Dans le classement mondial de la liberté de la presse en 2015 de Reporters sans frontières, le Maroc s’est hissé à la 130e place sur 180 pays. Le Royaume gagne ainsi six places mais reste devancé par la Mauritanie (55e), l’Algérie (119e) et la Tunisie (126e). Pour le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, ce classement « ne reflète pas la réalité ».
La réalité de la liberté de la presse au Maroc est beaucoup plus en avance par rapport au classement de certains rapports internationaux en la matière, a affirmé, jeudi à Rabat, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Les rapports publiés actuellement, et plus particulièrement ceux de Human rights watch et de Reporters sans frontières, ne parlent pas d’un recul de la liberté de la presse, mais d’une avancée réalisée en dépit des défis existants, a-t-il ajouté lors d’un point de presse à l’issue du Conseil de gouvernement. Mustapha El Khalfi a relevé que le Royaume a gagné six points dans le classement de Reporters sans frontières (RSF), après en avoir gagné deux auparavant. Pour lui, le classement global, qui place le Maroc à la 130e place parmi 180 pays, ne reflète pas le bon niveau de la liberté de la presse au Maroc. « Dans le cadre de la réforme du Code de la presse et de l’édition, le ministère de la Communication a présenté en octobre 2014 trois projets de loi, portant sur « la presse et l’édition », le « statut du journaliste professionnel » et le « Conseil national de la presse », souligne positivement RSF, non sans suggérer quelques amendements. Ces textes présentent une certaine avancée, notamment en ce qui concerne l’abandon des peines de prison pour les infractions de presse. Plusieurs amendements sont toutefois nécessaires afin de respecter les standards internationaux en matière de liberté d’information. Par ailleurs, même si le pays a connu en 2014 une légère hausse dans le classement, la liberté de l’information reste entravée dans les textes et dans la pratique par des lignes rouges que sont la monarchie, l’islam et l’intégrité territoriale, ainsi que les interdictions de publication pour délit de blasphème.
Extrait du rapport de RSF Le porte-parole du gouvernement a exactement mis l’accent sur la nouvelle politique adoptée pour faire face aux atteintes aux journalistes, tout en leur assurant les garanties juridiques nécessaires au niveau du nouveau code de la presse, dans le cadre de la réforme du système juridique régissant les domaines de la presse et de l’édition.
Le ministre a exprimé son souhait de voir l’opération d’introduction des modifications et remarques apportées par les instances professionnelles prendre fin très prochainement. « Nous sommes dans la phase finale de l’élaboration du sixième avant-projet à la lumière des remarques faites dans le cadre d’une approche participative », a-t-il dit à ce sujet.
AUCUNE PEINE DE PRISON CONTRE UN JOURNALISTE M. El Khalfi a indiqué, par ailleurs, que les indicateurs du ministère de la Justice et des libertés relatifs aux affaires liées à la presse montrent que la moitié des procès de ce genre jugés ont bénéficié de l’acquittement, alors que l’autre moitié a fait l’objet de verdicts imposant des amendes modérées. Il a fait remarquer qu’aucune peine de prison n’a été prononcée à l’encontre de journalistes durant l’année dernière. Le ministre a affirmé que les pouvoirs publics sont conscients des défis qui se posent, surtout en rapport avec la modernisation du système juridique, les révisions profondes dans ce sens et l’amélioration du climat général de pratique du journalisme. K.N avec agences Aufait.ma
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