Dernière ligne droite de la présidentielle au Sénégal : l’issue du scrutin est incertaine, les candidats ne se creusent pas les méninges !   
20/02/2007

La campagne électorale pour l’élection présidentielle au Sénégal, qui a commencé le 4 février, a entamé sa dernière ligne droite avant le vote décisif de dimanche prochain. Les 4,9 millions d’électeurs, sur une population totale de près de 11 millions, doivent choisir sur une liste de 15 candidats celui qui dirigera leur pays durant les cinq prochaines années.



Les prétendants à la magistrature suprême ont dépensé beaucoup d’énergie durant ces deux semaines de campagne en enchaînant les meetings et en parcourant des milliers de kms à la rencontre du "peuple d’en bas". Le président sortant Abdoulaye Wade brigue un second mandat avec l’ambition de terminer ses "grands chantiers": construction d’une autoroute de 40 kms, érection d’un nouvel aéroport de 500 millions d’euros devant remplacer celui de Dakar saturé, agrandissement de la corniche de Dakar pour en faire "la plus belle de l’Afrique de l’ouest" et accueillir dans de bonnes conditions le sommet de l’organisation de la conférence islamique (OCI) en 2008. Le parti socialiste, affaibli par une double candidature à cette élection, a choisi d’axer son discours électoral sur la "bonne gouvernance" pour tenter de récupérer le pouvoir qu’il avait perdu en 2000. Pour convaincre les électeurs et proposer des solutions à leurs problèmes, les candidats ont choisi de ne pas se creuser les méninges.
L’un s’est engagé à construire une "centrale nucléaire", au moment où le trésor peine à payer les sociétés de raffinage pour assurer les besoins énergétiques du pays et mettre un terme aux coupures d’électricité qui continuent de mener la vie dure aux sénégalais. L’autre a juré de "vendre" l’avion présidentiel pour réduire le train de vie de l’Etat, comme si le prix de cession d’un appareil allait transformer en rose la vie des 5 millions de chômeurs. Un candidat indépendant, qui se pose pourtant en "grand défenseur" de l’indépendance de la justice, croit avoir trouvé la parade, en proposant la "suppression" du conseil supérieur de la magistrature.
Et qui va contrôler les magistrats, sanctionner les véreux et récompenser les intègres? les auditeurs d’une émission interactive sont restés sur leur faim en entendant ce novice faire une entrée ratée en politique. L’émigration, qui a fait l’actualité au Sénégal durant les deux dernières années, est évoquée de façon superficielle. Au lieu d’avancer des solutions permettant de retenir sur place les jeunes et les dissuader d’emprunter les vagues périlleuses de l’atlantique, les candidats ont choisi la voie de la facilité en dénonçant les accords de rapatriement signés avec l’Espagne et la France. La Casamance, en proie à un conflit armé depuis plus de deux décennies et séparée du reste du Sénégal par la Gambie, a fait une entrée fracassante en campagne avec une tentative du candidat et leader de l’alliance des forces du progrès (AFP), Moustapha Niasse, d’exhumer, pour des raisons électoralistes évidentes, le naufrage du bateau le "joola" en septembre 2002 (1863 morts) pour en imputer la "responsabilité" au président Wade. Les libéraux au pouvoir, touchés dans l’âme, ripostent et affirment que "si ce n’était la magnanimité de Me Wade, beaucoup de socialistes seraient aujourd’hui en prison". La polémique s’installe et la violence commence à s’inviter dans les meetings, mais heureusement que les religieux, véritables régulateurs de la vie politique et sociale au Sénégal, sont là pour rappeler à l’ordre les politiciens. Le discours des candidats n’emballe presque personne et les sénégalais découvrent que cette campagne est la plus terne de toute l’histoire de leur pays. Pourtant, l’issue du scrutin de dimanche reste indécise. Si Me Wade part avec les faveurs des pronostics, plusieurs observateurs n’écartent pas l’éventualité d’un second tour au vu de la pléthore des candidats et de l’éparpillement des voix qu’elle entraîne. Et en attendant le verdict des urnes, les amis du Sénégal retiennent leur souffle.
(Mohamed Touzani, Map)


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