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Pour choisir la responsabilité ! Par Mohamed Mahmoud Ould Bah

À l’heure où les débats sur les droits de l’homme, l’esclavage et le passif humanitaire s’intensifient, la Mauritanie est confrontée à un choix décisif : céder aux discours extrêmes ou privilégier l’apaisement, le respect des institutions et la voie démocratique. A cette occasion, j’entends personnellement plaider, sans prendre parti, pour une approche responsable, fondée sur le dialogue, la cohésion nationale et l’État de droit.

Aujourd’hui, la Nation est engagée dans un débat nécessaire sur des questions fondamentales liées aux droits de l’homme, aux séquelles de l’esclavage et au passif humanitaire. Ces sujets, ardemment sensibles, touchent à la dignité humaine, à la mémoire collective et à l’unité nationale. Leur traitement exige vaillance, discernement et sens élevé de la responsabilité.

Dans ce contexte, l’escalade des discours extrêmes et de postures de confrontation présente un risque manifeste pour la cohésion sociale. L’extrémisme, sous toutes ses formes, tend à radicaliser le débat public, à annihiler la confiance dans les institutions et à fourvoyer l’attention des solutions concrètes. Il transforme des revendications légitimes en facteurs de division et compromet les efforts de réforme et de réconciliation.

La démocratie repose sur la liberté d’expression, mais aussi sur la responsabilité dans l’usage de cette liberté. Défendre les droits de l’homme et réclamer justice pour les iniquités du passé ne signifient pas s’inscrire dans une logique de rupture avec l’État. Au contraire, ces joutes gagnent en crédibilité et en efficacité lorsqu’elles s’exercent dans le cadre des institutions républicaines, par le dialogue, le droit et les mécanismes démocratiques.

L’apaisement ne doit être ni assimilé au silence ni à l’oubli. Il suppose la reconnaissance des faits, l’écoute des victimes et la volonté politique de bâtir des réponses durables. Les institutions nationales – justice, Parlement et administrations compétentes – demeurent le cadre légitime pour traiter les dossiers complexes liés à l’esclavage et au passif humanitaire. Leur renforcement est une condition essentielle du progrès social et de la stabilité politique.

La Mauritanie s’est historiquement construite sur la coexistence, la modération et l’équilibre. Préserver cet héritage est une responsabilité collective. Les discours de stigmatisation et de radicalisation corrodent l’unité nationale et risquent d’enfermer la société dans des clivages durables. À l’inverse, un débat apaisé, fondé sur la pédagogie et la recherche du consensus, favorise la confiance et la cohésion.

L’État, les acteurs politiques, la société civile et les médias partagent une responsabilité majeure dans la qualité du débat public. Refuser l’extrémisme, c’est faire le choix de la maturité démocratique. C’est affirmer que les grandes questions nationales peuvent être abordées avec fermeté et lucidité, sans remise en cause des institutions ni atteinte à l’intérêt général.

En choisissant la responsabilité, l’apaisement et le respect des principes démocratiques, la Mauritanie se donne les moyens d’affronter son passé avec lucidité, de répondre aux attentes présentes avec justice et de construire un avenir commun fondé sur la dignité, la stabilité et l’unité nationale.

Ainsi, l’avenir de la Mauritanie se construira par la responsabilité et l’apaisement, jamais par l’excès ou la radicalité.