés ; ce qui offre au pays un mois supplémentaire d’autonomie de consommation. Les travaux pour l’extension des dépôts de Nouakchott de Gasoil, d’essence et de fuel seront lancés cette année, de même que la réhabilitation des lignes de dépotage des hydrocarbures reliant le quai pétrolier au dépôt central de la SMH et au centre d’enfûtage de la SOMAGAZ.

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Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

Le Gouvernement a entrepris des actions visant la bonne gouvernance de la politique de pêche, pour une plus grande préservation des ressources halieutiques et de leur environnement marin et côtier, ainsi qu’une intégration plus accrue du secteur à l’économie nationale et une amélioration du dialogue social.

A cet effet : (i) la stratégie 2020-2024 du secteur des pêches a été révisée à travers une large concertation avec les acteurs du secteur; (ii) la ressource a connu une amélioration en 2021 se traduisant par un volume de capture qui a atteint 718.000 tonnes en quantité, plus de 600 millions de dollars en valeur et 2,5 milliards ouguiyas de recettes budgétaires au titre d’accès à la ressource et de fiscalité, hors la compensation financière de l’accord avec l’Union Européenne; (iii) les accords de pêche avec les partenaires, l’Union européenne et la société Hong Dong, ont été révisés.

Les infrastructures de pêche connaitront la mise en activité du port de N’Diago, la mise à niveau du port de Tanit, la construction et l’équipement de halle de poisson et d’un débarcadère au PK93.

Pour la pêche artisanale, l’immatriculation du parc piroguier sera achevée en 2022, ainsi que l’organisation des aires de débarquement des produits le long du littoral. L’exclusivité aux nationaux de l’exercice de la profession des mareyeurs a été effective en fin 2021. Une subvention pour la pêche artisanale a été adoptée pour prendre en charge les frais induits par la révision du régime douanier des hydrocarbures en 2021.

En matière de surveillance et de contrôle en mer, les Garde-côtes ont veillé à l’application rigoureuse des textes règlementaires et un accent particulier a été mis sur les infractions touchant la ressource. L’exigence de mise aux normes sanitaires des bateaux et des usines puis l’obligation de débarquer des produits de qualité destinés à la consommation, décidée en fin 2021, permettra une meilleure valorisation des captures.

Concernant la pêche continentale et la pisciculture, un code particulier a été promulgué, ce qui va permettre la réglementation des activités de la pêche continentale. Dans ce cadre, le programme de formation et d’équipement de 2.500 pêcheurs continentaux a été amorcé et a profité à 150 pêcheurs en décembre 2021 au niveau de Kankossa. Il se poursuivra cette année avec la construction de plusieurs centres modernes de promotion de la pêche continentale et la pisciculture à Mahmouda, Kankossa et Maale.

Au niveau de la gouvernance du secteur des pêches, et dans le cadre de la transparence, le premier rapport de FiTi de la Mauritanie a été publié et le second rapport est en cours de préparation.

La souveraineté alimentaire est un objectif dont l’urgence est imposée par la conjoncture

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les Députés,

L’autonomie alimentaire est depuis toujours un enjeu stratégique pour le pays et l’évolution récente du contexte international, en temps de crise sanitaire planétaire, a eu pour effet évident de transformer cet enjeu en un défi majeur dont la prise en charge représente non seulement une priorité absolue, mais bien une action vitale pour notre pays.

L’objectif fixé est la couverture des besoins nationaux en produits agricoles, avec une approche de développement fondée sur l’amélioration des conditions de production, l’augmentation de la productivité, et la réduction des coûts de production. Pour cela, un programme de réforme a été initié pour mieux recadrer les missions des institutions du secteur, optimiser l’utilisation de leurs ressources et renforcer leurs capacités d’intervention.

Ainsi en 2021, dans le domaine de la riziculture et en matière d’aménagement hydro agricole, plus de 2.000 ha sont achevés et mis en valeur pendant la campagne de l’hivernage, dont le périmètre de Cheichya, plus de 3.000 ha dans la ferme de M’pourié sont pratiquement achevés et seront mis en valeur pendant la campagne en cours, en plus de 4.000 ha dont les travaux sont très avancés, notamment au niveau de R’kiz et M’bakh-Dieuk.

En matière d’irrigation on peut noter : (i) l’amélioration de la fluidité de l’eau d’irrigation à travers l’entretien de axes hydrauliques et les chenaux collectifs au niveau du Trarza ; (ii) la réalisation des interventions de travaux de désenclavement sur 15 pistes au niveau du Trarza ; (iii) la consolidation du Pont-Vanne de Kaédi et la sécurisation des berges du fleuve au long de la digue PPG1 ; (iv) le raccordement de la station de pompage du périmètre de Cheichiya à la ligne électrique de Manantali ; (v) l’acquisition et l’installation de groupes électrogènes au profit de Bellara, Mbakh-Dieuk et M’pourie ; (vi) le renouvellement de quatre (04) pompes au profit du Casier Pilote de Boghé (CPB) et du PPGI; (vii) le renouvellement de 25 motopompes pour les périmètres villageois ; (viii) et l’acquisition, l’installation de 02 chaines de triage de semences au niveau de Rosso et Boghé.

Dans le domaine du pluvial, la priorité a été accordée à l’amélioration de l’exploitation des ressources en eau de surface. Ainsi 36 barrages et 45 seuils de ralentissement ont été réalisés en 2021 au profit des collectivités locales en zones pluviales, augmentant les cultures derrière barrage de près de 3.700 ha. Dans le même ordre, 580 tonnes de semences traditionnelles et près de 1.200 km de grillage pour la protection des zones de cultures, ainsi que 1.200 charrues à traction animale ont été distribués.

Ces différentes réalisations ont permis d’atteindre un taux de couverture des besoins en riz de 82 % en 2020-2021, contre 80 % en 2019-2020 et un taux de couverture des besoins en céréales traditionnelles pour la même période de 35%. Pour le maraichage, l’année écoulée a connu l’aménagement de 662 ha de périmètre maraichers, avec l’acquisition de 95 unités de pompage, la distribution de 80.000 unités de matériel horticole, de 6.500 kg de semences en grains, de 800 tonnes de semences de pomme de terre et de 650 tonnes d’engrais composés.

En matière de développement des oasis, il y’a eu la réalisation de 56 forages et l’équipement de 457 puits servant près de 23.000 nouveaux palmiers au profit des populations les plus vulnérables. A ces activités s’ajoutent le lancement des travaux de réalisation d’un système intégré de gestion des eaux de pluies au niveau du bassin des oasis de Ouadane et un programme spécial pour la sauvegarde des oasis de M’haireth et Ouad Seguellil en Adrar.

L’année 2022 connaitra la poursuite des activités et programmes, notamment : (i) l’électrification des zones de production de la vallée ; (ii) la réhabilitation d’une superficie de plus de 5.500 ha au niveau des wilayas du fleuve ; (iii) le curage et l’entretien des axes


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