En trois ans, les engagements de la BAD en Mauritanie sont passés d’environ 147 à 655 millions de dollars, dans le cadre du Document de stratégie pays 2023‑2028 et sur fond de renforcement du cadre macroéconomique du pays.
La Banque africaine de développement (BAD) a indiqué le 8 juillet 2026 avoir porté en trois ans ses engagements financiers en Mauritanie de 147 à 659 millions de dollars, dans le cadre de son Document de stratégie pays 2023‑2028 et en soutien aux principaux secteurs productifs du pays. 147 à 659 millions de dollars d’engagements ont ainsi été mobilisés sur trois ans par la BAD en faveur de la Mauritanie.
Selon l’institution panafricaine, cette hausse des engagements traduit un renforcement rapide du partenariat avec Nouakchott, sur fond d’amélioration de la crédibilité économique du pays et de montée en puissance de projets structurants dans l’énergie, l’eau, l’agriculture, les transports et le secteur privé. La BAD explique que cette progression des financements reflète à la fois la hausse de la solvabilité perçue de la Mauritanie et l’alignement de nouveaux projets sur les priorités nationales de développement.
“Cette progression des engagements de la Banque africaine de développement découle du renforcement de la crédibilité économique et de la solvabilité de la Mauritanie, portées par la découverte d’importantes réserves de pétrole et de gaz.” — Kerwin Mayizo, analyste politique, Africa24 TV
Une montée en charge adossée aux hydrocarbures et aux besoins d’infrastructures
Entre 2023 et 2025, les engagements nets de la Banque africaine de développement (BAD) en Mauritanie sont passés d’environ 147 millions à 655 millions de dollars. Cette progression s’inscrit dans le cadre du Document de stratégie pays 2023-2028 et intervient dans un contexte marqué par un renforcement du cadre macroéconomique du pays. La BAD détaille que la Mauritanie a enregistré une hausse rapide de ses engagements nets entre 2023 et 2025, dans le cadre de la mise en œuvre du DSP 2023‑2028.
La Mauritanie bénéficie de nouvelles perspectives énergétiques, notamment avec le projet gazier transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), développé avec le Sénégal. Ces perspectives contribuent à renforcer l’attractivité économique du pays auprès des investisseurs et partenaires financiers. La hausse des engagements de la BAD s’inscrit toutefois principalement dans le cadre du Document de stratégie pays 2023-2028 et du financement de projets dans plusieurs secteurs prioritaires. Le DSP 2023‑2028 encadre l’appui de la Banque à la Mauritanie dans des secteurs considérés comme prioritaires, notamment les infrastructures et le développement du secteur privé.
En parallèle, la Banque rappelle que son portefeuille intervient de manière ciblée sur l’énergie, l’agriculture, l’eau, les transports, la gouvernance économique et le soutien au secteur privé, en particulier l’entrepreneuriat des jeunes. La BAD indique que les financements sont prioritairement orientés vers des projets d’infrastructures et de services de base à fort impact sur la croissance et l’emploi.
Les axes du Document de stratégie pays 2023‑2028 de la BAD
La montée rapide des engagements s’inscrit dans le Document de stratégie pays (DSP) 2023‑2028 du Groupe de la BAD pour la Mauritanie, qui encadre les opérations de l’institution sur la période. Le DSP 2023‑2028 pour la Mauritanie fait de la consolidation des infrastructures énergétiques et de transport, ainsi que du développement du secteur privé, des axes prioritaires d’intervention.
Ce cadre stratégique est conçu pour accompagner les priorités nationales de diversification de l’économie, encore très dépendante des industries extractives et de la pêche, tout en renforçant la résilience climatique et la gouvernance économique. La Banque y identifie comme enjeux structurants l’élargissement de l’accès à l’énergie et à l’eau, l’amélioration des corridors de transport et l’approfondissement du financement du secteur privé.
Déploiement sectoriel : énergie, eau, agriculture et secteur privé
Dans sa communication, la BAD insiste sur le caractère multisectoriel des financements engagés sur la période récente. La Banque détaille que ses interventions couvrent l’énergie, l’agriculture, l’eau, les transports, la gouvernance économique, l’entrepreneuriat des jeunes et le développement du secteur privé.
Sur le volet financier, cette dynamique se conjugue à des outils dédiés au secteur bancaire et aux PME mauritaniennes. La BAD a notamment approuvé une facilité de financement du commerce de 20 millions d’euros en faveur de Générale de Banque de Mauritanie, combinant une ligne de crédit et une garantie de transactions orientées vers les PME opérant dans l’industrie légère, la pêche, les énergies renouvelables, les infrastructures, l’agriculture, le commerce, les télécoms et les services.
“Ces fonds sont prioritairement alloués à des initiatives structurantes ayant un impact direct sur le quotidien des citoyens, notamment en facilitant l’accès à l’eau potable, à l’énergie et aux infrastructures de transport.” — Kerwin Mayizo, analyste politique, Africa24 TV
Cap sur la mise en œuvre des projets d’ici 2028
Pour la BAD, l’enjeu est désormais l’exécution rapide et la qualité de la mise en œuvre des projets déjà engagés dans le cadre du DSP 2023‑2028. La Banque souligne que les nouveaux engagements visent à renforcer les infrastructures de base, soutenir le secteur privé et accompagner la transformation économique de la Mauritanie sur la durée de la stratégie.
Les prochains jalons porteront sur l’atteinte des objectifs sectoriels fixés dans ce document de stratégie, notamment en matière d’accès à l’énergie et à l’eau, de connectivité des territoires et de financement des entreprises, à mesure que les décaissements suivront le calendrier opérationnel arrêté entre la BAD et les autorités mauritaniennes. Le DSP prévoit une montée en charge progressive des projets jusqu’en 2028, avec un suivi axé sur les résultats en termes d’infrastructures, d’emploi et de participation du secteur privé.
capmad