| Monsieur le Président du RIRM, mesdames, messieurs les Présidents, chers collègues, mesdames messieurs, Je suis particulièrement heureux de vous souhaiter la bienvenue ici, en Mauritanie. Aussi bien en mon nom personnel qu’au nom de la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel.
Aujourd’hui en Mauritanie, vous ne devez nullement vous sentir étrangers, d’abord parce que chez nous accueillir l’autre, ce n’est pas seulement lui offrir un havre de repos et de bienfaisance mais c’est aussi lui faire sentir que la tente où il se repose est la sienne. Ensuite parce que le monde méditerranéen a toujours été le notre car malgré l’éloignement et le Sahara qui nous sépare, la civilisation et la culture de ce vaste espace imprègne notre passé et notre présent. Hier nos ancêtres, les Almoravides, ont quitté ces terres arides pour aller jusqu’en verte Andalousie apporter leur culture et leur foi. Et depuis la relation n’a jamais été rompue avec nos frères du Nord, parfois ennemis parfois complices, l’échange humain et culturel ne s’est jamais démenti, les guerres, les paix, les alliances, ont scellé notre vivre-ensemble. Nos ulémas, nos poètes, nos commerçants ont sillonné tout ce vaste territoire sans bien se soucier de frontières que nous avons appris il y’a quelques décennies seulement à dessiner. Et votre présence ici témoigne bien de la solidarité active qui, au-delà du Sahara, nous unit toujours fortement. Chers amis, honorables invités, La rencontre d’aujourd’hui est un signe éloquent de la nécessaire solidarité qui, au-delà des mers, doit unir le Nord et le Sud. Il n’est, je crois, d’autre choix pour l’humanité que le dialogue des cultures et des civilisations. Il n’est d’avenir que dans la concertation et la solidarité. C’est pourquoi, le RIRM doit aussi apparaitre comme un pont entre les civilisations. Le choix de l’Arabe comme une langue du Réseau est d’ailleurs une preuve éloquente de la volonté de notre Réseau à embrasser les cultures du partenariat méditerranéen. Mais notre rencontre est, avant tout, un rendez-vous de réflexion, d’échange d’expérience et de partenariat. Nous nous interrogerons ensemble sur le présent et l’avenir de notre métier. Nous nous intéresserons donc à la régulation, à la gouvernance des médias et à l’indépendance des régulateurs, des thèmes qui sont au centre de notre quotidien. Mes chers collègues, Nous sommes heureux d’avoir aujourd’hui parmi nous, nos frères tunisiens de la HAICA. La Tunisie de la révolution de Jasmin vient d’organiser des élections législatives, exemple de crédibilité et de transparence et s’engage dans le parachèvement de son processus démocratique par l’élection prochaine du Président de la République. Nous lui souhaitons encore plus de succès. Nous sommes également heureux d’accueillir parmi nous Mr. Ahmed Ghazali, ancien président de la HACA marocaine et de notre réseau, le RIRM. La présence en notre sein de professeurs émérites, d’éminents experts, de praticiens chevronnés de la régulation des médias est un gage certain de fécondité pour nos débats et de réussite pour cette rencontre. Chers amis, La Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel qui vous accueille aujourd’hui est une institution jeune. Huit années d’existence. Seulement les immenses défis que nous avons eu à relever nous ont permis d’acquérir très tôt l’expérience et la maturité nécessaires à notre mission. Nous avons eu à gérer des élections locales où des centaines de candidats souvent sans étiquette réclamaient chacun une présence dans les rares médias, des élections nationales où des partis politiques, aux antipodes l’un de l’autre, restaient attentifs à la plus petite infraction aux règles consensuelles que nous avons élaborées, des médias obnubilés par la liberté retrouvée, oublieux des techniques et des règles d’une vraie communication. Nous avons su parrainer la naissance d’un secteur audiovisuel privé aux larges ambitions, lancer les appels à candidatures pour la création des premières chaines audiovisuelles privées, choisir parmi des propositions multiples, les premiers élus à créer des radios et chaines de télévisions privées et ceci dans la plus parfaite transparence, accompagner ce secteur naissant où les dépassements aux règles de déontologie sont constants, réguler et en même temps soutenir une presse écrite foisonnante, faire face à la montée des sites électroniques, phénomène nouveau dans notre environnement médiatique et surtout en toutes circonstances rester fidèles à l’esprit et à la lettre de notre mission. Chers collègues et amis, Le RIRM, notre organisation commune, représente à nos yeux le prolongement nécessaire de notre institution. Il en est le bras long qui au-delà des frontières nous apprend à être ensemble et à créer ensemble un espace de convivialité, un lieu de réflexion et de solidarité qui nous aidera tous à mener à bien l’œuvre qui est la notre. En effet, aujourd’hui où le monde est un, il serait illusoire de penser un seul instant qu’on pourrait affronter les contingences nouvelles, se développer, asseoir une place dans l’univers, si on ne tend pas la main à ses frères, si au-delà des frontières l’on ne crée point un espace où l’on pourra ensemble affronter les immenses défis technologiques qui remettent chaque jour en question nos expériences passées, notre savoir, nos certitudes bien ancrées, et aussi nos cultures et nos modes de vie et de pensée. Chers amis, Aujourd’hui il est un défi que nous devons regarder en face, celui de la globalisation. Les médias transnationaux puissants, les satellites qui nous abreuvent d’images et de représentations du monde (1000 chaines sont aujourd’hui disponibles à toute heure ici à Nouakchott sur le réseau satellitaire), Internet et ses dérivés, les multinationales du web qui désormais possèdent les clés de notre présent, toutes ces formes nouvelles de l’information, risquent bien si nous ne prenons garde, de nous ravir nos singularités, notre être culturel, nos vérités, nos politiques et peut être nos libertés et notre indépendance. Il ne s’agira jamais de se réfugier dans un nihilisme primaire ni de se cantonner dans un fatalisme impuissant mais plutôt de s’armer soi même des savoir-faire d’aujourd’hui, d’offrir à son propre public une information fiable et qui respecte la culture profonde, le pluralisme, la diversité et de savoir donc rentrer en concurrence avec les seules armes disponibles, celles de la crédibilité, du respect des différences et des cultures. Chers collègues et amis, La régulation dont nous avons fait notre crédo se résume à mon avis en ceci : croire en l’homme dans sa diversité, dans le pluralisme de ses convictions, respecter tout ce qui l’agrandit et refuser tout ce qui l’abaisse : la haine, l’intolérance, l’injustice, le manque d’équité. Il est évident qu’en deçà de ces exigences morales nous utilisons des règles, des techniques, qui visent à préserver les libertés, les différences, tout en s’assurant du respect de règles éthiques et déontologiques nécessaires pour la stabilité, la paix et aussi l’épanouissement des hommes. Mes chers amis, Je ne saurais terminer sans vous exprimer notre reconnaissance pour l’honneur que vous nous rendez en choisissant notre pays pour cette rencontre et en nous confiant les destinées de notre organisation commune. Nous saurons, je vous l’assure, être à la hauteur des responsabilités que vous nous avez confiées. Encore une fois, chers amis, nous sommes fort heureux de vous voir parmi nous. Je vous remercie.
Nouakchott, le 10 Novembre 2014
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