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Ould Cheikh El Ghazouani: La Mauritanie est un pays sûr, stable et poursuit ses efforts pour renforcer le développement et l’unité nationale

Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a rappelé ce vendredi soir que la Mauritanie est un pays sûr et stable, dont les institutions fonctionnent régulièrement. Il a ajouté que les efforts se poursuivent pour renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale, améliorer les conditions de vie des citoyens, et construire une économie plus résiliente, malgré les conséquences des crises internationales successives.

Son Excellence le Président de la République a expliqué, lors d’une conférence de presse tenue au palais présidentiel à Nouakchott, avec la presse nationale et internationale, que cette rencontre constitue une occasion d’éclairer l’opinion publique et de renforcer le droit des citoyens à l’information. Il s’agit aussi, de discuter de son projet de société, présenté lors de sa candidature à la présidentielle de 2019.

Il a souligné que ce projet vise à faire de l’être humain, c’est-à-dire du citoyen, le cœur du développement et la cible des politiques publiques, afin de bâtir un État moderne avec des institutions solides, capables de servir le citoyen, et de réaliser la Mauritanie à laquelle tous aspirent. Une Mauritanie, fondée sur la liberté, la justice, l’égalité et la prospérité.

Il a affirmé que la mise en œuvre de ce projet fait face à plusieurs défis, notamment ceux liés aux questions politiques, à la gouvernance, au renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale, à la lutte contre la pauvreté, l’injustice et la vulnérabilité, ainsi que l’édification d’une économie productive et diversifiée. Il a également souligné l’importance de consolider la sécurité et la stabilité dans le contexte régional et international actuel.

De plus, il a rappelé que ses programmes “Taahoudaty” et “Mon ambition pour la Patrie” ont été élaborés pour faire face à ces défis et continuer à mettre en œuvre les réformes en fonction des réalisations de son premier mandat et des nouvelles priorités de la phase actuelle.

Son Excellence le Président de la République a précisé que le parcours de développement a été affecté par les crises mondiales qui ont éclaté à la fin de l’année 2019, notamment la pandémie de COVID-19, suivie de la crise en Ukraine, sans oublier la guerre au Moyen-Orient, dont les répercussions ont eu un impact sur les chaînes d’approvisionnement et de financement pour les entreprises, touchant les économies mondiales, le commerce international, ainsi que le système mondial multilatéral.

Il a déclaré que la Mauritanie, bien qu’elle ne soit pas un acteur direct dans ces crises, a été touchée par leurs conséquences, affirmant que les efforts fournis au niveau national, ont permis d’accomplir des avancées significatives dans la mise en œuvre des programmes du gouvernement, notant que le travail se poursuit à un rythme accéléré pour réaliser le programme “Mon ambition pour la Patrie”.

En ce qui concerne la classe politique, Son Excellence le Président de la République a affirmé que le pays a connu des étapes importantes vers la normalisation des relations entre l’État et les différents acteurs politiques, ainsi qu’entre les acteurs politiques eux-mêmes, en consolidant une culture de respect mutuel et en permettant à chaque partie de jouer son rôle, loin des discours qui dénigrent ou excluent.

Il déclaré que le renforcement de l’unité nationale, l’établissement de l’État de droit, le développement du système démocratique et la lutte contre la corruption sont des parcours continus nécessitant un travail constant, considérant que ces questions ne se terminent pas avec l’achèvement d’un projet spécifique, mais nécessitent des efforts permanents.

Sur le plan social, Son Excellence le Président de la République a mis en avant les progrès réalisés dans le domaine de la cohésion sociale, l’élargissement des réseaux de protection sociale, et l’amélioration de l’accès aux services de base, en particulier concernant l’eau, l’électricité, la santé et l’éducation, de même que la poursuite de la réforme de l’administration afin qu’elle soit plus proche du citoyen.

S’agissant de l’économie, il a relevé que la Mauritanie a enregistré des améliorations au regard de plusieurs indicateurs, grâce à des politiques visant à diversifier l’économie et à renforcer sa capacité à créer de la valeur ajoutée et des opportunités d’emploi, en plus de la mise en œuvre de réformes dans les secteurs productifs, le secteur privé et le secteur informel.

Son Excellence le Président de la République a expliqué que ces efforts ont eu un impact positif sur les indicateurs économiques globaux, qui ont montré des améliorations dans plusieurs domaines, notamment le produit intérieur brut, les taux d’inflation, le ratio de la dette, et la balance commerciale, ce qui reflète la solidité de la performance économique et sa capacité à faire face aux défis.

En ce qui concerne la dimension sécuritaire, Son Excellence le Président de la République a souligné que la sécurité et la stabilité constituent la base sur laquelle reposent les différents parcours de développement, estimant qu’il y a beaucoup de choses à faire dans ce sens.

Il a ajouté que la Mauritanie a réussi, grâce aux efforts de ses forces armées et de sécurité, à renforcer sa préparation et sa capacité à faire face à divers défis sécuritaires, en adoptant une approche de sécurité multidimensionnelle.

En réponse à une question concernant la possibilité de modifier la Constitution afin de permettre une candidature à un troisième mandat présidentiel, Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a indiqué que cette question ne constitue pas une priorité à l’heure actuelle et qu’il ne voit aucun lien entre celle-ci et le processus de dialogue national.

Il a précisé que soulever ce débat dès le début de son second mandat, qui n’en est encore qu’à ses premiers pas, revient à se préoccuper de questions futures au détriment des priorités du moment. Il a affirmé que l’accent doit être mis sur la mise en œuvre des programmes de développement et sur le service aux citoyens.

Il a ajouté que le débat sur cette question ne sert pas l’intérêt général, estimant qu’il relève davantage de discussions politiques que de considérations liées à la réalité. Il a ensuite réaffirmé son engagement envers la Constitution et la volonté du peuple, déclarant : « Tout ce qui n’est pas prévu par la Constitution et que le peuple ne veut pas, je ne le ferai pas. »

Son Excellence le Président de la République a assuré que ses efforts resteront orientés, jusqu’à la fin de son mandat, vers la mise en œuvre de son programme électoral ainsi que vers la poursuite du processus de réforme et de développement. Il a exprimé l’espoir que la personne que le peuple choisira lors des élections de 2029 poursuivra les réalisations accomplies, au service des intérêts de la nation et du renforcement de son développement.

Concernant une question portant sur son évaluation de la performance du gouvernement, Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a indiqué que son appréciation repose sur les résultats obtenus sur le terrain, et non sur des impressions ou des discours, tout en veillant à prendre en considération les différentes opinions, qu’elles émanent de l’opposition, de la majorité ou des citoyens.

Il a expliqué que le gouvernement travaille dans un contexte régional et international difficile, mais qu’il est néanmoins parvenu à mettre en œuvre des réformes et des projets de développement, tout en enregistrant des progrès significatifs dans les secteurs de l’eau, de l’électricité, de l’éducation, de la santé et des services de base.

Le Président de la République a salué les efforts déployés par le Premier ministre et les membres du gouvernement, affirmant que les réalisations accomplies sont importantes. Il a toutefois souligné que les ambitions demeurent élevées et que tous les objectifs fixés n’ont pas encore été atteints.

Il a insisté sur le fait que la prochaine étape nécessite davantage d’efficacité et une accélération du rythme de travail, appelant le gouvernement à redoubler d’efforts afin d’achever la mise en œuvre de ses engagements et de relever les défis actuels.

En réponse à une question sur les principaux défis auxquels le programme « Mon ambition pour la Patrie » est confronté, Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a affirmé que les défis demeurent présents à chaque étape de la mise en œuvre du programme. Il a souligné que le plus important consiste à poursuivre le processus de développement et de réforme dans un environnement régional et international marqué par l’instabilité et des mutations rapides.

Il a précisé que l’incertitude qui prévaut dans le monde rend extrêmement difficile l’anticipation des évolutions futures, ce qui impose des défis supplémentaires à la mise en œuvre des programmes nationaux.

Le Président de la République a affirmé que, malgré ces conditions, la Mauritanie poursuit la mise en œuvre de son programme de développement. Il a estimé que ces défis ne sont pas propres au pays, mais qu’ils concernent de nombreux États confrontés aux profondes transformations qui affectent la scène internationale.

Concernant la question de la corruption, notamment dans les contrats liés aux hydrocarbures, aux mines ainsi que dans les marchés de gré à gré, Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a affirmé que la corruption représente l’un des fléaux les plus graves auxquels les États sont confrontés. Il a insisté sur le fait que la lutte contre ce phénomène constitue une priorité, car aucune politique publique qui tolère ou protège la corruption ne peut permettre de réaliser le développement ni de garantir la justice.

Il a indiqué qu’il ne partage pas l’affirmation selon laquelle la corruption aurait augmenté récemment, faisant observer que les indicateurs dont dispose l’État, et qui proviennent parfois de partenaires techniques et financiers, montrent, au contraire, qu’elle est en recul.

Il a ajouté que, parmi ces indicateurs, figurent l’augmentation des ressources financières de l’État, l’accroissement des projets et programmes financés sur ressources propres, ainsi que l’amélioration constatée dans la mise en œuvre des projets de développement, malgré les retards que certains d’entre eux peuvent connaître.

Son Excellence le Président de la République a souligné que l’augmentation des investissements publics et l’élargissement du volume des projets de développement et des projets sociaux réalisés ou en cours de réalisation témoignent de l’efficacité des efforts déployés pour renforcer la gouvernance. Il a ajouté que la réalisation de grands projets financés sur ressources nationales est incompatible avec l’existence d’un niveau de corruption tel que celui souvent évoqué.

Son Excellence le Président de la République a rappelé que la lutte contre la corruption ne doit pas être liée aux individus, mais reposer sur un travail institutionnel garantissant la continuité et l’efficacité. Il a insisté sur le fait que les institutions constituent le principal garant de l’ancrage de la bonne gouvernance et de la réalisation du progrès.

Il a précisé que les sanctions relèvent exclusivement de la compétence de la justice et qu’il ne s’immisce dans aucun dossier concernant quelque personne que ce soit, qu’il s’agisse d’un ministre ou d’un responsable administratif. Il a rappelé que seul le pouvoir judiciaire est habilité à établir les responsabilités et à rendre les jugements.

Il a indiqué qu’en 2025, plusieurs dossiers de corruption ont été transmis à la justice, impliquant plus d’une centaine de personnes, dont certaines ont été placées sous contrôle judiciaire ou mises en examen, tandis que d’autres responsables ont perdu leurs fonctions en raison de faits liés à la mauvaise gestion.

Le Président de la République a insisté sur la nécessité de renforcer le rôle des institutions et de leur permettre d’accomplir pleinement leurs missions. Il a rappelé que chacune d’elles dispose de prérogatives définies par la Constitution et la loi : le gouvernement exerce les fonctions exécutives, le pouvoir judiciaire exerce son autorité en toute indépendance et le Parlement est chargé de la fonction législative.

Il a fait observer que réduire les responsabilités de l’État à une seule personne ou à une seule institution ne favorise pas le processus de construction institutionnelle. Il a rappelé le sacro-saint principe consistant à éviter les interventions susceptibles d’entraver l’indépendance des institutions et à permettre à chacune d’elles d’exercer ses compétences dans le respect du cadre légal qui régit son fonctionnement.

Son Excellence le Président de la République a indiqué que la lutte contre la corruption ne peut être une responsabilité individuelle, mais qu’elle constitue une responsabilité collective exigeant la participation de tous, chacun à son niveau. Il a rappelé que la corruption est un phénomène complexe et multidimensionnel.

Il a expliqué que la corruption ne se limite pas aux seuls aspects financiers et administratifs, mais comporte également des dimensions éthiques, sociales et politiques qui, selon lui, constituent le terreau sur lequel peut prospérer la corruption financière et administrative.

Il a ajouté que l’éradication effective de la corruption exige l’adoption d’une approche globale et institutionnelle, fondée sur le renforcement des capacités des institutions de l’État afin qu’elles puissent exercer pleinement leurs missions, sur le développement des mécanismes de contrôle et de reddition des comptes, ainsi que sur le respect des compétences que la loi confère à chaque institution.

Son Excellence le Président de la République a affirmé que le renforcement des capacités des institutions et l’amélioration de leur performance, tout en les obligeant à assumer pleinement leurs responsabilités, constituent le meilleur moyen de réduire la corruption et d’ancrer une bonne gouvernance. Il a souligné que la construction d’un État fort passe nécessairement par des institutions efficaces et capables d’assumer pleinement leurs responsabilités.

En réponse à une question portant sur les transformations sécuritaires dans la région et leurs répercussions, Son Excellence le Président de la République a déclaré que la Mauritanie, en tant que pays du Sahel, fait face à des défis sécuritaires communs avec les États voisins. Il a estimé que la nature des menaces actuelles impose d’adopter une conception plus large de la sécurité, dépassant les frontières géographiques traditionnelles.

Il a expliqué que ce que l’on peut qualifier de « sécurité géographique » fait que la sécurité de chaque État est étroitement liée à son environnement régional et à la situation qui prévaut dans les pays voisins. Il a affirmé que la Mauritanie œuvre au renforcement de ses relations avec les États de la région et au développement d’une coopération commune afin de relever ces défis.

Il a ajouté que la protection du pays exige, parallèlement au renforcement de la coopération régionale, de poursuivre le développement des capacités des forces armées et des forces de sécurité, ainsi que d’accroître leur niveau de préparation pour faire face aux différentes menaces, considérant qu’elles sont les garantes de la sécurité nationale et de la protection des intérêts du pays.

Son Excellence le Président de la République a indiqué que l’expérience du G5 Sahel a constitué un cadre important de coopération, compte tenu des similitudes géographiques et sécuritaires entre les pays de la région, notamment l’immensité des espaces désertiques et les difficultés qu’ils présentent en matière de surveillance et de contrôle.

Il a déclaré que les défis sécuritaires transfrontaliers exigent une coordination permanente entre les États, les groupes et organisations menaçant la stabilité ne reconnaissant pas les frontières. Il a estimé que l’action collective et l’intégration des approches sécuritaires sont devenues indispensables pour faire face aux risques et renforcer la sécurité régionale.

Son Excellence le Président de la République a assuré que les relations de la Mauritanie avec les pays voisins sont excellentes, précisant que le pays poursuit ses efforts pour renforcer la coopération régionale, parallèlement au développement des capacités de ses institutions de défense et de sécurité afin qu’elles puissent remplir leurs missions dans les meilleures conditions.

Il a rappelé que la République du Mali est un voisin direct de la Mauritanie et que les deux pays entretiennent des relations historiques, humaines et économiques profondes. Il a souligné que le Mali traverse une période difficile et que, forte de son expérience face à des défis sécuritaires similaires, la Mauritanie veille à gérer cette situation avec sagesse et discernement afin de préserver les liens de fraternité et de bon voisinage.

Concernant les réfugiés, le Président de la République a indiqué que la situation sécuritaire dans la région n’affectera pas l’accueil des frères maliens et des autres réfugiés. Il a précisé que la Mauritanie accueille, dans le camp de Mberra, près de 150 000 réfugiés, alors que sa capacité d’accueil initiale était estimée entre 50 000 et 60 000 personnes.

Il a ajouté que le pays continue d’offrir hospitalité et assistance aux réfugiés, malgré les pressions exercées sur les zones d’accueil. Il a affirmé que tous les nouveaux arrivants sont les bienvenus, sous réserve de l’accomplissement des procédures légales d’identification et d’enregistrement.

S’agissant de l’immigration irrégulière, Son Excellence le Président de la République a expliqué qu’il s’agit d’un phénomène mondial en constante progression. Il a relevé que la Mauritanie est devenue, ces dernières années, une destination pour certains migrants, en raison de la sécurité, de la stabilité et des opportunités qu’elle offre. Il a souligné que le pays accueille les frères désireux d’améliorer leurs conditions de vie, à condition qu’ils respectent les lois nationales.

Il a précisé que le respect de ces lois implique l’entrée sur le territoire par les voies légales ainsi que la régularisation de la situation administrative des personnes concernées. Il a observé que le véritable problème ne réside pas dans les migrants eux-mêmes, mais dans les réseaux de trafic qui favorisent l’immigration irrégulière, exploitent leur vulnérabilité et mettent leur vie en danger.

Le Président de la République a affirmé que l’État continuera de lutter avec fermeté contre ces réseaux criminels, estimant qu’ils se livrent à la traite des êtres humains et exploitent les besoins des migrants à des fins de profit illicite.

En réponse à une question portant sur l’évaluation de l’impact des projets réalisés sur le développement et sur la contribution de l’action gouvernementale à la réalisation de l’équité territoriale, notamment au profit des régions de la Vallée, Son Excellence le Président de la République a souligné que le développement est un processus évolutif et continu, étroitement lié aux aspirations des citoyens et à l’évolution de leurs besoins.

Il a expliqué que la satisfaction des besoins fondamentaux fait naître de nouvelles attentes, ce qui constitue une évolution normale des sociétés. Ainsi, après l’accès à l’eau, apparaît le besoin de réseaux de distribution, puis celui de l’électricité et d’autres services. De même, les demandes en matière de désenclavement évoluent progressivement, passant des pistes en terre aux routes bitumées. Selon lui, cette évolution ne traduit pas une insatisfaction à l’égard des réalisations accomplies, mais l’expression d’une ambition légitime de progrès.

Il a indiqué que les dernières années ont été marquées par d’importantes réalisations, notamment dans les domaines des infrastructures, du soutien aux secteurs productifs et du renforcement des services publics, tout en rappelant que le développement demeure un chantier permanent qui exige la poursuite des efforts.

Abordant la question de l’équité territoriale, il a déclaré que les wilayas de la vallée occupent une place importante dans les programmes de développement. Il a précisé que l’approche retenue consiste à garantir à toutes les régions un accès équitable aux services de base, tout en orientant les investissements en fonction des spécificités et des potentialités propres à chacune d’elles.

Il a cité l’exemple des wilayas du Gorgol et du Guidimagha, indiquant que la première a bénéficié de programmes d’une valeur de 19 milliards d’ouguiyas, tandis que la seconde a reçu environ 12 milliards d’anciennes ouguiyas, ce qui, selon lui, reflète la volonté de l’État de répartir les investissements en tenant compte des besoins des populations et des capacités propres à chaque région.

Le Président de la République a affirmé que la vision du développement ne repose pas sur une répartition uniforme des investissements entre les wilayas, mais sur la valorisation des atouts et des potentialités de chacune d’elles. Dans cette perspective, il a souligné que les régions de la vallée constituent un levier essentiel pour atteindre la souveraineté alimentaire, grâce à leurs importantes capacités agricoles. Il a évoqué les projets réalisés en matière d’aménagement des terres, de création de réseaux d’irrigation et de fourniture des équipements nécessaires à la modernisation de l’agriculture.

Il a également estimé que l’objectif est de construire un développement équilibré, fondé sur les spécificités de chaque région, afin de transformer leurs atouts en véritables opportunités de croissance et d’amélioration des conditions de vie des citoyens.

En réponse à une question sur le rôle que la Mauritanie peut jouer dans le cadre d’une diplomatie positive ainsi que sur la situation de la sécurité énergétique du pays, Son Excellence le Président de la République a rappelé que la position géographique de la Mauritanie constitue un atout stratégique, puisqu’elle conjugue son ancrage africain et son appartenance au monde arabe.

Il a expliqué que cette position offre au pays de vastes perspectives pour renforcer sa présence aux niveaux régional et international, en développant ses relations avec son environnement naturel, notamment en Afrique et dans le monde arabe. Il a insisté sur l’importance du renforcement de la coopération économique et commerciale avec les pays voisins, en particulier ceux de l’Afrique de l’Ouest.

Dans ce contexte, Son Excellence a souligné l’importance du partenariat avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), estimant qu’il pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour les échanges commerciaux et offrir aux produits mauritaniens un meilleur accès aux marchés régionaux à des conditions préférentielles. Il a ajouté que cette dynamique contribue également à renforcer le rayonnement de la Mauritanie sur les plans régional et international.

En ce qui concerne la sécurité énergétique, le Président de la République a assuré que la sécurisation des sources d’énergie est devenue un défi stratégique dans le contexte des crises mondiales. Il a indiqué que la Mauritanie œuvre au renforcement de ses capacités dans ce domaine à travers le développement des installations de stockage et l’amélioration des infrastructures liées aux hydrocarbures.

Il a précisé que les capacités de stockage dont disposaient auparavant Nouadhibou et Nouakchott provenaient d’installations anciennes qui ne répondaient plus pleinement aux besoins actuels, ce qui a conduit l’État à lancer des projets de réhabilitation et de création de nouvelles infrastructures.

Il a indiqué que les installations de stockage de Nouadhibou ont été réhabilitées et sont désormais prêtes à accueillir leur capacité programmée, tandis que de nouveaux projets sont en cours à Nouakchott, portant la capacité totale de stockage à 123 000 mètres cubes. Celle-ci comprend une installation d’une capacité de 23 000 mètres cubes, prête à être mise en service après satisfaction des exigences de sécurité, ainsi qu’une autre d’une capacité de 100 000 mètres cubes, dont l’achèvement est prévu avant la fin de l’année.

Son Excellence a souligné que ces projets visent à renforcer la sécurité énergétique, à réduire la dépendance aux importations d’hydrocarbures, notamment des carburants destinés à la production d’électricité, et à accroître la capacité du pays à faire face aux fluctuations des marchés ainsi qu’aux crises éventuelles.

Il a également mis en avant l’importance des projets énergétiques en préparation, notamment une centrale électrique alimentée par le gaz mauritanien et une centrale solaire, chacune d’une capacité de 250 mégawatts, estimant qu’elles permettront de mieux valoriser les ressources nationales et d’accélérer la transition vers une énergie plus durable.

Concernant la loi sur les symboles, Son Excellence le Président de la République a affirmé que la liberté d’expression constitue l’un des piliers fondamentaux de toute véritable démocratie et que chaque citoyen a le droit d’exprimer son opinion ainsi que de critiquer les politiques publiques et les orientations générales, à condition que cela s’exerce dans un esprit de responsabilité et d’objectivité.

Il a considéré que la critique constructive représente une véritable valeur ajoutée, dans la mesure où elle contribue à rectifier les orientations et à améliorer les performances, en particulier lorsqu’elle est accompagnée de propositions et de solutions concrètes. Il a toutefois rappelé que la démocratie ne se limite pas aux droits, mais implique également des devoirs et des responsabilités, ce qui impose d’élever le niveau du débat public au service de l’intérêt national.

Il a souligné que le problème ne réside pas dans l’exercice du droit de critique, mais dans la nature de certains discours qui dépassent le cadre de la critique objective pour verser dans la diffamation, la déformation des faits et l’incitation aux divisions. Il a insisté sur la nécessité de distinguer entre la liberté d’expression responsable et les discours susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale ou aux intérêts supérieurs du pays.

Son Excellence a affirmé que le débat public doit porter sur ce qui renforce la cohésion nationale, consolide la construction de l’État et favorise la participation ainsi que le dialogue, plutôt que sur des discours susceptibles d’alimenter les divisions internes ou de nuire à l’image du pays et de ses institutions.

S’agissant de la loi sur les symboles, le Président de la République a précisé que son objectif n’est pas de protéger une personne ou un groupe particulier, mais de préserver l’intérêt général ainsi que la place de la Nation, de la République et des institutions de l’État. Il a appelé à retenir une terminologie reflétant plus fidèlement le contenu de cette loi, en proposant notamment les appellations « Loi de protection de la Nation », « Loi de protection de la République » ou « Loi de protection des institutions ».

Il a souligné que toutes les observations et préoccupations exprimées au sujet de ce texte sont les bienvenues et qu’une révision de la loi, ainsi que son évolution afin d’en garantir la clarté et de prévenir toute interprétation erronée, demeurent possibles et souhaitables. Il a appelé à tirer parti de la diversité des opinions et des expériences afin de parvenir à une formulation plus précise et plus équilibrée.

Enfin, il a estimé que le débat médiatique et sociétal suscité par cette question constitue une pratique naturelle dans une société libre, dès lors qu’il s’inscrit dans le respect des responsabilités, des lois et de l’intérêt supérieur du pays. Il a souligné que l’objectif ultime demeure le renforcement des institutions de la République et la préservation de leurs principes fondamentaux.

En réponse à une question sur la manière dont il souhaiterait que l’histoire se souvienne de lui et sur l’héritage qu’il souhaite laisser à la Mauritanie, Son Excellence le Président de la République a affirmé qu’il n’est pas préoccupé par l’idée de se maintenir au pouvoir ni par ce que l’on dira de lui à l’avenir. Il a indiqué que sa principale préoccupation est d’assumer, avec loyauté et dévouement, la responsabilité qui lui a été confiée.

Il a précisé qu’il aspire à quitter ses fonctions avec la conviction d’avoir accompli son devoir envers son pays et son peuple, et d’avoir consacré tous ses efforts au service de la nation, tout en reconnaissant que l’appréciation des personnes et de leurs actions demeure sujette à la diversité des points de vue.

S’agissant de l’héritage qu’il souhaite laisser à la Mauritanie, il a déclaré qu’il consiste avant tout à consolider la stabilité, à renforcer les institutions constitutionnelles et nationales dans leur indépendance et leur efficacité, ainsi qu’à ancrer la culture du travail institutionnel comme fondement d’un État fort.

Il a également exprimé son souhait de renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale, de réduire les facteurs d’injustice et de tension, et de créer les conditions d’un développement économique et social dont tous les citoyens bénéficieront, sans exclusion ni marginalisation.

Son Excellence le Président de la République a souligné que ces objectifs ne relèvent pas d’ambitions lointaines, mais constituent des défis réalistes qui peuvent être relevés grâce à la poursuite des efforts, au renforcement des fondements de l’État et à la consolidation du processus de développement global.

Évoquant les investissements saoudiens en Mauritanie, notamment dans les secteurs de l’énergie et de l’agriculture, et répondant à une question sur leur contribution à l’évolution des relations entre les deux pays d’une coopération politique vers un partenariat économique plus large, Son Excellence le Président de la République a affirmé que les relations mauritano-saoudiennes reposent sur des bases stratégiques solides, fondées sur les liens historiques, fraternels et les intérêts communs.

Il a précisé que le Royaume d’Arabie saoudite constitue un partenaire stratégique de la Mauritanie et que les relations entre les deux pays connaissent un niveau de coopération remarquable dans divers domaines. Il a réaffirmé la volonté commune de poursuivre leur développement et de renforcer la coopération économique et les investissements au service des intérêts des deux peuples frères.

Il a indiqué que les investissements saoudiens dans des secteurs stratégiques, notamment l’énergie, l’agriculture et les infrastructures, illustrent la profondeur de ce partenariat. Il a souligné que le recours aux partenariats d’investissement constitue un levier essentiel pour soutenir le développement national et diversifier les sources de financement des grands projets.

Abordant la question de l’endettement, Son Excellence le Président de la République a affirmé que la situation financière du pays s’est considérablement améliorée au cours des dernières années. Il a précisé que le ratio de la dette, qui s’élevait en 2019 à environ 91 % du produit intérieur brut en incluant la dette koweïtienne, et à 79 % hors celle-ci, est aujourd’hui ramené à un niveau compris entre 40 % et 45 %.

Il a ajouté que cette amélioration est confirmée par d’autres indicateurs économiques, notamment l’enregistrement, par le passé, d’un excédent budgétaire et la réduction actuelle du déficit à moins de 1 %. Il a estimé que ces résultats traduisent des progrès tangibles dans la gestion des finances publiques et le renforcement de la stabilité économique.

Il a réaffirmé la solidité des relations entre la Mauritanie et le Royaume d’Arabie saoudite, ainsi que l’importance de poursuivre le renforcement de la coopération entre les deux pays dans tous les domaines, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’investissement et de développement au service des intérêts communs.

Répondant à une question relative au dossier du passif humanitaire, Son Excellence le Président de la République a affirmé que le pays a franchi des étapes importantes dans le traitement de cette question et que les progrès accomplis jusqu’à présent sont encourageants.

Il a expliqué que les efforts entrepris ont permis d’enregistrer des avancées significatives et que les questions restant en suspens se limitent à certains aménagements ou détails susceptibles d’être finalisés, précisant qu’un consensus existe désormais sur les principes essentiels et fondamentaux.

Il a rappelé que la Mauritanie, à l’instar de nombreux autres pays, a traversé des périodes difficiles qui ont laissé des blessures et des séquelles douloureuses. Il a souligné que le traitement de ces dossiers sensibles exige une approche fondée sur l’équité, le renforcement de l’unité nationale et la consolidation de la confiance entre les différentes composantes de la société.

Il a indiqué que l’État demeure ouvert et disposé à examiner toutes les situations dans lesquelles des personnes ont pu être victimes d’injustice, afin d’étudier les moyens appropriés d’y apporter des solutions garantissant la justice et les droits de chacun.

Son Excellence le Président de la République a appelé l’ensemble des forces vives du pays, notamment les partis politiques, les organisations de la société civile, les personnalités religieuses, administratives et médiatiques, à poursuivre leur contribution à ce processus national dans un esprit de responsabilité et de coopération.

Il a estimé que le règlement du dossier du passif humanitaire ne relève pas de la responsabilité d’une seule partie, mais constitue un processus collectif visant à renforcer l’unité nationale, à consolider l’équité et à préserver la cohésion de la société. Il a rappelé que des étapes importantes ont déjà été franchies et que les efforts se poursuivent pour achever ce qui reste à accomplir.

Évoquant les actions entreprises en faveur de la jeunesse, Son Excellence le Président de la République a affirmé que le mandat actuel est « un mandat pour la jeunesse et par la jeunesse », convaincu que les jeunes constituent la force du présent et le fondement de l’avenir.

Il a expliqué que la politique de promotion de la jeunesse repose sur deux axes essentiels : leur participation aux responsabilités et à la prise de décision, ainsi que leur préparation aux exigences de l’avenir. À cet égard, il a rappelé que le département concerné a été rebaptisé ministère de l’Autonomisation des jeunes, de l’Emploi, des sports et du service civique afin de traduire l’importance accordée à cette catégorie dans les politiques publiques.

Il a indiqué que la participation politique des jeunes s’est renforcée grâce à l’instauration d’une liste qui leur est réservée lors des élections, ainsi qu’au développement de mécanismes destinés à améliorer leur représentation aux niveaux local et national, afin de garantir leur implication dans le suivi des programmes de développement.

Sur le plan économique, il a expliqué que l’État a développé des programmes d’appui aux petites et moyennes entreprises et mis en place des espaces ainsi que des infrastructures permettant aux jeunes de développer leurs compétences et de mener leurs activités.

Il a également insisté sur l’importance du rajeunissement de l’administration par l’ouverture de postes aux jeunes compétences, rappelant les campagnes nationales de recrutement organisées dans différents secteurs, notamment le recrutement d’environ 8 000 jeunes, considéré comme une étape importante pour insuffler un nouvel élan aux institutions de l’État.

Dans les domaines de l’éducation et de la formation, Son Excellence le Président de la République a réaffirmé la poursuite de la réforme du système éducatif, l’extension des établissements d’enseignement supérieur et la diversification de leurs filières, ainsi que le développement de la formation professionnelle, afin de mieux répondre aux besoins du développement et du marché de l’emploi.

Il a indiqué que l’objectif est de former une génération de jeunes qualifiés, capables d’assumer leurs responsabilités et de contribuer pleinement au développement national.

Répondant à une question sur l’absence d’impact visible de la production de gaz sur les conditions de vie des citoyens, ainsi que sur la hausse du prix du gaz domestique malgré l’entrée de la Mauritanie dans l’ère de la production gazière, Son Excellence le Président de la République a expliqué que la possession de ressources naturelles ne signifie pas automatiquement leur transformation immédiate en richesse. Il a souligné qu’un tel processus nécessite d’importants investissements, des compétences spécialisées et des technologies permettant de créer une véritable valeur économique au bénéfice des citoyens.

Il a précisé que le gaz mauritanien extrait dans le cadre du projet actuel n’est pas du gaz domestique, mais du gaz naturel soumis à des opérations de traitement destinées à séparer ses différentes composantes, le gaz de cuisson n’en représentant qu’une faible partie. Il a rappelé que le projet est avant tout destiné à la production, à l’exportation et à la valorisation progressive des ressources générées.

Il a affirmé que les citoyens ont le droit d’être pleinement informés de l’évolution du dossier gazier et des différentes étapes de son développement, insistant sur la nécessité d’assurer une gestion transparente des ressources nationales.

Il a souligné que les ressources naturelles, qu’il s’agisse du gaz, de l’agriculture ou des ressources halieutiques, ne deviennent une véritable richesse qu’après leur exploitation et leur valorisation, ce qui suppose des partenariats, des investissements et des compétences techniques de haut niveau.

Concernant le projet gazier commun avec le Sénégal, Son Excellence le Président de la République a rappelé que l’accord signé en 2015 repose sur un partenariat clairement défini entre les deux pays. Il a précisé que la participation de la Mauritanie s’est faite par l’intermédiaire de la Société mauritanienne des hydrocarbures, à hauteur de 7 %, une participation qui a nécessité un financement en raison de l’ampleur des investissements requis.

Il a affirmé que le recours à des entreprises étrangères ne porte nullement atteinte à la souveraineté nationale, mais constitue un choix pragmatique adopté par de nombreux États, compte tenu des capacités de financement, des technologies et de l’expertise que ces entreprises apportent à la réalisation de grands projets, tout en garantissant les droits et les revenus de l’État.

Il a expliqué que les projets gaziers nécessitent une longue période avant de générer des recettes importantes, en raison de l’ampleur des investissements initiaux et du remboursement des coûts engagés. Il a indiqué que ces recettes augmenteront progressivement avec la montée en puissance de la production et l’évolution des différentes phases du projet.

En conclusion, Son Excellence le Président de la République a affirmé que le gaz représente une opportunité stratégique pour la Mauritanie et que sa transformation en véritable moteur de développement exige une vision réaliste, une gestion rigoureuse ainsi qu’un renforcement des compétences nationales, afin que le pays tire durablement profit de ses ressources.

À la clôture de la conférence de presse, Son Excellence le Président de la République a déclaré : « Notre pays, grâce à Dieu, se trouve dans une situation satisfaisante et ses perspectives sont prometteuses, malgré les conditions difficiles que traverse actuellement le monde. Nous poursuivrons la mise en œuvre des programmes de développement auxquels nous nous sommes engagés devant le peuple mauritanien. Nous continuerons à privilégier l’ouverture envers tous, sans distinction, et à mettre en œuvre nos priorités, parmi lesquelles figurent l’amélioration des conditions de vie des citoyens les plus modestes et les plus vulnérables, ainsi que l’accent mis sur l’autonomisation des jeunes et la création des conditions leur permettant de contribuer au développement du pays. »

Il a ajouté : « Je suis convaincu que notre avenir dépend avant tout de la sincérité de nos intentions, de notre solidarité et de notre capacité à travailler ensemble avec sérieux pour le présent et l’avenir de notre pays. Nous devons faire de nos divergences, qui constituent un phénomène sain, une source de richesse et de force, car nous sommes tous unis par l’amour de cette patrie. »

ami