Insécurité au Sénégal : Un responsable du PDS égorgé en Casamance   
03/01/2007

Des séparatistes casamançais  présumés ont assassiné samedi 31 décembre en lui tranchant la gorge un  responsable local du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) du  président Abdoulaye Wade. Des hommes armés ont attaqué Mamadou Lamine Badji chez lui,  dans le village de Sindia, à une cinquantaine de kilomètres de  la capitale provinciale, Ziguinchor. "Ils sont venus chez Badji. Ils ont mis le feu à sa maison, ils l’ont tiré de côté et lui ont tranché la gorge", ont précisé des sources sécuritaires sénégalaises à Reuters.



Le Premier ministre Macky Sall a dénoncé à la radio cet assassinat, commis à la veille de la grande fête musulmane de l’Aïd al Adha, la fête du sacrifice au cours de laquelle les
fidèles égorgent un mouton. La Casamance, seule région du Sénégal où les chrétiens sont
majoritaires, connaît depuis plus de vingt ans une insurrection séparatiste menée par le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
Deux ans jour pour jour après la signature d’un accord historique de paix en Casamance (sud du Sénégal), le président du Conseil régional de la région a été tué dimanche par des rebelles dissidents présumés, soulignant la fragilité de ce processus de paix.
A Dakar, le chef de l’Etat Abdoulaye Wade a dénoncé cet "assassinat dans des conditions tout à fait lâches et ignobles" par des "bandits qui prétendent défendre une cause". Il s’agit de la plus importante personnalité assassinée dans cette région depuis le meurtre d’un sous-préfet début 2005.
Selon ses proches, le président du Conseil régional El-Hadj Oumar Lamine Badji a été "égorgé" dans la nuit de samedi à dimanche dans son village natal de Sindian, à environ 50 km au nord de Ziguinchor, par des hommes armés qui ont ensuite incendié son domicile et son véhicule.
Né en 1949, M. Badji était président de l’institution régionale depuis 2002 et membre du comité directeur du Parti Démocratique Sénégalais (PDS, au pouvoir). Il était un "compagnon" de la première heure du chef de l’Etat, longtemps dans l’opposition avant son élection en 2000 à la présidence.
Il avait fait partie d’un groupe de quatre députés qui avaient pour la première fois rencontré des membres de la rébellion du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Cette rencontre avait abouti à la signature du premier cessez-le-feu en 1991.
Le 30 décembre 2004, les rebelles avaient signé avec le gouvernement un accord de paix censé mettre fin à un conflit ayant fait des centaines de morts depuis décembre 1982, particulièrement par les mines antipersonnel.
Mais des négociations de paix prévues par cet accord ont été reportées à deux reprises fin 2005 et début 2006. Et des rebelles dissidents, menés notamment par Salif Sadio, continuent le combat, près de la frontière gambienne, au nord de Ziguinchor.
Les attaques de ces dissidents, éclatés en plusieurs groupes, se sont intensifiées depuis la mi-décembre après le redéploiement de l’armée dans le nord de la Casamance, perçu comme une provocation.
Dans des communiqués distincts, plusieurs chefs de maquis ont également critiqué l’implication du Maroc dans les opérations de déminage, entamées à la mi-décembre en Casamance. Une centaine de spécialistes militaires marocains sont récemment venus épauler leurs collègues sénégalais. Le 20 décembre, deux militaires sénégalais ont été tués et quatorze blessés dans la région de Ziguinchor dans l’attaque de leur convoi par des hommes armés. Ils étaient en charge de la sécurité de spécialistes sénégalais et marocains engagés dans les opérations de déminage. "Nous savons que la plupart (des rebelles indépendantistes casamançais) qui avait pris les armes les ont déposés et maintenant ce sont des partisans de la paix avec qui nous sommes en rapport quotidiennement", a assuré le président Wade. "Il y a toujours des éléments qui veulent troubler ce processus de paix et faire croire que la Casamance est en guerre. Ce n’est pas vrai. Nous sommes au bout du processus d’établissement d’une paix définitive", a-t-il insisté.
"Mais il y a des gens qui sont contre la paix (...). Ce sont eux qui ont commis cette agression, cet assassinat. Nous poursuivons les enquêtes. La République appliquera la loi d’une manière tout à fait stricte", a-t-il conclu


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