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Mauritanie–Maroc : deux accords stratégiques pour développer les talents agricoles

Face à une agriculture encore fragile et à un déficit de compétences spécialisées, la Mauritanie cherche à moderniser ses formations agricoles et vétérinaires. Le partenariat avec le Maroc vise à créer des talents capables de soutenir la productivité et l’emploi rural.

Le jeudi 15 janvier à Nouakchott, les deux pays ont signé deux conventions de coopération dans les domaines de l’agriculture et de la médecine vétérinaire. Selon la presse internationale, le ministère mauritanien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et l’Institut Hassan II d’agriculture et de médecine vétérinaire du Maroc s’engagent à développer l’enseignement supérieur spécialisé et à former des cadres qualifiés.

La première convention, soutenue par la Banque islamique de développement, prévoit la création d’une école d’ingénieurs agronomes à Kaédi et d’une école vétérinaire à Néma. Quinze doctorants constitueront le noyau enseignant, accompagnés d’un programme de formation continue pour le personnel technique et administratif.

La deuxième convention cible la recherche scientifique et l’innovation. Elle établit un partenariat entre l’Institut Hassan II et l’Institut supérieur d’enseignement technologique de Rosso pour lancer des projets communs, favoriser les échanges d’expérience et développer l’enseignement à distance.

Pour Abdelaziz El Hraiki, directeur de l’Institut Hassan II, ces accords illustrent un modèle de coopération Sud–Sud, capable de renforcer les compétences locales et de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de changement climatique. L’ambassadeur du Maroc en Mauritanie, Hamid Chabar, ajoute que ces formations permettront de valoriser les ressources agricoles et animales tout en stimulant la productivité.

Cette initiative intervient alors que les deux pays font face à de forts défis agricoles. En Mauritanie, l’agriculture représente environ 21 % du PIB et 34 % de l’emploi, mais elle repose sur une part très faible de terres arables exploitées, à peine 0,5 % du territoire. Au Maroc, malgré une diversification agricole en progrès et des pratiques durables, le secteur reste vulnérable à la sécheresse et aux pertes d’emplois ruraux, comme le signale la Banque mondiale. Des programmes de résilience climatique sont toutefois en cours pour stabiliser les rendements et renforcer l’emploi.

Félicien Houindo Lokossou

Edité par Sèna D. B. de Sodji

(Agence Ecofin)