TAHALIL en Arabe
ÊÍÇáíá
ÇáãæÞÚ ÈÇáÚÑÈíÉ


Facebook
Secrétaires, on vous tient !   
03/12/2008

Lorsque vous devez aller à l’assaut de l’Administration de ce pays pour le moindre petit bobo, vous en prenez déjà un sacré coup au moral avant de bouger. Tout monde ne le sait que trop. Pour obtenir le moindre papier d’un quelconque service, il faut «motiver», entendez par là, débourser 500UM pour le prix du timbre fiscal qui vaut 200UM quand vous avez eu la malchance de perdre cette pièce d’identité tellement minuscule qu’on ne sait pas trop où la ranger et qu’il faille la dupliquer.



Là, ça passe tant que c’est le blé qui parle, c’est lorsque vous devez rencontrer un haut fonctionnaire pour la raison que vous voulez que les choses se gâtent. Ici, vous devez passer au crible des secrétaires. Celles là ! Elles ont toute une batterie de subterfuges pour entamer le moral des demandeurs d’audience les plus teigneux. Cela commence par un casting en règle. Dès que vous avez pointé votre tronche dans le secrétariat, elles vous fusillent du regard et vous jaugent. En un coup d’un coup d’œil, c’est plié. Ou vous avez tapé dans son œil, dans ce cas, votre requête est sollicitée, étudiée et traitée dans la minute ou bien, votre entrée en scène a été un cuisant fiasco et dans ce cas, l’attitude la plus probable est que la maîtresse des lieux vous joue le coup de la myope et vous êtes tout simplement transparent ! Alors, pour ceux qui ont lu les préceptes du parfait yogi, il faut faire montre d’esprit. Ils ont vite fait d’établir une connexion spirituelle en dissertant sur tout et de préférence sur les thèmes fouettant l’ego de ces dames qui ne tarderont pas craquer. Ça y est, c’est dans la poche ! D’autres, plus sanguins libéreront toutes leurs frustrations sur place et intenteront un procès bruyant et sans concession à l’Administration. Comme ce fut le cas la semaine dernière dans le cabinet du Directeur du Matériel où un citoyen certainement frustré de se voir ballotté d’un service à un autre s’est véritablement lâché en déversant un chapelet de noms d’oiseaux à l’endroit de tous ceux qui bossent dans la chaîne du circuit administratif et qui bloquent l’entrée des bureaux des hauts cadres et jettent dans les tiroirs les dossiers des petites gens. Pour contourner cette muraille, les citoyens ont depuis trouvé une parade parfaitement au point. Il s’agit tout simplement de se mettre sur son 31 !  Oui, la sape, rien que ça pour faire impression. Tout le monde s’est passé le mot : si vous voulez rencontrer un Secrétaire Général ou son boss, habillez-vous du boubou bazin le plus flamboyant que vous aurez emprunté au blanchisseur moyennant ristourne, aspergez-vous de quelques gouttes d’un de ces parfums capiteux dont les Français ont le monopole, mettez-vous aux pieds, des chaussures italiennes de pur cuir, celles qui refilent la migraine si  l’on a  le culot de demander le prix au Marché de la Capitale, enfin, ça c’est pour ceux qui vivent de budgets fermés, et pour finir, munissez-vous du téléphone portable dernier de la série du haut de gamme et priez pour qu’il sonne à côté du planton. Et le tour est joué ! Le phénomène s’est tellement  répandu que la Direction du Budget vers où convergent chaque matin une horde de personnes aux attentes les plus surprenantes ressemble de plus en plus à une piste où se tient un défilé de mode. Dans les couloirs des ministères, il vous arrive souvent de pouffer de rire en croisant une vielle connaissance d’infortune vêtue d’un costard, fuuuuuuut ! Et les pompes, je ne vous dis pas ! Mais, que voulez-vous ? C’est la carte qu’il  faille abattre. C’est à qui aura gagné la palme de la séduction. Si cela n’est pas atterrant….  
Biri N’Diaye


Toute reprise totale où partielle de cet article doit inclure la source : www.journaltahalil.com
Réagir à cet article
Pseudo
E-mail
Commentaire
Entrer le code
La rédaction de Tahalil vous demande d'éviter tout abus de langage en vue de maintenir le sérieux et de garantir la crédibilité de vos interventions dans cette rubrique. Les commentaires des visiteurs ne reflètent pas nécessairement le point de vue de Tahalil et de ses journalistes.
Les commentaires insultants ou diffamatoires seront censurés.

TAHALIL 2006-2017 Tous droits reservés