Invité par la BBC, Griffin se défend d’être un nazi   
22/10/2009

 Le président du British National Party (BNP) Nick Griffin, dont l’invitation à participer pour la première fois à un débat de la BBC a suscité un vif émoi en Grande-Bretagne, s’est défendu jeudi d’être un nazi tout en exposant ses thèses anti-immigration. Un demi-millier de personnes s’étaient réunies jeudi soir à l’appel d’associations antiracistes devant le siège de la BBC, dans l’ouest de Londres, pour protester contre la participation de Nick Griffin à l’émission "Question Time" - une première -, qui réunit régulièrement trois millions de téléspectateurs.



Six personnes ont été arrêtées et trois agents de police ont été blessés lors de cette manifestation, a déclaré la police. Un petit nombre de manifestants ont brièvement réussi à s’introduire dans le bâtiment de la BBC avant d’être expulsés manu militari. Lors d’un débat d’une heure très animé, Nick Griffin a accusé les gouvernements successifs d’avoir commis un génocide contre le peuple britannique en menant des politiques d’immigration permissives. Souvent conspué ou moqué par le public en plateau, le leader d’extrême droite a jugé que l’islam entrait en contradiction avec les valeurs fondamentales de la société britannique et il a accusé la classe politique d’avoir mené "une expérience multiculturelle colossale" aux dépens du peuple britannique. Griffin a été questionné par ses contradicteurs sur ses commentaires passés sur la Seconde Guerre mondiale et l’Holocauste. "Je ne suis pas nazi, je ne l’ai jamais été", a-t-il dit, précisant n’avoir aucune "conviction" négationniste. Le ministre de la Justice, Jack Straw, qui participait à l’émission, a qualifié Griffin de "théoricien du complot" et l’a accusé de définir toute sa politique autour de la notion de race.
L’EXEMPLE DE LE PEN
La polémique avait gagné dans la journée jusqu’au plus haut sommet de la classe politique, deux ministres de haut rang s’élevant contre la décision de la BBC d’inviter Griffin. Pour sa part, le Premier ministre Gordon Brown avait jugé, tout en laissant à la BBC le choix de ses invités, que l’apparition du BNP à la télévision se retournerait contre le parti d’extrême droite. Le directeur général de la radio-télévision publique, Mark Thompson, avait déclaré que cette invitation se fondait sur le niveau de soutien recueilli par le BNP lors des dernières élections européennes et locales, en juin. Le BNP, qui prône l’arrêt de l’immigration, le rapatriement volontaire des immigrés et le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, a gagné deux sièges au parlement européen. Non représenté aux Communes, il présentera plusieurs centaines de candidats aux prochaines législatives, d’ici juin. Les partis parlementaires redoutent qu’il n’attire des électeurs mécontentés par la récession et le scandale des notes de frais. "Pendant une récession, les gens sont tentés de voter contre leurs penchants traditionnels, comme le Labour, ce que je regrette. Mais je veux persuader les gens que voter pour le BNP n’est pas la bonne chose à faire", a dit Gordon Brown. Mark Thompson a estimé que c’était au parlement et au gouvernement d’interdire ou de censurer les partis. Il a rappelé que pendant les années 1980, Margaret Thatcher avait interdit d’antenne le Sinn Fein, aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA). "Même si nous avions présenté des arguments contre cette décision, nous l’avions appliquée. Si le BNP était interdit, la BBC se rangerait également à cette décision et le BNP n’apparaîtrait pas dans Question Time", a-t-il écrit dans un article paru dans The Guardian. Certains commentateurs politiques soulignent que le leader de l’extrême droite française Jean-Marie Le Pen a réussi à élargir son audience grâce à la télévision dans les années 1980. Pour Diane Abbott, première députée noire de Grande-Bretagne, la participation de Nick Griffin au débat de la BBC est "une erreur et une insulte". "Le résultat, c’est que cela le crédibilise, voilà pourquoi c’est une erreur", a-t-elle dit à la BBC.


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