Le mouvement des femmes mauritaniennes pour la promotion des droits des femmes a célébré, ce 24 novembre, par anticipation, la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes prévue le 25 novembre de chaque année. Plusieurs associations ou Ong ...
... de femmes ont répondu à l’appel du mouvement pour dire non aux violences à l’égard des femmes sous toutes leurs formes. Une occasion pour ces femmes, de lancer une campagne d’activisme et de sensibilisation contre les violences pour une durée de 16 jours jusqu’au 10 décembre, jour de la célébration de la journée des droits de l’homme. Sous le thème : « Brisons le silence en cas de violence faite aux femmes et aux filles », les femmes mauritaniennes réunies au sein d’un Mouvement pour la promotion des droits des femmes, ont tenu une conférence débat sur la problématique de la violence à leur égard, sous toutes ses formes. Parties des données des Nations unies pour lesquelles, «une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violence » sous quelque forme que ce soit, et aussi inquiétant que cela puisse paraître, les femmes mauritaniennes ont brandi le point fermé pour dire halte aux violences à l’égard des femmes. Des violences qui se produisent, selon Zeinabou Mint Taleb Moussa, présidente du mouvement des femmes mauritaniennes sous plusieurs formes : «au foyer, dans la rue, à l’école, au travail, en période de guerre comme en temps de paix ». Un combat pour tous … Aucune femme n’est à l’abri des violences, déclare Mme Yakharé Soumaré qui a soutenu que le combat doit être porté par tous y compris les hommes. Car, sans leur implication, « nous ne pouvons parvenir à atteindre nos objectifs » a-t-elle dit tout en appelant l’Etat à respecter ses engagements et à appliquer les conventions ratifiées par la Mauritanie dans ce sens. Pour sa part, Mekhfoula Mint Brahim, elle a soutenu qu’il faut un changement de mentalité des femmes pour aspirer à changer la situation. Pour ce faire, il faut s’organiser, s’unir et travailler en étroite collaboration. En outre, elle a soulevé la discrimination qui prévaut au sein des Ong. Ce qui constitue un handicap pour lutter contre le phénomène. Toutefois, convient-elle, il faut briser le silence, lever les tabous reconnaissant au passage les difficultés car les victimes ne veulent pas se dévoiler pour éviter la stigmatisation. Quant à Oumoukhelzoum Mint Med, elle a souligné que « cette journée n’est pas uniquement une célébration mais une occasion pour nous de réfléchir sur la situation générale de la femme pour faire une évaluation du combat que nous menons ». Elle a pointé un doigt accusateur à l’Etat qu’elle considère comme le premier obstacle et le premier violeur des règles du jeu. Plus grave selon elle, « le viol, le harcèlement sexuel dans les milieux socio-professionnels sont tus » a-t-elle dit. Comment alors briser le silence face à cette situation et une société aussi réfractaire à certaines choses ? S’interroge-t-elle. « Nous ne pouvons éradiquer le viol tant que les mentalités n’ont pas changé. Nous ne sommes pas en sécurité » poursuit-elle. Plusieurs femmes ont mis l’accent sur les considérations sociétales qui minent l’émancipation de la femme. Des efforts déployés, un Etat à la traîne Depuis 2012, plus de 5000 femmes mauritaniennes issues d’Ong diverses se sont mobilisées dans la rue pour organiser des marches parfois jusqu’à la présidence pour exiger la promulgation d’une loi criminalisant ce phénomène. Malgré les efforts consentis pour l’éradication de ces violences, ces dernières sont encore présentes et lourdes de conséquences selon les femmes qui exigent le droit à la protection et un réel engagement de l’Etat pour la mise en place d’une loi spécifique réprimant les auteurs de ces crimes. Mieux, elles ont lancé un appel à toutes les femmes pour briser le silence en cas de violence. Pourtant, soutiennent les femmes, des plaidoyers et des propositions de lois ont été faits et remis aux pouvoirs publics, mais aucune promulgation n’a été décidée jusqu’à ce jour. Aucune volonté politique n’est affichée par l’Etat pour mettre en place un arsenal juridique à même de protéger la femme mauritanienne confrontée depuis belle lurette à une situation lamentable. D’ailleurs, protestent les femmes du mouvement, depuis une année, les recommandations formulées par leur comité pour la mise en œuvre de la CEDEW (Convention pour l’élimination de toutes les formes de violences à l’égard des femmes), n’ont pas été suivies. Ce que déplorent les femmes qui font face à une insécurité galopante au quotidien. Toutefois, elles exhortent les pouvoirs publics à redoubler d’efforts afin de respecter leurs engagements vis-à -vis de la CEDEW. I.Badiane
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