Son Excellence le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a présidé, dimanche soir, à Atar, un grand meeting populaire, au début de la visite de travail et d’information qu’il effectue actuellement dans la wilaya de l’Adrar.
Son Excellence le Président de la République a expliqué que sa visite dans la wilaya répond à deux objectifs essentiels. Le premier consiste à écouter les populations et à s’informer, par elles, de la situation de la wilaya, à prendre connaissance des principaux défis et problèmes auxquels elle est confrontée et à identifier les priorités qui appellent une prise en charge dans les meilleurs délais.
Le deuxième objectif consiste à informer les populations de la wilaya sur la situation générale du pays et à engager avec elles un échange autour d’un certain nombre de grandes questions nationales, afin de renforcer la communication et la concertation sur les différentes questions d’intérêt commun.
Son Excellence le Président de la République a exprimé ses remerciements aux populations de la wilaya de l’Adrar pour leur forte et remarquable présence, tant par le nombre que par la qualité, ainsi que pour l’accueil populaire qui lui a été réservé à son arrivée dans la ville d’Atar. Il a considéré que cette mobilisation traduit leur sens patriotique, leur intérêt constant pour les affaires publiques et leur volonté d’accompagner le processus de construction nationale et de consolidation du développement du pays.
Voici le texte du discours prononcé par Son Excellence le Président de la République devant les populations de la wilaya de l’Adrar :
« Populations de la wilaya de l’Adrar,
Assalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou.
Je vous remercie, chers concitoyens de la wilaya de l’Adrar, pour votre présence ce soir, pour l’accueil massif que vous m’avez réservé il y a quelques instants, ainsi que pour ce grand meeting populaire, riche et diversifié.
Je suis heureux et rassuré de me tenir aujourd’hui devant cette assistance remarquable, tant par son nombre que par sa qualité, qui témoigne de votre sens patriotique, de votre intérêt constant pour les affaires publiques et de votre accompagnement permanent du processus de construction et de développement du pays.
Populations de la wilaya de l’Adrar,
Ma visite parmi vous aujourd’hui poursuit deux objectifs essentiels.
Le premier est que je suis venu vous écouter et m’informer auprès de vous de la situation de votre wilaya, des problèmes auxquels elle est confrontée, des priorités auxquelles nous devons nous atteler dans les meilleurs délais.
L’importance que nous accordons à cet objectif découle de notre conviction profonde quant à la nécessité que chaque citoyen, où qu’il se trouve, bénéficie équitablement des ressources et des potentialités de son pays ; que chaque wilaya joue un rôle effectif dans la définition de ses priorités, la construction de son présent et la préparation de son avenir ; et que les besoins locaux deviennent une composante essentielle de l’élaboration de la décision en matière de développement.
Notre conviction est que, chaque fois que les indicateurs du développement s’améliorent à l’échelle nationale, cette amélioration doit se traduire dans les wilayas, les moughataas et les communes par un rapprochement des services du citoyen, une amélioration de l’éducation et du système de santé, le renforcement des réseaux d’eau, d’électricité et de routes, ainsi que par la création d’opportunités d’emploi permettant d’élargir, de manière générale, les perspectives du développement local.
Cela exige que la répartition des investissements soit plus équitable et qu’elle ouvre de nouvelles perspectives aux régions qui, pour des raisons historiques, géographiques ou économiques, ont jusqu’ici moins bénéficié du processus de développement.
Notre objectif, en définitive, est que le citoyen ait le sentiment que sa part des opportunités offertes par son pays, des services de l’État et des fruits de sa croissance lui revient sur la base de l’équité et de l’égalité.
Nous sommes pleinement conscients des défis de développement auxquels votre wilaya est confrontée, notamment la nécessité d’intensifier le désenclavement, de mobiliser les ressources en eaux de surface et souterraines, ainsi que de promouvoir et de développer les immenses potentialités agricoles et touristiques de cette wilaya.
Cette prise de conscience se traduit par le volume des investissements publics consacrés à la wilaya depuis 2019, qui a atteint 40 milliards d’anciennes ouguiyas. Elle se traduit également par la part dont bénéficie votre wilaya dans le cadre du Programme d’accès aux services essentiels du développement local, actuellement en cours d’exécution, et qui s’élève à 12 milliards d’anciennes ouguiyas.
Ce programme couvre, dans votre wilaya, 206 chantiers dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’eau, de l’électricité et du désenclavement.
À l’échelle nationale, l’exécution de ce programme avance dans de bonnes conditions, avec un taux de réalisation qui a atteint jusqu’à présent près de 68 %.
Nous avons donné des instructions au Gouvernement afin qu’il dépêche des missions ministérielles dans les différentes wilayas pour identifier les besoins et les insuffisances, en concertation avec les citoyens, en préparation du lancement de la deuxième phase de ce programme.
Parmi les principales réalisations dont votre wilaya devrait bénéficier dans le cadre de ce programme au cours de cette année figurent notamment : le raccordement de la ville d’Atar au réseau électrique national avant la fin de l’année, incha Allah ; le lancement des travaux de reconstruction de 75 kilomètres de la route Akjoujt-Atar, dans une première phase ; la poursuite des études visant à rechercher des solutions durables au problème de l’eau dans la wilaya ; le lancement des travaux de reconstruction des voiries urbaines de la ville d’Atar ; et la poursuite, par les secteurs de l’agriculture et du tourisme, de leurs efforts en vue de créer une dynamique économique dans le domaine de l’agriculture oasienne et de renforcer l’attractivité touristique de la wilaya.
En ce qui concerne les détails de la situation de développement de la wilaya, notamment ses potentialités, les réalisations accomplies, ses perspectives et les défis auxquels elle est confrontée, ils seront examinés lors des rencontres programmées au niveau de chaque moughataa.
Le deuxième objectif de cette visite concerne l’information des populations sur la situation générale du pays et l’échange avec vous autour de certaines des grandes questions nationales.
S’agissant de la situation générale du pays, elle est, comme je l’ai indiqué à plusieurs reprises, bonne, avec l’aide d’Allah, ainsi qu’aux efforts que nous déployons tous.
La sécurité est assurée avec l’aide d’Allah et les sacrifices consentis par nos forces armées et nos forces de sécurité. La situation politique est normale et les institutions de la République fonctionnent régulièrement. Le pays entretient d’excellentes relations avec ses frères, ses voisins et ses partenaires. Sa position est préservée et ses efforts sont appréciés aux niveaux régional et international. La situation économique est maîtrisée. Nous prévoyons cette année une croissance de l’ordre de 5 %, malgré les effets négatifs de la situation internationale sur les prix et les chaînes d’approvisionnement. Les marchés nationaux sont approvisionnés de manière abondante et normale.
Le Gouvernement déploie d’importants efforts afin de limiter la hausse des prix des produits de consommation, en partenariat avec les opérateurs économiques, de poursuivre le soutien direct aux ménages à faibles revenus et aux travailleurs retraités, de continuer à mettre en œuvre les programmes de développement et les grands projets auxquels nous nous sommes engagés.
Mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas de problèmes, de difficultés et de dysfonctionnements, ni qu’il n’aurait pas été possible de faire mieux.
À titre d’exemple, la crise énergétique qui sévit dans le monde en raison de la dégradation de la situation sécuritaire au Moyen-Orient a provoqué une hausse sans précédent des prix du pétrole, le prix de la tonne de gasoil étant passé de 726 dollars à 1 500 dollars.
Notre pays a été touché par cette crise, comme tous les autres États, et les citoyens en ont été particulièrement affectés en raison de la hausse des prix.
Malgré cela, le Gouvernement a consacré jusqu’à présent, au cours des deux premiers trimestres de l’année, 36 milliards d’anciennes ouguiyas au soutien du prix de ce produit. La facture du soutien au titre du troisième trimestre de l’année devrait dépasser 20 milliards.
Sans ce soutien, le prix du gasoil, par exemple, aurait atteint entre 800 et 900 anciennes ouguiyas.
Nous avons également consacré jusqu’à présent plus de 20 milliards d’anciennes ouguiyas au soutien direct des ménages, des travailleurs et des retraités à faibles revenus. La dernière opération en date est celle du programme « Aoun », dont ont bénéficié plus de 350 000 familles.
Tout cela témoigne de notre capacité, avec l’aide d’Allah, à résister aux crises et aux défis. Cette capacité se renforce chaque fois que notre cohésion sociale se consolide et que notre front intérieur gagne en cohésion.
Nous devons donc tous contribuer activement au renforcement de ce front intérieur, afin que chaque génération puisse transmettre à la suivante une patrie plus unie, porteuse de plus d’espoir, plus prospère, plus juste et plus équitable.
Je me souviens, à cet égard, d’un discours prononcé par le Président fondateur, Mokhtar Ould Daddah, devant les habitants de la ville d’Atar, trois ans avant l’indépendance. Il avait alors été élu dans votre wilaya en qualité de député territorial.
Il avait, à cette occasion, partagé avec les personnes présentes ses réflexions sur l’avenir d’un pays qui était encore en pleine construction, s’interrogeant devant elles et avec elles sur la Mauritanie qu’elles souhaitaient.
L’État a considérablement changé depuis cette époque. Il a connu certes de profondes secousses, mais il en est sorti plus fort grâce à l’effort cumulatif, apprécié et salué, accompli par plusieurs générations successives de ses dirigeants ; ses conditions ont changé, sa population a doublé et celle-ci est devenue majoritairement jeune, davantage formée, instruite, ouverte et aspirant à davantage de perspectives. Le pays a également connu une transformation urbaine considérable. Ses institutions se sont développées, les besoins de sa société se sont accrus et les aspirations de celle-ci ont atteint de nouveaux seuils.
Malgré toutes ces transformations, la question fondamentale posée à l’époque par le Président Mokhtar Ould Daddah demeure actuelle et pertinente, et nous continuons, génération après génération, à nous efforcer d’y répondre.
Notre responsabilité aujourd’hui consiste à actualiser la réponse à cette question à partir de notre situation présente, en nous interrogeant sincèrement : Le système institutionnel mis en place dans le passé et dans lequel nous continuons à œuvrer suffit-il à répondre aux besoins actuels de l’État et de la société ? Et que devons-nous y développer afin que l’État demeure capable de renforcer son unité nationale et sa cohésion sociale, de consolider l’État de citoyenneté, de droit et des institutions, et de réaliser les aspirations de ses enfants en matière de développement, de justice, d’équité, de dignité et de prospérité ?
Je nourris le grand espoir que le dialogue national inclusif, qui se tiendra prochainement, incha Allah, permette de parvenir à un large consensus autour des grandes questions nationales et contribue à renforcer le pacte national, de manière à le rendre davantage capable d’intégrer la réalité d’un pays en évolution rapide et plus représentatif des aspirations de ses nouvelles générations.
Je ne veux pas dire par là qu’il faille redéfinir la patrie, porter atteinte à ses fondements et à ses principes républicains ou à son identité culturelle et civilisationnelle. Ce que j’entends, c’est que nous devons sortir de ce dialogue avec une cohésion sociale renforcée, un lien de citoyenneté consolidé, davantage de justice et d’équité, ainsi que des institutions plus fortes, plus harmonieuses, plus efficaces et davantage capables de s’adapter aux évolutions de la réalité.
Ce dialogue doit être un dialogue inclusif et sérieux, qui ne reconnaisse ni interdits ni orientations imposées par quelque partie que ce soit. Ses conclusions doivent être exclusivement issues de ses propres délibérations. C’est à cette seule condition qu’il pourra constituer une expression sincère de ce que nous voulons tous pour notre pays.
Les peuples qui ne s’interrogent pas sur leurs trajectoires, ne réexaminent pas leurs stratégies et ne se projettent pas dans l’avenir sont, le plus souvent, les moins capables de résister, de s’adapter et de perdurer.
C’est pourquoi j’appelle tous les participants au dialogue à venir à faire prévaloir l’intérêt général et à faire constamment preuve de souplesse et de responsabilité, en souhaitant que tous les Mauritaniens contribuent de manière constructive à la réussite de ce dialogue.
Je vous remercie.
Assalamou alaykoum wa rahmatoullahi wa barakatouhou. »
Le meeting s’est déroulé en présence du wali de l’Adrar, M. Abdallahi Ould Mohamed Mahmoud, de la délégation officielle accompagnant Son Excellence le Président de la République, du président du Conseil régional de l’Adrar, du hakem de la moughataa d’Atar, du maire de sa commune ainsi que des élus locaux. ami