Depuis cinq ans, le Groupe musical des personnes handicapées organise chaque année, un festival international pour favoriser l’intégration culturelle des personnes handicapées. Chaque année aussi, le Président de la République est désigné comme parrain pour soutenir ...
... financièrement ces personnes qui souffrent d’un handicap. Cette contribution, n’est jamais parvenue à ces derniers qui arrivent nonobstant le manque de moyens financiers, à mobiliser leurs frères et amis des pays d’Afrique de l’Ouest. Ils seront 6 pays à prendre part au festival international pour personnes handicapées qui se déroulera du 02 au 03 décembre en cours à Nouakchott. Déjà , le Sénégal et le Togo sont arrivés et installés. La Gambie, le Mali, la Guinée Bissau et le Libéria, sont en route, souligne Mr Camara président du comité d’organisation. En conférence de presse inaugurale, Mr Mohamed Camara, président du festival, a déploré le manque de soutien des sociétés privées et publiques de la place mais aussi et surtout, du Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz avec qui, il comptait beaucoup pour appuyer l’évènement. « Si on parle de festival, c’est à grâce au Président de la République qui nous a encouragé à faire quelque chose concernant les personnes handicapées dans le cadre de la musique et du sport» déclare Mohamed Camara. « Cela nous a permis d’organiser chaque année, malgré les difficultés rencontrées, des manifestations pour personnes handicapées » poursuit-il. Ces handicapés, faut-il le souligner ont déjà organisé des handifestilvals et remportées des médailles au nom de la Mauritanie. Mais, pour ces personnes, « à chaque fois qu’on organise une manifestation, aucune société encore moins l’Etat, ne nous soutient financièrement pour la simple raison que nous sommes handicapées alors qu’on débloque des millions pour organiser des festivals de dates, de villes anciennes et d’autres manifestations culturelles … », déplore-t-il. Un budget insuffisant ! Pour cette 5ème édition, le budget prévu est de 13 millions de nos ouguiyas. Mais, à en croire le président du festival, seuls 4,5 millions d’ouguiyas sont disponibles et constituent les seules contributions de la société TASIAST, du PNUD, du Ministère de la Culture et de l’artisanat et de celui des Sports, révèle le président Camara. « Nous n’avons même pas eu le quart de notre budget, ce qui signifie que nous avons des problèmes », a-t-il dit avant de préciser que c’est à ce niveau financier qu’ils sont confrontés à des problèmes mais sur le plan organisation, « tout se passe bien ». Compte tenu des difficultés financières, les organisateurs qui avaient prévu 460 personnes, ont finalement revu l’effectif à la baisse jusqu’à 80 personnes. « Nous tenons quand même à organiser l’évènement pour montrer aux gens que nous existons dans ce pays. Nous ne demandons pas de la charité, non, nous avons des droits et des devoirs dans ce pays comme tout autre citoyen » soutient Mr Camara. Ce que nos concitoyens handicapés veulent, c’est une reconnaissance à travers des manifestations du genre, de leur savoir-faire, pour que les décideurs étatiques puissent les intégrer dans la société et dans leurs programmes. Le menu de l’évènement Malgré les difficultés, l’évènement se tiendra à date. Il est prévu des volets comme la musique, le sport et les thèmes choisis cette année comme « Unité, Paix et respect des droits de l’homme : Fille en situation d’handicap et le risque de VIH/SIDA et l’excision ». Selon Mohamed Camara, «il est particulièrement important que le public prenne conscience de l’apport potentiel des personnes en situation d’handicaps, dans le processus de développement ». Toutefois, il a indiqué que « c’est le regard des autres et la façon dont est conçue l’environnement qui font que la personne est en situation d’handicap », déplore-t-il avant de pointer un doigt accusateur à la société. «La société est brutale ». Pour les handicapés, les gens n’ont pas encore compris le sens de leurs droits. Cette manifestation sera donc un prétexte pour démontrer qu’ils font partie de la société et par conséquent, leurs droits doivent être respectés. La cérémonie d’ouverture est prévue ce 02 décembre à l’ancienne maison des jeunes, des concerts musicaux également mais aussi au stade de Sebkha. Il y aura des conférences qui seront animées par des experts notamment le Pr N’Gam Hamidou, Timbo Camara et Lehbouss Ould El Ide. Tandis que les rencontres sportives de basket-ball sur fauteuil roulant seront dirigées par Isselkou Moctar. I.Badiane
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