Le procès de Biram Dah Abeid président de l’initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA non reconnue) et ses co-détenus s’ouvre le 24 décembre à Rosso. Les détenus ont été interpellés le 11 novembre aux abords de Rosso à l’issue d’une «caravane de sensibilisation» contre...
...un présumé «esclavage foncier» . La caravane a sillonné plusieurs villages du Brakna et du Trarza et tenu une semaine durant des meetings de sensibilisation contre «l’esclavage foncier». Certains des meetings ont été -selon des observateurs- une occasion pour tenir un discours «particulièrement raciste» à l’encontre des arabo-berbères. La caravane devait se terminer par un meeting à Rosso . C’est à l’entrée de cette ville que les autorités ont empêchés la trentaine de membres de la caravane rejoints entretemps par le président d’IRA d’y accéder. S’en est suivi une altercation qui s’est terminée par l’interpellation des activistes. Il s’agissait là de la troisième interpellation du président Biram après celles de 2011 et de 2012 suite aux affaires Mint Bakar Vall et l’autodafé des livres malikites, suite auxquelles, Biram et ses codétenus avaient été libérés sous pression de la communauté internationale et des organisations de la société civile. Les autorités qui affrontent maintenant un véritable noyau de déstabilisation d’un présumé système esclavagiste et raciste, reprochent cependant du menu fretin aux activistes : appartenance à une organisation non autorisée, résistance aux forces de l’ordre et apologie de la haine raciale. Des accusations sur lesquelles le pouvoir avait fermé l’œil durant la campagne à l’élection présidentielle de juin 2014 quand Biram alors candidat de taille en raison de sa stature internationale avait servi de faire-valoir dans une consultation électorale largement boycottée.
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