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Aqmi exhibe ses Mauritaniens et s’ouvre au Pulaar, Tamachek et Haoussa   
29/08/2010

Les films mis en ligne le 21 août  par «Al-Andalus»,  la maison de production d’Al Qaida au maghreb islamique (Aqmi) présentent  des  particularités au delà des messages qu’ils tentent de  véhiculer. Préparés dans le cadre d’un séminaire jihadiste (nedwa) organisé dans les montagnes du Sahara-Sahel sous...



...le thème :«Le combat vous est prescrit» (en arabe: Koutibeu alykoumou el ghitalou, (premier Verset de  la Sourate 216 d’al-Baqara),  les films  n’auront pas renseigné sur leur  date, sans relation avec celle de leur publication. 

Le «tournage»  remonterait probablement au début de  l’année 2010. 

Filmée avec  une HandCam amateur, ou  une camera de GSM, la production   de qualité médiocre, aura dérogé à une règle.

Elle ne comporte  aucune action de guerre  comme cela est  le cas,  dans les films d’Aqmi à l’instar de «Jahimou el mourtedine», «Ghadimoune», «Gouzwette Mansoura»  et de  bien d’autres.
Autre particularité, aucun algérien  n’aura été mis aux devants,  ni par le son et encore moins   par l’image,  peut être  pour accréditer la thèse que les mauritaniens d’Aqmi s’affranchissent  de la tutelle  des «grands frères» algériens, pourtant "Emirs" des différentes "Katibas" d’où  proviennent les «séminaristes»  
Enfin, et c’est  la  principale particularité,  des langues parlées dans  la sous région (Pulaar, Tamachek,  Haoussa, Portugais et Français)  apparaissent pour la première fois, dans des productions de l’organisation jihadiste.

Aqmi qui se targue de militer pour un «Maghreb islamique» par opposition au Maghreb Arabe des  gouvernements, et qui  fait toujours  référence dans ses communiqués à Youssouf Ibn Tachifine le  prestigieux conquérant  Berbère  tente ainsi,  de jeter  des passerelles avec d’autres peuples  à travers  les messages émis dans  leurs langues.
Pendant  plus de deux heures d’horloge  des dizaines (et non des centaines) de combattants d’Aqmi assis à même le sol, sur des couvertures, écoutent –parfois avec enthousiasme exprimé par des rafales de Kalachnikovs- des conférences, des poèmes et des sermons sur le Jihad , animés par des «panélistes».

Le décor : un terrain montagneux et une estrade de fortune,  sécurisée   par 5 véhicules pick-up,  une arme russe «Douchka», deux mortiers,  ainsi que  des combattants  -dont l’un en boubou-, tous, plutôt nerveux et armés de RPG et de PIKA. 
Parmi les panélistes,  quatre mauritaniens  apparaissent  à  visage découvert.

Il s’agit de  Abdallah Ech-Chinghuitty qui joue (bien) le rôle de doctrinaire salafiste,  ainsi qu’un mauritanien non présenté,   puis  Hassan Sall dit «El Pulaary» (qui s’est exprimé en Pulaar)  et enfin, Hamada Ech-Chinghitty qui se dénommait «AlGha egha» en 2004   avant son évasion rocambolesque  en avril 2006.
Ce quartor,  en plus, du maître de cérémonie, le mauritanien «Idriss Mbengue», auront  été  les vedettes de l’événement.
D’autres combattants dont «Oumar Targui»,  un Touareg, ainsi qu’un Buissau-Guinéen surnommé «Abou Oumara El Ghini» et un Nigérien dénommé «Abou Mouhjine» se sont exprimés avec le Tamachek pour le premier, le Portugais pour le second et le Haoussa pour le troisième.
La langue de Molière a aussi été de la partie. Mais il aura fallu pour cela,  recourir aux services d’un Touareg.
Les principaux thèmes abordés auront été «la défense de l’Islam face aux apostats,  aux défaitistes  et aux croisés, l’incitation au Jihad  pour «libérer les prisonniers (mauritaniens) et  les opprimés »  ou pour «devenir martyr» et   «alléger sa conscience devant Allah ». 
Des poèmes souvent exaltants, parfois moqueurs vis-à-vis des mentalités dominantes en Mauritanie ainsi qu’a l’égard de l’association «El Bir» animée à Nouakchott par des salafistes arrêtés  en 2005  et  «repentis» par la suite,  auront été le clou de la cérémonie 
 Des éloges funèbres ont été prononcées par des intervenants pour des jihadistes tués comme le kamikaze de l’Ambassade de France «Abou Oubeida  Al Basri » (mort en août 2009) ainsi qu’Ahmedou Bemba (tué en juin 2005 à Lemgheity),  puis Ahmed Ould Magham dit «Abou Khaitheme» (mort en janvier 2007 en Tunisie)  et deux autres mauritaniens : «Abou El Bettoul» et «Abou Asma»  abattus, tous les deux, en 2008 : en Algérie.

Curieusement,  il n’y a pas eu d’éloges funèbres pour  deux jihadistes mauritaniens «Abou Mouadh» et «Oussama» tués en avril 2008 à Nouakchott ; ainsi que   pour les 7 combattants d’Aqmi abattus lors  d’un  raid mené  le 22 juillet 2010 au Mali et encore moins pour le kamikaze qui s’est tué dans une voiture piégée la soirée du 25 août devant une caserne militaire à Nema et qui n’est autre que le maitre de cérémonie dont on a parlé plus haut: Idriss Mbengue, alias Abou Ishagh .
Destinés à raffermir la formation idéologique des combattants  et à tisser des liens forts entre eux,  les séminaires jihadistes  sont en principe tenus au secret. Cette médiatisation  a donc   suscité bien des interrogations. Quels objectifs Aqmi poursuit-elle donc  avec cela ?
Certains analystes estiment qu’Aqmi, qui s’est vu infligée une sanglante raclée le 22 juillet dernier et qui n’a pu, par la suite, obtenir la libération de ses détenus en Mauritanie en contrepartie de celle des ex-otages espagnols,  a médiatisé les  films où apparaissent  à la fois l’importance de ses  éléments mauritaniens ainsi que deux de nos ressortissants. (Hamada et Beiba) que l’organisation  était parvenue à libérer des geôles maliennes.  .
L’organisation  tenterait , de  faire comprendre avec  sa nouvelle publication qu’elle parvient à poursuivre le   recrutement parmi les jeunes Mauritaniens  malgré que plus de 50 de ses combattants soient en prison à Nouakchott
Mais au delà des messages envoyés et des manières  avec lesquelles ils seront reçus,  Aqmi sait qu’elle fait face à une nouvelle donne  en Mauritanie. L’organisation jihadiste  n’a mené directement depuis août 2009 aucune action d’éclat en Mauritanie, abstraction faite des enlèvements,  opérés par des mercenaires  dont l’un, a d’ailleurs été enlevé à son tour au Mali par les forces mauritaniennes  avant d’être libéré  récemment sur pression de l’Espagne afin de permettre  la libération  de ses ex-victimes espagnoles
A cela  il faut ajouter, le «tournant» annoncé par le raid  du 22 juillet par lequel la Mauritanie a choisi selon une haute autorité «d’attaquer pour se défendre et de faire changer  la peur de camp».

Et c’est donc  pour réagir à ce tournant qu’Aqmi a agi sur deux fronts.

D’abord au niveau de la communication en mettant à l’avant  la determination de ses mauritaniens, ensuite sur le champ du sensationnel en envoyant un kamikaze se faire tuer  à Nema.

La guerre déclarée  en juin 2005 à la Mauritanie par l’ex-Gspc devenu Aqmi se poursuit donc et va  s’intensifier.
IOM

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Commentaires
Djawel

2010-08-31 10:49:50

Cher amadou ce qu’il y a en bas c’est pas des videos mais des photos. t’es vraiment un idiot

A-

2010-08-31 04:20:48

Bonne analyse et bravo. La frappe du 27 juillet a eu son effet dévastateur sur le groupe. En effet, cette vidéo semble avoir été réalisée bien avant le raid. Autre fait passé inaperçu:critiques des salafistes en dehors de la prison pour probablement les protéger. Cette vidéo a pour objectif pour faire croire que les émirs d’Aqmi ne sont pas ou plus algériens, ce qui est faux.

A-

2010-08-31 04:02:57

Question; pourquoi les mauritaniens ne sont pas autorisés à voir la vidéo? Constat: Ils sont en plein air au Mali et donc reperables par les satellites et autres moyens de surveillance. Qui a inter6et à laisser les choses pourrir comme ça? Il essaient de faire et c’est une tentative claire pour nous dire qu’AQMI n’est pas seulement geré par des émirs algériens. La situation est probablement g

amadou
amadouf@yahoo.fr
2010-08-30 10:09:41

vos videos sont illisibles, comment faire pour les suivre? merci.

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