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Protection juridiques des filles contre les MGF : L’AMDH organise une formation des journalistes   
12/10/2017

Pour contribuer à la lutte contre les pratiques traditionnelles nuisibles à la fille, l’Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH) a organisé du 06 au 07 Octobre 2017, une session de formation au profit des journalistes. Cette activité rentre dans ...



... le cadre du projet : « Amélioration de la protection juridique de la fille contre les pratiques traditionnelles nuisibles en l’occurrence les MGF à travers la loi et les mécanismes juridiques». Près d’une quinzaine de journalistes ont pris part à cette formation.

A l’ouverture de l’atelier, Mr Amadou Mbow, Secrétaire Général de l’AMDH, a indiqué que cette formation constitue la première destinée aux journalistes. Il a souligné que l’AMDH en collaboration avec Equality Now a eu une belle approche pour l’utilisation de la loi pour lutter contre les MGF. Mais en dépit de tous les efforts déployés dans ce domaine, «le phénomène persiste et perdure surtout dans les régions de l’intérieur. C’est dans ce sens que nous pensons que notre approche pourrait faire avancer la stratégie d’abandon en mettant l’accent sur les aspects dissuasifs qui pourront contribuer à l’abandon de cette pratique». Il a en outre souligné que l’AMDH a engagé deux études sociologique et juridique pour comprendre mieux le phénomène. Ces études ont été validées à l’occasion d’un atelier organisé du 15 au 16 septembre à cet effet. «Aujourd’hui, il s’agit d’impliquer les journalistes pour les amener à contribuer par leur plume, leur productions, à sensibiliser les acteurs communautaires qui pratiquent encore ce phénomène» a-t-il soutenu. Selon Mr Mbow, «un regard croisé doit s’établir pour voir ensemble comment mutualiser nos efforts et contribuer à l’abandon de cette pratique traditionnelle nuisible. Je vous exhorte à suivre cette formation afin de mieux contribuer aux retombées positives en vue de l’abandon définitif de cette pratique ».
Cette formation s’est axée sur «la connaissance des MGF, les droits culturels et la question des droits humains (module1), les raisons avancées pour justifier et légitimer la pratique des MGF (module2), la contre argumentation culturelle comme stratégie culturelle de lutte contre la pratique des MGF (module3) et les différentes formes de stratégies de lutte contre la pratique des MGF (module4). Tous ces modules ont été passés au peigne fin par le formateur, le Pr Sow Abdoulaye,  enseignant chercheur en science sociale et coordinateur du centre interdisciplinaire sur les droits culturels à l’université de Nouakchott.
Au cours des débats, certains journalistes pensent qu’il y a véritablement un problème de communication et par conséquent, engager un plaidoyer communautaire serait l’idéal afin de mobiliser les populations pour un changement de comportement culturel.  Le problème qui se pose, c’est une question de formation pour mieux s’outiller, s’impliquer et s’approprier de la question et en faire bon usage afin d’aboutir à un abandon définitif de la pratique des MGF.  Toutefois, les intervenants ont soulevé le problème des pesanteurs sociales qui freinent tout élan d’éradiquer le phénomène. 
Le Pr Sow est revenu pour clarifier certaines questions en disant que malgré d’énormes investissements, la pratique persiste et il faut alors prendre d’autres stratégies.  Pour ce faire, selon Pr Sow, il faut que les journalistes apportent leurs contributions à travers leurs productions pour mieux sensibiliser les praticiennes de l’excision.  Le phénomène, selon certains, doit concerner aussi bien les parlementaires, les intellectuels, et les acteurs communautaires (praticiennes et leaders religieux ou coutumiers). Un débat riche et fécond qui interpelle tout le monde en ce sens que les journalistes pensent qu’il y a un grand problème et un gros défi à relever. Les seules productions des journalistes ne suffiront certes pas. Il faut l’implication de toute la société dans sa globalité. Pourtant, selon certains chercheurs, les MGF sont plus pratiquées en milieu urbain qu’en milieu rural. Concrètement, les exciseuses sont plus payées en ville qu’en campagne. Pendant que d’autres soutiennent le contraire avec des variations selon les milieux et les communautés. Mais en réalité, la question des MGF est d’ordre sociétal. Des travaux de groupes ont été organisés pour jauger la compréhension des journalistes par rapport à certaines terminologies. Il faut souligner la qualité de la participation des journalistes qui ont enrichi le débat par leurs contributions.
Le Pr Sow Abdoulaye a soutenu aux termes de la formation que «les journalistes doivent utiliser les arguments solides en langues locales pour atteindre leurs objectifs » : la déconstruction des arguments culturels. Mais il faut également avoir des stratégies psychologiques, comprendre et respecter les codes culturels ou les attitudes culturelles, selon le Pr Sow. 
A la clôture de l’atelier de formation, Mr Mbow, a remercié les différents participants notamment les journalistes. «L’objectif c’était de renforcer la capacité des journalistes, les outiller afin qu’ils s’impliquent effectivement pour contribuer de manière efficace sur le terrain » a-t-il dit non sans souligner que l’AMDH souhaite poursuivre le combat à travers l’utilisation efficace des outils déjà en main. Il a invité les journalistes à accompagner l’AMDH dans ce combat. « Nous sommes tous des acteurs de changement et par conséquent, la presse, le monde de la recherche et la société civile doivent créer une synergie d’actions afin d’aboutir aux objectifs escomptés sur la question : l’abandon définitif des MGF».
I.Badiane


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