Sénégal:100.000 dollars comme cadeau d’adieu au délégué du FMI   
26/10/2009

Après l’avoir nié, le gouvernement sénégalais a reconnu lundi avoir donné de l’argent en guise de cadeau d’adieu au représentant du FMI à Dakar à la fin de ses trois ans de poste. Selon la presse locale, le cadeau se montait à 100.000 dollars.



"Il existe en Afrique une tradition qui veut que l’on offre un cadeau à un visiteur lorsqu’il s’en va", a déclaré le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndene Ndiaye aux médias d’Etat. Alex Segura, le délégué du FMI, a renvoyé l’argent dans les jours qui ont suivi sa réception. Pendant son séjour, il avait à plusieurs reprises critiqué la politique budgétaire du gouvernement. "Ce qui est arrivé avec Segura ne peut être présenté comme de la corruption. La mission de M. Segura avait pris fin", a ajouté le Premier ministre.
"Il ne s’agissait pas pour nous de le corrompre, ce n’était pas une corruption", a plaidé le chef du gouvernement, Souleymane Ndéné Ndiaye, dans une interview publiée par le journal Kotch. "Mais ce qui s’est passé, c’est que nous avons cherché à aider quelqu’un à acheter des cadeaux pour ses parents parce qu’il venait de quitter le Sénégal après un séjour de trois ans", a-t-il assuré. Pour la première fois, un représentant du gouvernement reconnaît ainsi explicitement qu’une somme d’argent a été donnée à M. Segura. Mais M. Ndiaye explique ce geste par "une tradition en Afrique": "quand vous avez quelqu’un qui vient vous voir, vous lui offrez un cadeau à son départ". A la question "Un cadeau de 100.000 euros ne saurait être symbolique", le Premier ministre répond: "Figurez-vous, 100.000 euros, c’est rien. Sans que je puisse même confirmer la somme, c’est quand même quelqu’un (Alex Segura, ndlr) qui est à l’étranger. (...) Avec cette somme, qu’est-ce que vous pouvez acheter en France ? Vous ne pouvez même pas vous payer un appartement"""". La teneur de l’interview publiée par Kotch n’a pas été contestée par les services du Premier ministre, selon l’un de ses conseillers interrogé par l’AFP. Le même jour, le porte-parole du gouvernement, Moustapha Guirassy, assurait pourtant dans une interview accordée au quotidien L’Observateur: "Le gouvernement du Sénégal n’est pas du tout impliqué, ni de près ni de loin, dans cette affaire (...) L’Etat n’a pas du tout été impliqué". L’affaire dite du "cadeau monétaire" - reçu par M. Segura après un dîner à la présidence de la République sénégalaise le 25 septembre puis restitué, plus tard, en Europe, aux autorités sénégalaises - fait scandale à Dakar. Pendant sa mission au Sénégal, M. Segura avait critiqué à plusieurs reprises la gestion des fonds publics par l’Etat. "M. Segura nous a posé tous les problèmes du monde pendant son séjour. Comment peut-on corrompre un agent qui a entretenu des relations pour le moins toujours heurtées avec le gouvernement du Sénégal?", interroge le Premier ministre dans son interview. "On corrompt quelqu’un qui arrive ou de qui nous attendons des actes, mais franchement M. Segura qui quitte Dakar ne pouvait plus nous servir à quelque chose. Il ne nous a jamais rendu service, il a fait son travail convenablement" insiste-t-il. Le président sénégalais Abdoulaye Wade ne s’est jamais exprimé à propos de cette affaire. Un journal sénégalais, Le Quotidien, a assuré lundi que le président Wade avait reçu le 23 octobre une lettre du directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le mettant en demeure de s’expliquer "dans les plus brefs délais"

 


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