Sommet sur le climat à New York: Résultats en dessous des attentes   
24/09/2014

Le Sommet 2014 sur le climat s’est tenu le 23 septembre au siège de l’ONU à New York en présence de 120 dirigeants du monde parmi lesquels le président Mohamed Ould Abdel Aziz. "Le changement climatique menace la paix la prospérité et les chances de réussite de milliards de personnes", a indiqué...



...le secrétaire général de l’ONU  Ban Ki Moon dans une allocution au cours de   laquelle, il a appelé les Gouvernements -dans la perspective d’ un accord universel sur le climat à Paris en 2015-  à fournir  100 milliards de dollars par an au Fonds vert pour le climat décidé à Copenhague en 2009 lequel manque de moyens et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
M Ban  a également demandé  aux  pays  à  ne  pas émettre, plus de carbone que la planète ne peut absorber et à faire tout pour limiter la hausse de la température mondiale.
Mais, deux des plus gros pollueurs du monde,  notamment, la Chine et l’Inde, ne sont pas représentés par leurs chefs d’Etat au Sommet compromettant  ainsi  sa réussite malgré  la plus forte présence  de  chefs d’Etat jamais réunis pour discuter du climat.
  
Le Sommet s’est achevé sur de maigres résultats car  le Fonds vert n’a récolté que deux promesses  pour 2 milliards de dollars, données  par l’Allemagne et la France,  loin donc, de l’objectif qui était de réunir 10 milliards de dollars d’ici la fin de 2014 et 100 milliards par an à partir de 2020.
Le vice-premier ministre chinois qui représentait son pays a indiqué clairement que la Chine travaillera autrement.
Des pays africains et sud américains ont engagé la responsabilité des pays industrialisés et leur ont demandé de supporter l’ardoise.
 Les associations écologistes n’étaient pas enthousiasmées par les résultats. ActionAid USA  et Oxfam ont  parlé d’un «insuffisant et timide» premier pas.  
Greenpeace  a regretté  que des détails «restent flous» avec les poursuites des prospections et de l’exploitation  du charbon, pétrole et gaz .
Tout indique que les dirigeants du monde ont donc fait semblant de vouloir protéger la planète. 
La star hollywoodienne Leonardo DiCaprio, l’acteur de "Titanic", nommé par l’ONU Messager de la paix pour le climat, l’a dit  chefs d’Etat : "Je gagne ma vie en faisant semblant mais vous ne pouvez pas vous le permettre".

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a prononcé à l’occasion  de ce sommet un discours  bilan des stratégies nationales et régionales en matière d’adaptation aux changements climatiques devant le "Trusteeship" .
Et en marge des travaux le Président Aziz a eu des entretiens en tête avec Manuel Barroso  président de la Commission de l’Unio Européenne .
Dans l’après-midi du 23 septembre le Président mauritanien a reçu dans sa résidence à l’Hôtel  Waldorf Astoria, le président Tunisien  Moncef Marzouki   avant d’assister dans la soirée à un diner organisé par le président Barak Obama à l’honneur des dirigeants invités au Sommet sur le Climat .
Le Président Aziz va s’exprimer le 24 septembre à la tribune des Nations Unies lors de la 69 eme  session de l’Assemblée Générale .

 Ci-dessous le discours prononcé le 23 septembre lors du  Sommet sur le  Climat

" Il m’est particulièrement agréable de féliciter de féliciter leur Excellence Monsieur François Hollande et Monsieur Ollanta Humala pour la coprésidence de notre actuel sommet ; sommet

sur lequel tous les peuples du monde fondent de grands espoirs pour faire face aux dangers des changements climatiques et garantir à l’humanité un avenir radieux.

Je voudrais également remercier, vivement, Son Excellence Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies, pour son initiative de tenir ce sommet et pour ses efforts inlassables en faveur de la protection de l’environnement et d’une meilleure prise de conscience internationale sur les graves dangers que font peser les changements climatiques, sur le présent et l’avenir de la vie, sur notre planète.

La tenue de ce sommet intervient dans un contexte marqué par une aggravation des effets des changements climatiques qui se produisent, avec un rythme inquiétant, et qui se manifestent, notamment, par une détérioration de la couche d’ozone, une augmentation sans précédent de la température, en plus des inondations, de l’élévation du niveau de la mer, du déclin de la biodiversité et de la propagation des maladies contagieuses à travers le monde. Il en résulte des impacts négatifs sur la santé la sécurité alimentaire et le développement économique.

Ce sommet constitue, pour les dirigeants du monde, une précieuse opportunité pour examiner les différents défis environnementaux et prendre des décisions appropriées pour faire face aux dangers, consécutifs aux changements climatiques, qui menacent le monde.

Si les changements climatiques sont un phénomène global qui n’épargne aucune région du monde, les pays africains, dont la majorité des populations vit essentiellement des ressources naturelles, particulièrement l’agriculture, l’élevage et la pêche, sont les plus touchés par les effets de ces changements climatiques. Trente Six Etats africains figurent parmi les cinquante pays du monde les plus affectés par ce phénomène.

Les bouleversements climatiques, la dégradation des terres, la régression de la biodiversité, la pollution marine et l’augmentation des déchets sont autant de facteurs qui menacent le continent africain et entravent son développement.

De même, la désertification, la sécheresse et la baisse des cours d’eau détruisent, chaque année, de grandes parties des terres arables en Afrique, de manière générale et des pays sahéliens, en particulier. Ces facteurs hypothèquent aussi les efforts entrepris en faveur du développement des secteurs de l’agriculture et de l’élevage en vue de réaliser l’autosuffisance alimentaire.

Les effets des changements climatiques ne se limitent pas à ce stade, ils influent aussi sur les conditions de vie des populations africaines en occasionnant des pertes économiques considérables pour les pays du continent ; et ce au moment où la responsabilité de ces pays, dans l’émission des gaz à effet de serre reste très limitée.

Convaincus du danger que représente le changement climatique pour le présent et l’avenir de leurs pays et conscients de leur responsabilité dans ce domaine, les Etats africains réaffirment leur ferme détermination à honorer leurs engagements issus de la déclaration de Rio sur l’environnement et le développement et du plan d’action de Johannesburg pour le développement durable ainsi que du document final de la Conférence de Rio + 20 et du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD).

C’est ainsi que les états africains ont œuvré à la réalisation de l’ensemble des initiatives relatives aux changements climatiques, à l’environnement et à la gestion des ressources naturelles. Ils ont intégré les stratégies d’adaptation au changement climatique dans leur politique nationale de développement, tout comme ils ont adopté une position africaine commune sur l’agenda de développement post 2015 conformément à leur vision à l’horizon 2063, arrêtée lors du dernier sommet de Malabo.

Au moment où nous renouvelons, au niveau de l’Union Africaine, notre détermination à oeuvrer à faire face, de façon efficace, au danger du changement climatique, nous appelons tous les pays, en particulier les plus développés, à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et au respect de leurs engagements en matière de mobilisation des financements nécessaires en faveur du Fonds Vert sur l’Environnement, du transfert de technologies respectueuses de l’environnement et de la contribution au développement des capacités de prévention et de réaction aux catastrophes pour en limiter les conséquences néfastes pour les populations, en particulier les franges qui vivent dans des conditions économiques précaires.

jsnnnnnvj,

Les préoccupations de la République Islamique de Mauritanie et les aspirations africaines, en matière de lutte contre les effets des changements climatiques, se recoupent parfaitement bien.

Le climat saharien qui couvre les trois quarts du territoire mauritanien et les facteurs de la sécheresse et de la désertification grandissante rendent la Mauritanie très vulnérable aux changements climatiques qui représentent une réelle menace pour le développement du pays.

C’est pourquoi, le Gouvernement mauritanien a placé la protection de l’environnement et la lutte contre la désertification au centre de ses préoccupations en introduisant le principe de la gouvernance environnementale dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté qui constitue la référence principale des politiques économique et sociale de l’Etat, à moyen et long termes.

La consécration du principe de la gouvernance environnementale s’est renforcée pour englober de nombreux domaines vitaux dont, principalement, la maîtrise de l’énergie, la protection de la biodiversité et la lutte contre la désertification.

Les politiques d’incitation et de promotion des énergies alternatives, ont permis à la Mauritanie de figurer au premier rang des pays africains producteurs des énergies renouvelables, tirant ainsi profit de sa position géographique qui lui confère un niveau de rayonnement solaire élevé.

S’agissant de la biodiversité, les autorités mauritaniennes ont assuré la protection des espèces végétales et animales menacées de disparition tout comme elles ont préservé le littoral qui s’étend sur 750 kilomètres le long de l’océan atlantique. C’est ainsi qu’elles ont institué les deux réserves naturelles protégées d’intérêt mondial: le Parc du Banc d’Arguin et celui de Diawling. Ces deux réserves constituent une destination privilégiée pour des milliers d’oiseaux migrateurs et d’un grand nombre d’espèces diverses marines et continentales.

La Mauritanie qui entreprend des efforts nationaux appréciables dans le domaine de la plantation des arbres et de la protection des villes contre l’ensablement, héberge aussi le siège de l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille Verte qui vise, outre son rôle de barrière à l’avancée de la désertification et de l’ensablement, l’accroissement des superficies boisées pour participer à la création de puits de carbone et aider ainsi à augmenter le potentiel de séquestration dans le cadre de la mise en oeuvre de la convention cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques. Ce projet de muraille verte qui s’étend sur onze pays africains, du Sénégal à Djibouti est donc d’une importance capitale et sa réussite aura un impact largement positif sur l’environnement et des retombées économiques considérables pour les populations des pays, concernés. C’est pourquoi la mobilisation des partenaires de l’Afrique pour soutenir ce projet est nécessaire.

La réussite de l’ensemble des stratégies nationales et régionales requiert d’énormes investissements et financements que les pays africains ne sauraient mobiliser sans l’appui des pays industrialisés qui disposent de la technologie et de l’expertise nécessaires.

Je suis convaincu que ce sommet nous permettra de franchir une étape décisive dans la mobilisation en faveur de la conclusion, en 2015 à Paris, d’un accord historique, accepté par tous les pays, en vue de faire face aux effets des changements climatiques. Cet accord est indispensable. Nous avons tous la responsabilité d’aboutir à cet accord sur l’objectif que la communauté internationale s’est fixé de contenir le réchauffement

climatique à moins de 2°C. " Oui, nous le pouvons" et, je profite de cette tribune pour lancer un appel pressant en direction du Fonds pour l’Adaptation, créé en vertu du protocole de Kyoto pour venir en aide aux pays africains parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les

changements climatiques, particulièrement exposés aux effets néfastes du dérèglement climatique, afin de leur permettre de supporter les coûts de l’adaptation et de développer une réelle capacité de résilience à la variabilité croissante du climat.

Enfin, je ne saurai terminer sans souhaiter plein succès aux travaux de notre sommet.

Je vous remercie".


 


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